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Poésie

Posts Tagged ‘broyer’

Chaleur (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2019



Chaleur

Dans une éclaircie du ciel
La lumière déploie un éventail
Le soleil donne libre cours à sa colère
Il fait vraiment très chaud
Et nous avons l’impression
Que l’univers entier
Pivote sur lui-même

Ton rire de cristal
Est sur le point de se briser
Tant il éclate
Devant ma mine

Tes seins se soulèvent
Et pointent vers un ailleurs
Dans une clarté trop vive
Qui dilue les formes
Et broie les contours
Nous nous baignons
Dans l’écume du torrent
Pour nous rafraîchir

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: Jan Van Beers

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LE POEME (Jean Sénac)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2019



 

LE POEME

Je parle pour boucher les trous de ton étoffe
amour
je continue mon sommeil animant
Si tu ne viens pas
que sera ma strophe
un rail de plainte interminable
hache de sanglots contre mes lecteurs
Le centre du temps est un arbre atroce un arbre de sable
où germent les clous le cœur est torture véloce un mot nous broie les genoux
Si tu ne viens pas je parle et j’existe
quel feu donnera
ce bois d’orgue triste
j’écris pour appeler un temps plus beau que nous
Et pour les transparents qui souffleront l’argile.

(Jean Sénac)

Illustration: Rafal Olbinski

 

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AVEN (Jean-Dominique Rey)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



AVEN

Genêt rude
inscrit
sur l’espace improbable
du temps

la terre cède
au sel
ses deniers opaques

roc rouillé
qui se cache
sous les lichens

forêt rongée
dont l’humide silence
broie les pierres

aux fortes houles
les rois enfouis
sortent des runes

(Jean-Dominique Rey)

Illustration

 

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LES MAINS BLANCHES, BLANCHES… (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Illustration: Alfred Roll
    
LES MAINS BLANCHES, BLANCHES…

Elle avait les mains blanches, blanches,
Comme deux frêles branches
D’un aubier de mai ;
Elle avait les mains blanches, blanches
Et c’est pour ça que je l’aimais.

Elle travaillait aux vignes ;
Mais les caresses malignes
Du grand soleil
Et l’affront des hâles
Avaient respecté sa chair pâle
Où trônait mon baiser vermeil.

Et ses mains restaient blanches, blanches,
Comme deux frêles branches
D’un aubier de mai.
Et ses mains restaient blanches, blanches
Et toujours ! toujours ! je l’aimais

Mais un monsieur de la ville
Avec ses billets de mille
Bien épinglés
Vint trouver son père
Aux fins des vendanges dernières
Et s’arrangea pour me voler…

Me voler la main blanche, blanche,
Comme une frêle branche
D’un aubier de mai,
Me voler la main blanche, blanche
La main de celle que j’aimais !

Au seul penser de la scène
Où l’Autre, en sa patte pleine
D’or et d’argent,
Broierait les mains chères
Au nez du maire et du vicaire,
J’ai laissé ma raison aux champs,

Lui ! toucher aux mains blanches, blanches,
Comme deux frêles branches
D’un aubier de mai,
Lui ! toucher aux mains blanches, blanches,
Aux mains de celle que j’aimais

La veille du mariage,
Chez le charron du village
Je fus quérir
Un fer de cognée,
Et m’en servis à la nuitée,
Quand ma belle fut à dormir.

J’ai coupé ses mains blanches, blanches,
Comme deux frêles branches
D’un aubier de mai,
J’ai coupé ses mains blanches, blanches…
C’était pour ça que je l’aimais !

(Gaston Couté)

 

 

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Ce qui jamais ne sera tableau (André du Bouchet)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2018


Magritte_clairvoyance

« à broyer ses couleurs,
il est déjà en train de peindre son tableau ».
avant d’avoir peint, déjà il est dans la peinture
de ce qui jamais ne sera tableau.

(André du Bouchet)

Illustration: René Magritte

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La muse… (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018



Illustration: Theodore Chassériau
    
La muse…
elle dicte et souffle un pouvoir très limité,
puis elle s’éloigne et se fatigue vite
en faisant oublier que l’on peut être dévoré à tous moments
par une colonie de fourmis rouges,
broyé par une géante langouste d’arsenic,
ou bien encore pris dans la rose de laque tiède d’un boudoir
contre lesquelles ne peuvent rien les muses
embusquées dans les pupilles des yeux.

Lorsque la muse sent que la mort traîne dans les environs
elle ferme aussitôt sa porte, se dresse sur un socle, prend une urne,
et se met à écrire une épitaphe de sa main de cire,
puis arrose de sueur le laurier de son front et alors dans la brise,
seul le silence se fait entendre.

(Max Jacob)

 

Recueil: Conseils à un jeune poète
Traduction:
Editions: Gallimard

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LES MACHINES (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2018



 

LES MACHINES

Les machines avaient commencé
Par rire comme des enfants
Qui semblaient vouloir amuser
Les gens de tous les continents.

Puis elles avaient tant grandi
Qu’elles étaient devenues comme
Des adolescents, puis des hommes
Précieusement munis d’outils.

Enfin, se fiant au silence
Et à la morne indifférence
De ceux qui en usaient,

Elles se mirent lentement
A devenir ces lourds géants
Qui nous broient dans leurs rets.

(Maurice Carême)

Illustration

 

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Petites Vies (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018



Petites Vies

Broyez-la… ce n’est qu’une guêpe.
Cueillez-le… ce n’est qu’un muguet.
Encagez-le… ce n’est qu’un merle.
Tuez-le… ce n’est qu’un orvet.

Savez-vous la raison profonde
De ces petites vies
Et de quels poids est pour le monde
L’injuste mort d’une fourmi?

(Maurice Carême)


Illustration

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Il faudrait (Chantal Dupuy-Dunier)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    

Il faudrait broyer l’aile droite d’un papillon
et ingurgiter ce remède,
mais pourquoi ma vie vaudrait-elle davantage
que celle d’un papillon ?

(Chantal Dupuy-Dunier)

 

Recueil: Mille grues de papier
Traduction:
Editions: Flammarion

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Retouche à la tendresse (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2018



l’orage à peau ridée
broie jusqu’au jus le paysage

une violette surnage
étonnée

(Daniel Boulanger)


Illustration

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