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Poésie

Posts Tagged ‘bruine’

Comme on entend la pluie (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2017



Comme on entend la pluie

Écoute-moi comme on entend la pluie
ni attentive ni distraite,
les pas légers de la bruine,
l’eau dissoute en air, l’air tissé de temps,
le jour n’en finit pas de s’en aller,
la nuit n’est pas vraiment venue,
figurations du brouillard
à l’angle de la rue,
figurations du temps
au tournant de cette pause,
écoute-moi comme on entend la pluie,
sans écouter, écoute-moi parler
les yeux ouverts sur l’intérieur,
assoupie, chaque sens en éveil,
il pleut, des pas légers, rumeurs de syllabes,
l’air et l’eau, paroles qui ne pèsent :
ce que nous étions, ce que nous sommes
les jours et les années, cet instant même,
temps qui ne pèse, lourde peine,
écoute-moi comme on entend la pluie,
[…]

(Octavio Paz)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

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Une chatte pleine (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2016



 

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Une chatte pleine
Lèche son ventre duveteux
Sous la bruine chaude.

***

A pregnant cat
fuzzy belly
In a warm drizzle.

(Richard Wright)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Sans pétales jaunes (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2016



 

Sans pétales jaunes,
Le tournesol sous la bruine
A l’air dérouté.

***

Yellow petals gone,
The sunflower looks blankly
In a drizzling rain.

(Richard Wright)

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Reflets d’Ardoise (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2016



Reflets d’Ardoise

Vois, tandis que gauchit la bruine sournoise,
Les nuages pareils à des chauves-souris,
Et là-bas, gris et bleu sous les cieux bleus et gris,
Ruisseler le reflet pluvieux de l’ardoise.

O mon divin Tourment, dans tes yeux bleus et gris
S’aiguise et se ternit le reflet de l’ardoise.
Tes longs doigts, où sommeille une étrange turquoise,
Ont pour les lys fanés un geste de mépris.

La clarté du couchant prestigieux pavoise
La mer et les vaisseaux d’ailes de colibris…
Vois là-bas, gris et bleu sous les cieux bleus et gris,
Ruisseler le reflet pluvieux de l’ardoise.

Le flux et le reflux du soir déferlent, gris
Comme la mer, noyant les pierres et l’ardoise.
Sur mon chemin le Doute aux yeux pâles se croise
Avec le Souvenir, près des ifs assombris.

Jamais, nous défendant de la foule narquoise,
Un toit n’abritera nos soupirs incompris…
Vois là-bas, gris et bleu sous les cieux bleus et gris,
Ruisseler le reflet pluvieux de l’ardoise.

(Renée Vivien)

 

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JEUNE FILLE (Gaston Miron)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2016



 

JEUNE FILLE

jeune fille plus belle que toutes nos légendes
de retour à la maison que protègent les mères
secrète et enjouée parmi les êtres de l’été
elle aimait bien celui qui cache son visage

sur mon corps il ne reste que bruine d’amour
au loin les songes se rassemblent à sa taille
pour les bouquets d’eau de ses yeux trop beaux
les yeux qu’elle a lui font trop mal à l’âme

jeune fille plus perdue que toute la neige
les ans s’encordent sur mes longueurs de solitude
et toujours à l’orée de ta distance lointaine
tes mille essaims de sourires encore m’escortent

j’en parle à cause d’un village de montagne
d’où s’envolent des rubans de route fragiles
toi et moi nous y fûmes plusieurs fois la vie
avec les bonheurs qui d’habitude arrivent

je parle de ces choses qui nous furent volées
mais les voudra la mort plus que l’ombre légère
nous serons tous deux allongés comme un couple
enfin heureux dans la mémoire de mes poèmes

(Gaston Miron)

Illustration: Charles Courtney Curran

 

 

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Le son exténué se traîne dans la pluie (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2016



Le son exténué se traîne dans la pluie
Et le son dans la pluie erre comme un radeau.
Ah ! cette pluie en nous ! c’est comme une araignée
Qui tisse dans notre âme avec ses longs fils d’eau
Inexorablement une toile mouillée !
Sans cesse cette pluie à l’âme, ce brouillard
Qui se condense et fond en bruines accrues;
Comme on a mal à l’âme, et comme il se fait tard !
Et l’âme écoute au loin pleuviner dans ses rues…

(Georges Rodenbach)

 

 

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Jeune fille (Gaston Miron)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2016



Jeune fille

Jeune fille plus belle que toutes nos légendes
de retour à la maison que protègent les mères
secrète et enjouée parmi les êtres de l’été
elle aimait bien celui qui cache son visage

sur mon corps il ne reste que bruine d’amour
au loin les songes se rassemblent à sa taille
pour les bouquets d’eau de ses yeux trop beaux
les yeux qu’elle a lui font trop mal à l’âme

jeune fille plus perdue que toute la neige
les ans s’encordent sur mes longueurs de solitude
et toujours à l’orée de ta distance lointaine
tes mille essaims de sourires encore m’escortent

j’en parle à cause d’un village de montagnes
d’où s’envolent des rubans de route fragiles
toi et moi nous y fûmes plusieurs fois la vie
avec les bonheurs qui d’habitude arrivent

je parle de ces choses qui nous furent volées
mais les voudra la mort plus que l’ombre légère
nous serons tous deux allongés comme un couple
enfin heureux dans la mémoire de mes poèmes

(Gaston Miron)


Illustration: Camille Pissarro

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CE QUE PEUT ETRE L’AMOUR (Emilio Ballagas)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2016



Oleg  Zhivetin(42) [800x600]

CE QUE PEUT ETRE L’AMOUR

I
Car l’amour n’est pas cette chose triste
mais lumière, lumière jusqu’à nous aveugler
d’une autre lumière où danse le sang
soulevé dans les voiles les plus rapides
ou sur des ailes légères
au-dessus de la terre tout entière amoureuse.

C’est ce qu’il devrait être et non le reste.
Car l’amour n’est pas cette chose triste,
ce pâle hurlement
de faméliques loups égarés,
ou de chiens
apprenant à devenir des loups.
Cette carpe défunte, visqueuse, irrespirable,
morte pesamment parmi les mouches,
souillée par la terre du rivage.
Ce n’est pas cette douleur sale des jours
où glisse lentement la fine bruine
pareille à un pleur de pupilles aveugles,
aveugles pupilles, purulentes plaies,
moignon sanguinolent de regards
où la lumière stagne, où vainement
appellent à grands coups le soleil, les roses, les parfums…
(Yeux inhabités par la gloire, yeux sans lumière,
comme les âmes humides
qui jouent à l’amour et le profanent).
Non, ce n’est pas cette bruine
qui met dans l’air des toiles d’araignées et une aigre poussière,
une boue à peine boueuse sur les souliers ;
une eau souillée qui n’est pas même fange.
(Une guêpe en travers de la gorge !)

Car l’amour, ô mon Dieu, n’est pas la bruine
mais une blanche pluie dévastatrice.
Eclairs et rafales.
Vivant royaume de l’eau !
Car l’amour est autre chose : un Fleuve.
Une dormeuse plage soupirante
où s’ébauchent des corps qui respirent
sous leur drap de sable blanc.
Marées qui soutiennent la joie
flottant aux cimes de l’azur, au coeur de la lumière,
resplendissante mer, ciel marin
où de cythéréennes îles
de nuages extasiés
rêvent d’être éternelles cependant qu’elles meurent
évanouies, lentement, dans la brise.

Car l’amour est comme un grand cheval
d’épées à la crinière de diamant.
Une haute flamme, une colonne
de feu ; un arc en ciel
triomphal pour que garçons et filles
défilent en se tenant enlacés par la taille.
L’amour est un arbre en quiétude sacrée
sous la lourdeur de ses fruits chastes
avec le poids secret de leur saveur parmi les feuilles.
Leur trône auguste de douceur.

II
Car l’amour est ceci, ceci, ceci :
la lumière glorieuse sur les saintes bêtes de la terre.
Un oiseau qui picore un fruit mûr
et le blesse de jouissance et le pénètre
du doux chant silencieux
de son léger bec sucré.

Car l’amour est hyménée. Est chant.
Voix perpendiculaire de ciel à ciel ;
l’horizontale du lit, les chambres nuptiales
tièdement éclairées par les baisers ;
harpes de feu, cithares d’eau.
Et au milieu de son peuple
le Seigneur qui change l’eau en vin.
Il est ceci et non cela. Une rose
qui dort entre les dents…

Car l’amour, bien peu le savent ;
tous croient ale savoir. Et nul ne sait.
Il est ceci et non un sifflement de serpent pourri
avec un chien d’opium dans le regard.

Il n’est point l’haleine répugnante à travers le judas,
sinistre célestinage d’entresol
où officie une larve détruite.
Pleur d’une lampe triste qui dans sa propre lascivité se consume,
pleur d’un robinet brisé,
et belettes qui se cachent du soleil.
Non, il n’est pas ceci, pas ces couloirs
obscurs fréquentés par les rats.

Car l’amour n’est pas cette chose immonde,
chair opaque et dents effilées,
mensonge magique et fleur de chiffon
se pavanant sur une tige en fil de fer.
Ce n’est pas cette fausse pierre, cette vitreuse
sollicitude de bave ou de cendre.

Car l’amour n’est pas un souffle impur
derrière un rideau empoisonné.
Argent sinistre et venimeuse lèvre,
sorcière et renard à la fois.

Un arbre de misère et de cachette
gonfle ces fruits et les nourrit
de sa saveur de lèpre et de vieux coussin.

Oiseaux du ciel et hommes de la terre,
passez loin de la haine de ses branches !
Ne buvez pas à la fontaine de vitriol
qui coule dessous son tronc amer.

III
L’amour peut être douleur d’un homme
qui, tel le publicain, baisse le front
et déchire son coeur sans qu’on le regarde
et demande à Dieu pardon s’il le trahit.
Car l’amour aussi est chose très humble,
un digne pleur, un pleur silencieux
et une épée de lumière qui nous transperce.
Parler aux étoiles et nous battre
la poitrine devant la nuit désolée.
Car l’amour Amour est l’oubli de soi ;
l’abandon du « moi » pour le laisser
vivre, comme au fond d’un miroir,
en un autre être, en un « toi » transparent.

Mais l’amour : comment dirai-je ce qu’il est ?
Il est la simple cour de ma maison, mon enfance,
mon adolescence pâle
l’oranger fleuri, le jeune cerf
ligoté que l’on nous apporta un soir
et qui mourut sans avoir ses forêts dans les yeux.
Il est la conversation des aïeules
assises dans leurs sièges.
pénélopes domestiques qui jamais n’achevaient leur ouvrage.
Mais l’amour : comment est-il donc, mon Dieu ?
L’aurais-je oublié ? Ne l’ai-je jamais su ?
C’est poser ses pieds fermement sur la terre
comblée d’oranges et de fleurs
et toucher du front le ciel limpide
et marcher sans le vent des paroles.

IV
Car l’amour, c’est écarter les créatures
près desquelles la pâle Mort
veille en leur déniant la beauté…
Et toi, Père, tu cherches ma blessure
pour l’ensemencer de Paradis.
L’Amour c’est toi qui me détournes
de tout ce qui est Mort et raison de Mort
et mort sans raison jusqu’à la mort.
Amour, Amour, qui me plonge en la mort.
Renoncer. N’être pas prisonnier des choses.
Se délier du piège mortel des créatures.
Mais l’amour c’est tout se dépouiller
comme les couples qui se couchent
dans la nuit accablée. Et le divin
amour c’est se dépouiller même de son corps:
l’oublier avant que lui n’oublie,
terre à terre dans la poussière de la terre.

Que l’Amour c’est Toi, je le savais
en venant à la vie : l’ai-je oublié ?
C’est se livrer et tout se retrouver
tout l’Amour en Toi et en Toi se perdre
pour se trouver un jour avec Toi dans ta Demeure.

***

Porque el amor no es cosa triste
sino la luz, la luz hasta cegarnos
en otra luz en que la sangre danza
levantada en las velas más veloces
o en flamígeras alas,
sobre la entera tierra enamorada.

Esto debiera ser y no lo otro.
Porque el amor no es esa cosa triste,
ese escuálido aullido
de famélicos lobos extraviados
o de perros
aprendices de lobos.
Esa carpa difunta, viscosa, irrespirable
pesadamente muerta entre las moscas,
manchada por la tierra de la orilla.
No es este dolor sucio de los días
en que resbala lenta la llovizna
igual que un lloro de pupilas ciegas,
ciegas pupilas, purulentas llagas,
muñón sanguinolento de miradas,
donde la luz se encharca o donde en vano
llaman golpeando el sol, las rosas, los colores…
(Ojos deshabitados de la gloria, ojos sin
luz como las almas húmedas,
que juegan al amor y lo profano.)
No, no es esa llovizna
que pone telarañas, polvo agrio en el aire
y un lodo apenas lodo en los zapatos;
agua manchada que no llega a cieno.
(Una avispa cruzada en la garganta.)

Porque el amor es esto, es esto, es esto:
la luz gloriosa sobre las santas bestias de la tierra,
un pájaro que pica una fruta madura
hiriéndola de gozo, penetrándola
del dulcísimo canto silencioso,
del leve pico azucarado.

Porque el amor es himeneo. Es canto;
voz perpendicular de cielo a cielo;
la horizontal del lecho, las cámaras nupciales
tibiamente alumbradas por los besos;
arpas de fuego, cítaras de agua.
Y en medio de su pueblo
el Señor convirtiendo el agua en vino.
Que es esto y no es aque!lo. Es una rosa
dormida entre los dientes…

Porque el amor. Muy pocos lo sabemos;
todos creen que lo saben. ¡Nadie sabe!
Es esto y no un silbido de serpiente podrida
con un perro de opio en la mirada.
No es el vaho asqueroso en la mirilla;
torvo celestinaje de entresuelo
donde oficia una larva destruida,
llanto de velón triste que en su propia
lascivia se consume,
llanto de grifo roto
y comadrejas que del sol se esconden.
No, no es eso, no es eso, pasadizos
oscuros por las ratas frecuentados.

Porque el amor no es esa cosa inmunda
de carne opaca y afilados dientes,
de mágica mentira y flor de trapo
pavoneándose en un tallo de alambre.
No es esa piedra falsa, esa vidriosa
solicitud de baba o de ceniza.

Porque el amor no es un resuello impuro
detrás de una cortina envenenada.
Torpe moneda, alacranado labio;
bruja y raposa a un tiempo.

Un árbol de miseria y escondrijo
cuaja esos frutos y los alimenta
de su sabor a lepra y cojín viejo.
¡Aves del cielo y hombres de la tierra!
Cruzad lejos del odio de sus ramas;
no abrevéis en la fuente de vitriolo
que corre bajo de su tronco negro.

(Emilio Ballagas)

 

 

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L’HOMME IMMOBILE (Elvio Romero)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2016


 

L’HOMME IMMOBILE

Le voici, immobile.
Immobile
il regarde pleuvoir ; il voit la campagne calme,
immobile.
Douce bruine ingravide.
La terre rêve-t-elle à lui ? Lui, à la terre ?
Pleuvoir est-il un rêve ?

Le voici, immobile.
Immobile
il regarde pleuvoir. Que regarde-t-il
de plus tranquille et sombre que ses yeux,
de plus sec que son front, de plus blessé ?
Se voit-il lui-même pleuvoir ou voit-il reverdir
les champs ? Se regarde-t-il
reverdir ? Regarde-t-il peut-être
le souffle pleuvinant de la bruine ingravide ?
Ou n’a-t-il d’autre rêve que de voir ?

Que regarde
l’homme immobile ?
A quelles semailles pense-t-il, à quelles semailles ?
Dans quels chaumes brûlés erre-t-il, dans quels
chaumes ?
Y a-t-il donc plus de quiétude en son regard
tranquille que dans la pluie ? Pleut-il sur terre
ou seulement dans son désir ? La pluie en songes le
voit-elle
ou est-ce lui qui rêve de voir ?

Le voici, immobile.
Immobile.
Rien, rien ne bouge en lui, et rien dans la campagne.
Est-il le rêve de la pluie ? La pluie est-elle,
immobile, son rêve ?
Un rêve, cette terre ?
Un rêve, cette pluie ?

(Elvio Romero)

Illustration: Jean-Michel Folon

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Le bourgeon de mon coeur éclate! (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2016



Devant la statue, un chat blanc, un jaune,
– et le jaune, c’est une chatte!
– roulent, s’éboulent sur le gazon chaud,
se montrent les pattes, miaulent, se battent.
Le soleil étire doucement ton sourire,
ô mon doux Voltaire, ô bon faune.
– Devant ta statue, un chat blanc, un jaune, roulent,
se montrent les pattes.
Les arbres s’enfeuillent au chant des oiseaux.
Le bourgeon de mon coeur éclate!
– Et je vacille rien qu’à voir les diamants de l’arrosoir
envelopper l’herbe d’une bruine.
Un arc-en-ciel part de l’échine du philosophe,
et va trembler dans les branches d’un marronnier.
– Les arbres s’enfeuillent au chant des oiseaux.
Le bourgeon de mon coeur éclate!

(Paul Fort)

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