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Poésie

Posts Tagged ‘bruire’

Pour réjouir ton cœur (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2021



    

Pour réjouir ton cœur voici dans mes paumes
Un peu de soleil et un peu de miel,
Selon la loi des abeilles de Perséphone.

Nul ne peut détacher la barque à la dérive,
Nul n’entend l’ombre bottée de fourrure,
Nul ne peut vaincre la peur au bois de la vie.

Il ne nous reste plus que des baisers
Aussi velus que les minces abeilles
Qui meurent, à peine enfuies de leur ruche.

Dans les fourrés de la nuit elles bruissent,
La forêt du Taygète est leur patrie,
Leur pâture le temps, la mélisse et la menthe…

Prends pour réjouir ton cœur mon offrande sauvage,
Ce simple collier sec d’abeilles mortes
Qui ont su changer le miel en soleil !

*

Возьми на радость из моих ладоней
Немного солнца и немного меда,
Как нам велели пчелы Персефоны.

Не отвязать неприкрепленной лодки,
Не услыхать в меха обутой тени,
Не превозмочь в дремучей жизни страха.

Нам остаются только поцелуи,
Мохнатые, как маленькие пчелы,
Что умирают, вылетев из улья.

Они шуршат в прозрачных дебрях ночи,
Их родина – дремучий лес Тайгета,
Их пища – время, медуница, мята.

Возьми ж на радость дикий мой подарок,
Невзрачное сухое ожерелье
Из мертвых пчел, мед превративших в солнце.

(Ossip Mandelstam)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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Qu’attend-on d’une nuit sans étoiles ? (Frédérique Archimbaud)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2021



Illustration: Christian Schloe 
    
Qu’attend-on
d’une nuit sans étoiles ?

Peut-être qu’y bruissent
nos firmaments
à fleur d’âme ?

Que se jouent de nous
nos farandoles
effrayées
nectar du songe

qu’à petits pas
à frôlements feutrés
sanglotent
nos joies
nos chagrins

et qu’à petit matin
nous délivre
un essaim
de lumière

(Frédérique Archimbaud)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Friches 131
Traduction:
Editions: Revue de poésie Friches

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S’asseoir sous la cascade de branches bruissantes (Brigitte Garel)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2021



    

S’asseoir sous la cascade de branches bruissantes
Contempler la tendre esquisse de feuilles transparentes et moussues
Savourer l’averse de couleur de ces pompons fragiles
Caresser les mamelons baignés de lumière rasante
Plonger dans l’eau azur de la rivière nuage

Renouer, relier, fusionner
S’apaiser
Saisir avec urgence
Cet éphémère tableau
D’un avril enchanté

Murmurer avec la fontaine feuille
L’intensité de la sève toujours renaissante
Clamer avec l’azalée de papier
Le puissant vertige des saisons
Je suis un maillon du grand monde
Ne suis que cela

(Brigitte Garel)

 

Recueil: Bruissement d’elles
Traduction:
Editions: L’Harmattan

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Après l’hiver (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2021



    

Après l’hiver

Tout revit, ma bien aimée !
Le ciel gris perd sa pâleur ;
Quand la terre est embaumée,
Le coeur de l’homme est meilleur.

En haut, d’où l’amour ruiselle,
En bas, où meurt la douleur,
La même immense étincelle
Allume l’astre et la fleur.

L’hiver fuit, saison d’alarmes,
Noir avril mystérieux
Où l’âpre sève des larmes
Coule, et du coeur monte aux yeux.

O douce désuétude
De souffrir et de pleurer !
Veux-tu, dans la solitude,
Nous mettre à nous adorer ?

La branche au soleil se dore
Et penche, pour l’abriter,
Ses boutons qui vont éclore
Sur l’oiseau qui va chanter.

L’aurore où nous nous aimâmes
Semble renaître à nos yeux ;
Et mai sourit dans nos âmes
Comme il sourit dans les cieux.

On entend rire, on voit luire
Tous les êtres tour à tour,
La nuit les astres bruire,
Et les abeilles le jour.

Et partout nos regards lisent,
Et, dans l’herbe et dans les nids,
De petites voix nous disent :
« Les aimants sont les bénis ! »

L’air enivre ; tu reposes
A mon cou tes bras vainqueurs.
Sur les rosiers que de roses !
Que de soupirs dans nos coeurs !

Comme l’aube, tu me charmes ;
Ta bouche et tes yeux chéris
Ont, quand tu pleures, ses larmes,
Et ses perles quand tu ris.

La nature, soeur jumelle
D’Eve et d’Adam et du jour,
Nous aime, nous berce et mêle
Son mystère à notre amour.

Il Suffit que tu paraisses
Pour que le ciel, t’adorant,
Te contemple ; et, nos caresses,
Toute l’ombre nous les rend !

Clartés et parfums nous-mêmes,
Nous baignons nos coeurs heureux
Dans les effluves suprêmes
Des éléments amoureux.

Et, sans qu’un souci t’oppresse,
Sans que ce soit mon tourment,
J’ai l’étoile pour maîtresse ;
Le soleil est ton amant ;

Et nous donnons notre fièvre
Aux fleurs où nous appuyons
Nos bouches, et notre lèvre
Sent le baiser des rayons.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Cent poèmes de Vivtor Hugo
Traduction:
Editions: Omnibus

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Notre lit était un pays (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2020



Arunas Zilys 2

Notre lit était un pays,
Une île, une gorge bien creuse,
La plaine où nous avons cueilli
Des fleurs du nom d’aventureuses.
Notre lit était leur pays.

Mes mains sont herbier de caresses.
Herbes d’amour, fleurs de mes soins,
Ne sont plus qu’ombre et sécheresse
En ma paume et bruissant au loin.
Mes mains sont herbier de caresses.

(Louise de Vilmorin)

Illustration: Arunas Zilys

 

 

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CHERCHER (Olly Komenda-Soentgerath)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2020



Illustration: Edvard Munch
    
Poem in French,Dutch, Spanish, English,Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Malaya, Filipino, Hebrew, Tamil

Poem of the Week Ithaca 637
by OLLY KOMENDA-SOENTGERATH, Czech Republic (1923)
From: « Das schläft mir nachts unter den Lidern », Heiderhoff Verlag
© by Carsten Pfeiffer, Leipzig.

─ All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt ─

CHERCHER

Avec la canne blanche de l’aveugle
j’ai frappé la terre à la recherche d’un être humain.
Chaque fois seul le sable bruissait en glissant sous elle.
Mais aujourd’hui,
aujourd’hui
j’ai heurté la roche dure
et la profondeur
m’a renvoyé
un écho :
ta voix.

Traduction Elisabeth Gerlache

***

ZOEKEN

Met de witte stok van de blinde
heb ik de aarde afgeklopt naar een mens.
Er ritselde telkens alleen maar zand onder hem weg.
Maar vandaag,
vandaag
stootte ik op vast gesteente,
en de diepte
stuurde een echo
naar mij toe:
jouw stem.

Vertaling Germain Droogenbroodt

***

BUSCAR

Con el bastón blanco del ciego
he estado buscando un humano en la tierra.
Siempre hallé arena goteando bajo sus pies.
Pero hoy,
hoy
me topé con una roca sólida,
y la profundidad
me envió un eco:
tu voz.

Traducción Rafael Carcelén

***

SEARCHING

With the white cane of the blind
I tapped the earth, searching for a human.
Only sand was always rustling away beneath.
But today
today
I struck solid rock,
and the depth
sent an echo
up to me:
your voice.

Translation Stanley Barkan

***

CERCARE

Con il bastone bianco del cieco,
battevo la terra, cercando un essere umano.
La sabbia frusciava sempre di sotto.
Ma oggi,
oggi
ho colpito la solida roccia,
e le sue viscere
hanno inviato un’eco
fino a me:
la tua voce.

Traduzione di Luca Benassi

***

SUCHEN

Mit dem weißen Stock des Blinden
hab‘ ich die Erde abgeklopft nach einem Menschen.
Es rieselte immer nur Sand unter ihm weg.
Heut‘ aber
heute
stieß ich auf festes Gestein,
und die Tiefe
schickte ein Echo
herauf zu mir:
deine Stimme.

Übersetzung Wolfgang Klinck

***

BUSCAR

Com o bastão branco do cego
estive buscando um ser humano na terra.
Sempre encontrei areia gotejando sob seus pés.
Mas hoje,
encontrei uma rocha sólida.
e a profundidade
enviou-me um eco:
a tua voz.

Tradução ao português: José Eduardo Degrazia

***

CIRCANNU

Cu lu bastuni biancu di li orbi
Battivi la terra, circannu un siri umanu.
C’era sempri rina ca frusciava ddassutta.
Ma oggi,
oggi
tuccavi petra viva
e di ddassutta ‘n funnu
mi nchianau:
n’ecu
la to vuci.

Traduzzioni di Gaetano Cipolla

***

CĂUTARE

Cu bastonul alb, de orb,
am tot lovit pământul în căutarea unui om.
Din el n-a ieșit decât pleavă
iar astăzi
astăzi
am ajuns la o stâncă,
ce din adânc
m-a întâmpinat
cu ecoul
vocii tale.

Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

POSZUKUJĄC

Białą laską niewidomych
Opukiwałam ziemię, poszukując człowieka.
Piasek zawsze osypywał się w dole z szelestem.
Ale dzisiaj,
dzisiaj
uderzyłam litą skałę
a głębia
odesłała do mnie
echo:
twój głos.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień−Małgorzata Żurecka

***

ΨΑΧΝΟΝΤΑΣ

Με το μπαστούνι του τυφλού
τη γη εχτύπησα
άνθρωπο για να βρω
κι η άμμος θρόισε σε βάθος.
Σήμερα όμως
βράχο χτύπησα
που αντήχησε:
τη φωνή σου

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη//translated by Manolis Aligizakis

***

搜 寻

用盲人的白手杖,
我敲打大地,寻找人。
沙子总在下面沙沙流响。
但今天,
今天
我撞到了坚硬的岩石,
而深处
发上来一种回音
给我:
“你的声音”。

Chinese translation William Zhou

***

بحث

بعصا بيضاء للمكفوفين،
تلمست طريقي على الأرض، لعلي أصادف إنسانا.
فعلى الدوام، كانت الرمال تنزاح من طريقي في كل اتجاه
لكن اليوم،
هذا اليوم
أصبت صخرة صلدة،
وترامى إلى مسامعي صوت صداها في الأعماق وهو يردد:
إنه صوتك.

Arabic translation Amal Bouchareb

***

ढूंढ रहा हूं

अंधे के सफेद बेंत के साथ,
मैंने पृथ्वी को टैप किया,
मानव की तलाश की।
रेत हमेशा नीचे की ओर
सरसराहट कर रही थी।
लेकिन आज,
आज
मैंने ठोस पत्थर मारा,
और गहराई
एक प्रतिध्वनि भेजी
मेरे ऊपर:
तुम्हारी आवाज़।

Hindi translation by Jyotirmaya Thakur

***

探し求めて

盲の白杖で地面をたたく
人を求めて
砂はいつも下でさらさらと音を立てる
ところが今日
そう今日のこと
硬い岩を叩いたならば
深くからこだまがしたのだ
私のところまで
君の声が

Japanese translation Manabu Kitawaki

***

جستجو
با عصای سفید کوران،
من بر زمین زدم، در جستجوی انسان.
ماسه همیشه زیرش خش خش میکرد.
اما امروز،
امروز
عصایم به سنگ سختی اصابت کرد،
و ازاعماق
پژواکی فرستاد
برایم:
از صدایت.
اولی کومندا-سوئنتگرات، چک ریپابلیک
ترجمه: سپیده زمانی

Farsi translation by Sepideh Zamani

***

ТЪРСЕЙКИ

С белия бастун на слепия,
аз почуквах земята, търсейки човека.
Пясък винаги свистеше отдолу.
Но днес,
днес
ударих по твърда скала
и дълбочината
изпрати едно ехо
до мен:
твоя глас.

превод от английски: Иван Христов
Bulgarian translation Ivan Hristov

***

AÐ LEITA

Með hvíta blindrastafnum
bankaði ég á jörðina í leit að manneskju.
Það sáldraðist aðeins sandur undan honum.
En í dag,
í dag
hitti ég á harðan stein
og djúpið
sendi mér
bergmál:
rödd þína.

Þór Stefánsson þýddi samkvæmt enskri þýðingu

***

ИЩУ

Моя белая трость слепого
по дорогам стучала, искала кого-то.
Под ногами все время шуршал лишь песок.
Носегодня,
сегодня
на пути встал гранит,
и пропасть
отозвалась
эхом:
твоим голосом.

ПереводГДарьиМишуевой
Russian translation by Daria Mishueva

***

PENCARIAN

Denganrotanputih orang buta
akumengetukbumi,mencarimanusia.
Hanyadesiranpasiryang berkarat di bawah.
Tapihariini
hariini
akuketuk batu pejal
dan kedalamannya
mengirimgema
kepadaku:
suaramu.

Penterjemah: Dr.Raja Rajeswari Seetha Raman

***

NAGHAHANAP

Gamit ang kulay puting tungkod ng bulag,
Tinapik ko ang lupa, hinahanap ang isang tao.
Buhangin sa ilalim ay laging kumakaluskos.
Subalit ngayon,
ngayon
Tinamaan ko ang malaking bato,
at ang kailaliman
ay nagpahatid ng alingawngaw
patungo sa akin:
ang iyong tinig.

Translated in Filipino by Eden Soriano Trinidad

***
חיפוש

בַּמַּקֵּל הַלָּבָן שֶׁל הָעִוֵּר,
הִקַּשְׁתִּי עַל הַקַּרְקַע, חִפַּשְׂתִּי בֶּן אֱנוֹשׁ.
הַחוֹל הָיָה תָּמִיד מְרַשְׁרֵשׁ וְחוֹמֵק הָלְאָה לְמַטָּה.

אֲבָל הַיּוֹם,
הַיּוֹם
פָּגַעְתִּי בְּסֶלַע מוּצָק,
וְהַמַּעֲמַקִּים
שָׁלְחוּ הֵד
לְמַעְלָה עַד אֵלַי:
קוֹלְךָ.

תרגום מאנגלית לעברית: דורית ויסמן
Hebrew translation Dorit Weisman

***

தேடுதல்!

குருடனின் வெள்ளைக் கைத்தடியை வைத்து
பூமியைமெல்லத் தட்டினேன், மனிதனைத் தேடி
கீழிருக்கும் மணல் செய்யும் ஓசையோடு

ஆனால் இன்று
வலிமையான பாறையைத் தட்டினேன்
அதன் ஆழம்
ஓர் எதிரொலியை அனுப்பியது
என்வரை;
உனது குரல்!

Tamil translation N.V. Subbaraman

(Olly Komenda-Soentgerath)

 

Recueil: ITHACA 637
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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La main touche une jupe (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2020




    

La main touche une jupe,
muguets fanés, je me souviens
tiède comme un début de peau,
un feu de sang brûle les os.

Les joncs craquent sous le corps souple,
et le miel bout dans l’oeillet pourpre,
sur le brasier de myositis
là-haut où les oiseaux s’étirent.

Carrière de braise rouge,
près d’une eau non doublée de tain,
où toute pudeur expire
au vent venu de si loin.

Sous août bruissant, la fièvre est fraîche,
et la brûlure encore glacée
des lèvres fanées de soif,
et du corps torride de sang.

Voici la baie de tes jambes
avant cette île foudroyée
où peut-être un peu de neige
attend ma tête sans pensée.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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OH! ÊTRE FEUILLE VERTE… (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2020



 

feuille verte

OH! ÊTRE FEUILLE VERTE…

Oh, être feuille verte sur l’arbre éternel des hommes,
Oh, pouvoir y verdir,
Bruire, nicher dans les branches comme l’oiseau,
Oh, pouvoir habiter leurs mondes !

Oh, être voyageur sous le vent lourd des jardins,
Tremper dans les lointains mouillés les aurores comme en un vin,
Croître dans le bruissement des rosées, germer dans l’haleine du vent,
Oh, marcher en paix, sans parler, par les routes!

Ou pousser dans les vents avec les doigts blancs des racines
Et concevoir de nouveaux continents, louer
La puissance silencieuse de la nuit, la terreur grise dans les profondeurs sans bords,
Oh, cesser de saigner, oh, pouvoir mourir !

(Srecko Kosovel)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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SI JE SAVAIS (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2020



 

Alexandre Séon (4)

SI JE SAVAIS

Si je savais, je vous chanterais
Les peupliers qui bruissent clair,
Le soleil du Karst
Dans le frais septembre
Les vallons blancs de sarrasin.

Oh! si je savais, je vous chanterais
Une, une jeune fille;
Je l’aime tant
Et je ne la donne
Pour rien, pour rien au monde.

(Srecko Kosovel)

Illustration: Alexandre Séon

 

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L’INFINI (Giacomo Leopardi)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2020



Illustration
    
L’INFINI

Toujours elle me fut chère cette colline solitaire
et cette haie qui dérobe au regard
tant de pans de l’extrême horizon.
Mais demeurant assis et contemplant,
au-delà d’elle, dans ma pensée j’invente
des espaces illimités, des silences surhumains
et une quiétude profonde ; où peu s’en faut
que le cœur ne s’épouvante.
Et comme j’entends le vent
bruire dans ces feuillages, je vais comparant
ce silence infini à cette voix :
en moi reviennent l’éternel,
et les saisons mortes et la présente
qui vit, et sa sonorité. Ainsi,
dans cette immensité, se noie ma pensée :
et le naufrage m’est doux dans cette mer.

(Giacomo Leopardi)

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