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Posts Tagged ‘bruissement’

Ma nostalgie n’est pas mienne (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2021



Ma nostalgie n’est pas mienne.
Elle est vieille comme les astres.
Un jour, comme eux,
née du Néant,
du vide illimité.

Le bruissement des arbres,
le roulement de la vague sur le rivage,
les hautes montagnes au loin —
éveillent ma nostalgie.
Mais non pour une chose d’ici.
Pour une autre chose infiniment lointaine,
et d’il y a très, très longtemps —

Longtemps avant la mer, avant les montagnes, avant les vents —

***

Min längtan är inte min.
Den är gammal så som stjärnorna.
Född ur Intet engång
som dc,
ur den gränslösa tomheten.

Suset i träden,
vågens slag mot stranden,
de stora bergen långt borta —
de väcker min längtan.
Men inte till någonting här.
Till något oändligt långt borta,
någonting för länge länge sen —

Långt före havet, långt före bergen, långt före vindarna —

(Pär Lagerkvist)


Illustration: Guillaume Dubufe

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L’intervalle (Nohad Salameh)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2021




    
L’intervalle

[…]

Venus de plus loin que l’enfance
À bout de départs et de retours
De chutes et d’assauts
Nous basculons dans la blancheur unanime
Ni sanglot
Ni amertume
Pas même un bruissements
Mais l’intervalle.

[…]

(Nohad Salameh)

 

Recueil: Voix d’encre 33
Traduction:
Editions: Voix d’encre

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Elle va (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2021



Elle va
sans ailes
avec des bruissements
d’âme nue

(Bernard Montini)


Illustration: Fabienne Contat

 

 

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Gracile et indolente (Brigitte Garel)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2021



    

Gracile et indolente
Passer rêvant la porte vénérable

Soupirs odorants du jardin
Fraîches caresses de la fontaine
Arabesques moussues d’une statue baroque
Tout est chuchotements
Bruissements
Parfums vanillés
Kaléidoscopes de pâmoisons colorées

Se laisser envahir par la douce saveur de l’instant

(Brigitte Garel)

 

Recueil: Bruissement d’elles
Traduction:
Editions: L’Harmattan

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Un râteau a tracé ces tranquillités immobiles (Brigitte Sensevy)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2021




    
Un râteau a tracé ces tranquillités immobiles.
L’espace clos médite à présent.
Montagnes immenses sur des îles lointaines, elles seules
se permettent de sursauter au bruissement des ginkgos.
De rêveries en absence de soi, les cercles concentriques
du silence s’emparent du coeur de celui qui ne fait que passer.

Il pense qu’il ne fait que passer sur la terrasse surplombante
mais cet espace longtemps encore s’insinuera dans ses pensées.

(Brigitte Sensevy)

 

Recueil: Bruissement d’elles
Traduction:
Editions: L’Harmattan

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La grenouille (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2020



La grenouille, qui se reprend à essayer ses cordes
depuis l’étang qui noie
joncs et nuages, le bruissement des caroubiers
entrecroisés où vient éteindre ses torches
un soleil sans chaleur, sur les fleurs l’indolent
bourdonnement des coléoptères qui sucent
encor des sèves, d’ultimes sons, l’avare
vie des champs. Dans un souffle
l’heure s’épuise : un ciel d’ardoise
se prépare à l’irruption des chevaux
décharnés, à leurs sabots pleins d’étincelles.

***

La rana, prima a ritentar la corda
dallo stagno che affossa
giunchi e nubi, stormire dei carrubi
conserti dove spenge le sue fiaccole
un sole senza caldo, tardo ai fiori
ronzio di coleotteri che suggono
ancora linfe, ultimi suoni, avara
vita della campagna. Con un soffio
l’ora s’estingue : un cielo di lavagna
si prepara a un irrompere di scarni
cavalli, alle scintille degli zoccoli.

(Eugenio Montale)

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Foisonnant de fleurs (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2020



 

Jeanie Tomanek redwingtree [1280x768]

Foisonnant de fleurs

Il pousse au fond de moi mille rameaux secrets,
Mon âme de plein vent frissonne de feuillages,
J’ai le coeur foisonnant de fleurs, de fruits sauvages
Et mon sang a le bruissement de la forêt

(Marc Alyn)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

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COMME LA ROSÉE (Hwang Ji-u)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2019




    
COMME LA ROSÉE

Oh ! Bruissement de l’eau
qui rêve l’illusion de la vie et d’une nouvelle naissance,
les larmes de l’herbe l’écoutent en secret.

Ce qui vit ne vit qu’appelé par son nom tant qu’il est en vie.
Exister ne signifie pas exister, vivre ne signifie pas vivre.
Que ce sera calme au sein du feu ardent !

Tenant une bougie blessée
j’entrerai en toi, rosée ;
en paix je dormirai.

(Hwang Ji-u)

 

Recueil: DE L’HIVER-DE-L’ARBRE AU PRINTEMPS-DE-L’ARBRE Cent poèmes __..
Traduction: Kim Bona
Editions: William Blake & co

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Derrière le mur (Ingerborg Bachmann)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2019



 

Illustration
    
Derrière le mur

Je pends aux branches comme neige
dans le printemps de la vallée,
comme source froide je flotte au vent,
je tombe humide dans les fleurs en bouton
comme une goutte,
elles pourrissent tout autour
comme autour de la fange.
Je suis ce qui sans cesse pense à la mort.

Je vole, car ne peux aller tranquillement,
à travers les solides bâtiments des cieux
et renverse piliers et murs creux.
J’alerte les autres, car la nuit ne peux dormir,
avec le bruissement lointain de la mer.
Je me glisse dans la bouche des cascades
et des montagnes détache des tonnerres de pierres.

je suis enfant de la grande angoisse du monde,
suspendu à la paix et à la joie
comme les coups de glas aux pas du jour
comme la faux dans les champs mûrs.
Je suis ce qui sans cesse pense à la mort.

***

Hinter der Wand

Ich hänge als Schnee von den Zweigen
in den Frühling des Tals,
als kalte Quelle treibe ich im Wind,
feucht fall ich in die Blüten
als ein Tropfen,
um den sie faulen
wie um einen Sumpf.
Ich bin das Immerzu-ans-Sterben-Denken.

Ich fliege, denn ich kann nicht ruhig gehen,
durch aller Himmel sichere Gebäude
und stürze Pfeiler um und höhle Mauern.
Ich warne, denn ich kann des Nachts nicht schlafen,
die andern mit des Meeres fernem Rauschen.
Ich steige in den Mund der Wasserfälle,
und von den Bergen lös ich polterndes Geel.

Ich bin der großen Weltangst Kind,
die in den Frieden und die Freude hängt
wie Glockenschläge in des Tages Schreiten
und wie die Sense in den reifen Acker.

Ich bin das Immerzu-ans-Sterben-Denken.

(Ingerborg Bachmann)

 

Recueil: Toute personne qui tombe a des ailes
Traduction: Françoise Rétif
Editions: Gallimard

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Chant est le chemin de sa maison (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019



    
Chant est le chemin de sa maison
Une branche ici est bruissement
Une pierre par là est signe de la main
Et la terre est couche

De la main de l’air
Sur la route de sa maison
Est tombée la rose des prophètes.

(Adonis)

 

Recueil: Lexique amoureux
Traduction: Vénus Khoury-Ghata Issa Makhlouf Houria Abdelouahed
Editions: Gallimard

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