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Posts Tagged ‘bruit’

Toutes les choses sont sereines (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2021



 

Andrey Remnev  (43)

Toutes les choses sont sereines
Dans l’attente de Ta voix
Qui tient les astres, me voici.
Ta voix naît dans le vent
Et l’aube presse sur ma poitrine.
Elle retourne à la couleur,
La feuille, elle T’annonce
Et m’environne de bruit.

***

Tutte le cose sono quiete

In attesa della Tua voce
Che tiene gli astri sono io.
La Tua voce nasce nel vento
E l’alba preme sul petto.
Si rovescia al colore
La foglia, Ti annunzia
E passa a farmi rumore.

(Leonardo Sinisgalli)

Illustration: Andrey Remnev

 

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AUBE DE PRINTEMPS (Meng Haoran)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021



Illustration
    
AUBE DE PRINTEMPS

Printemps,
je dors,
insouciant de l’aurore.
Et maintenant
j’entends partout.
le chant des oiseaux.
Hier soir, c’était
le bruit du vent
et de la pluie…
Les fleurs sont tombées,
qui sait combien ?

(Meng Haoran)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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BAL (Birago Diop)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2021



    

Illustration: Mark Ashkenazi

BAL

Une volute bleue, une pensée exquise
Montent l’une sur l’autre en un accord secret
Et l’état rose tendre qu’un globe tamise
Noie un parfum de femme dans un lourd regret.

Le lent lamento langoureux du saxophone
Égrène de troubles et indistincts accords
Et son cri rauque, saccadé ou monotone,
Réveille parfois un désir qu’on croyait mort

Arrête Jazz, tu scandes des sanglots, des larmes
Que les coeurs jaloux veulent garder seuls pour eux.
Arrête ton bruit de ferraille. Ton vacarme
Semble une immense plainte où naît un aveu.

(Birago Diop)

 

Recueil: Anthologie Poésie africaine six poètes d Afrique francophone
Traduction:
Editions: Points

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AUX TIRAILLEURS SÉNÉGALAIS MORTS POUR LA FRANCE (Léopold Sédar Senghor)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2021



Illustration: Karamba Dramé
    
AUX TIRAILLEURS SÉNÉGALAIS MORTS POUR LA FRANCE

Voici le Soleil
Qui fait tendre la poitrine des vierges
Qui fait sourire sur les bancs verts les vieillards
Qui réveillerait les morts sous une terre maternelle.
J’entends le bruit des canons — est-ce d’Irun?
On fleurit les tombes, on réchauffe le Soldat Inconnu.
Vous mes frères obscurs, personne ne vous nomme.
On promet cinq cent mille de vos enfants à la gloire des
futurs morts, on les remercie d’avance futurs morts
obscurs
Die Schwarze schande !

Écoutez-moi, Tirailleurs sénégalais, dans la solitude de la terre noire et de la mort
Dans votre solitude sans yeux sans oreilles, plus que dans ma peau sombre au fond de la Province
Sans même la chaleur de vos camarades couchés tout contre vous, comme jadis dans la tranchée jadis dans les palabres du village
Écoutez-moi, Tirailleurs à la peau noire, bien que sans oreilles et sans yeux dans votre triple enceinte de nuit.
Nous n’avons pas loué de pleureuses, pas même les larmes de vos femmes anciennes
— Elles ne se rappellent que vos grands coups de colère, préférant l’ardeur des vivants.
Les plaintes des pleureuses trop claires
Trop vite asséchées les joues de vos femmes, comme en saison sèche les torrents du Fouta
Les larmes les plus chaudes trop claires et trop vite bues au coin des lèvres oublieuses.
Nous vous apportons, écoutez-nous, nous qui épelions vos noms dans les mois que vous mouriez
Nous, dans ces jours de peur sans mémoire, vous apportons l’amitié de vos camarades d’âge.
Ah ! puissé-je un jour d’une voix couleur de braise, puissé-je chanter
L’amitié des camarades fervente comme des entrailles et délicate, forte comme des tendons.
Écoutez-nous, Morts étendus dans l’eau au profond des plaines du Nord et de l’Est.
Recevez ce sol rouge, sous le soleil d’été ce sol rougi du sang des blanches hosties
Recevez le salut de vos camarades noirs, Tirailleurs sénégalais
MORTS POUR LA RÉPUBLIQUE !

Tours, 1938.

(Léopold Sédar Senghor)

 

Recueil: Anthologie Poésie africaine six poètes d Afrique francophone
Traduction:
Editions: Points

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Le silence (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2021




Le silence
Est le seul bruitQui te ramène à toi
Et te dilate.

(Guillevic)

Illustration: Alberto Gianfreda

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REINE DES BOIS (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2021




REINE DES BOIS

AUJOURD’HUI la Présence
M’a mis sous les yeux
La reine des bois à la blanche écume
De pétales immaculés,
Les quadruples étoiles innombrables
Ouvrent des coeurs de vie,
Dans un jardin de Londres
Elles poussent en un bois printanier
Devant la cité et derrière
Des machines dont le bruit
Déchire le ciel.
Les blanches étoiles
N’entendent pas; elles me disent
« Les bois existent toujours ».
Le muguet
Recherche le terreau de feuilles
Et les merles
Bâtissent de nouveau, réparent
Les accrocs que nous faisons
Dans les temps et dans les lieux.
Les bois immémoriaux
Sont ici, sont tout près,
Les blanches étoiles passent
L’invisible frontière:
« Viens à nous », disent les fleurs,
« Nous te montrerons le chemin. »

***

WOODRUFF

TODAY the Presence
Has set before me
Woodruff’s white foam
Of petals immaculate,
Fourfold stars numberless
Open life’s centres,
In a London garden
They grow in a spring wood
Before the city and after
Machines whose noise
Tears the sky.
The white stars
Do not hear; they tell me
The woods are always’.
Lily-of-the-valley
Feels for loam of leaves
And the blackbirds
Build anew, repair
The rents we tear
In times and places.
Immemorial woods
Are here, are near,
The white stars cross
The invisible frontier:
`Come to us’, the flowers say,
` We will show you the way.’

(Kathleen Raine)

 

 

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Aurore (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2021



Aurore

L’aurore est toute chaude
Accrochée au balcon
Aux branches de l’été
Je savoure avec délice
Le rire d’un enfant aux lèvres du chemin
La sève du soleil dans la tige des feuilles
L’écume dans un bouquet de mer
Le silence à l’horizon
Sur la face écorchée du champ
J’écoute le bruit des cailloux
Les sabots des chevaux
Dans les chemins de terre
Alors l’été refleurit
Dans le trouble des buissons.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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Bruits (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2021



Bruits

Abruti par les bruits
Affamé de silence
Assoiffé d’espace
Je veux me nourrir
D’un souffle d’air
D’un murmure fugitif
Revoir sous mes pieds
Cet ancien sol nu
Dépouillé de goudron
Pour retrouver
La fantaisie des chemins.

(Jean-Baptiste Besnard)

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Tous les bruits (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2021



Tous les bruits

Je suis la proie de tous les bruits
La respiration de la maison
La chute d’une feuille dans l’allée
La plainte d’une branche
Un gémissement dans le buisson
Le râle du vent dans la cheminée
Et un soupir non identifié
Dans la terre du champ voisin

Puis je n’entends plus
Que mon cœur qui bat
Fiévreusement dans ma poitrine
Et les heures boiter
Sur le cadran de l’horloge
Accrochée au mur
Au-dessus de ma tête.

(Jean-Baptiste Besnard)

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Écrire (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2021



Illustration: Xavier Maitre
    
Écrire c’est convertir le trop en peu, l’excès en manque.
Aucun livre ne devrait être plus pesant qu’une lumière.
Aucune écriture ne devrait faire plus de bruit qu’un sourire.

(Christian Bobin)

 

Recueil: La vie passante
Traduction:
Editions: Fata Morgana

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