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Posts Tagged ‘bruit’

Un petit bruit têtu (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2020



Un petit bruit têtu

Sur les yeux la brume! elle est tout près,
on la reconnaît. Le jour est sombre.
Quelqu’un encore pourrait venir
apporter la tièdeur d’une main.
Ou cette image de la lumière,
mais on est seul. On ferme les yeux,
on écoute: les voix et la pluie.
Et, dessous, un petit bruit têtu.
Peut-être le coeur. On ne sait pas.

(Jacques Ancet)

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On ne sait pas ce qu’on attend (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2020




On ne sait pas ce qu’on attend
au milieu des voix dans le brouillard
des gestes qui se perdent on attend
parfois le bruit de la pluie rappelle
quelque chose une ombre trop diffuse
presque une lueur une tiédeur
comme de main peut-être puisqu’on
est dans du corps que ça va venir
peu importe quand puisque ça vient

(Jacques Ancet)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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SOIR (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2020



Illustration: Stéphane Pellennec
    
SOIR

Ciel ! un fourmillement emplit l’espace noir ;
On entend l’invisible errer et se mouvoir ;
Près de l’homme endormi tout vit dans les ténèbres.
Le crépuscule, plein de figures funèbres,
Soupire ; au fond des bois le daim passe en rêvant ;
À quelque être ignoré qui flotte dans le vent
La pervenche murmure à voix basse : je t’aime
La clochette bourdonne auprès du chrysanthème
Et lui dit paysan, qu’as-tu donc à dormir ?
Toute la plaine semble adorer et frémir.
L’élégant peuplier vers le saule difforme
S’incline ; le buisson caresse l’antre ; l’orme
Au sarment frissonnant tend ses bras convulsifs ;
Les nymphaeas, pour plaire aux nénuphars pensifs,
Dressent hors du flot noir leurs blanches silhouettes ;
Et voici que partout, pêle-mêle, muettes,
S’éveillent, au milieu des joncs et des roseaux,
Regardant leur front pâle au bleu miroir des eaux,
Courbant leur tige, ouvrant leurs yeux, penchant leurs urnes,
Les roses des étangs, ces coquettes nocturnes.
Des fleurs déesses font des lueurs dans la nuit,
Et dans les prés, dans l’herbe où rampe un faible bruit,
Dans l’eau, dans la ruine informe et décrépite,
Tout un monde charmant et sinistre palpite.
C’est que là-haut, au fond du ciel mystérieux,
Dans le soir, vaguement splendide et glorieux,
Vénus rayonne, pure, ineffable et sacrée,
Et, vision, remplit d’amour l’ombre effarée.

(Victor Hugo)

 

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Mon saule (Françoise Campo-Timal)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2020



 

 

Mon saule

Il bat contre moi ses feuilles
l’arbre ébouriffé
mon saule
pluie inventée par le vent
mer imitée par le bruit

Et si le monde était vrai?

(Françoise Campo-Timal)

Illustration

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TYNDARIS (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2020



aneth 3x2 [800x600]

TYNDARIS

Q blanche Tyndaris, les Dieux me sont amis:
Ils aiment les Muses Latines ;
Et l’aneth, et le myrte et le thym des collines
Croissent aux prés qu’ils m’ont soumis.

Viens ! mes ramiers chéris, aux voluptés plaintives,
Ici se plaisent à gémir ;
Et sous l’épais feuillage il est doux de dormir
Au bruit des sources fugitives.

(Leconte de Lisle)

Illustration

 

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L’AMOUR (Jean Breton)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2020



Illustration: Marc Chagall
    
L’AMOUR

Autrefois
j’écoutais le bruit de ma voix
Les volets clos espionnaient la maison
Une mouche se débattait dans les rideaux
Le soleil rampait sur le sol
j’étais loin de moi

maintenant
j’ai regardé la vie de ton côté
et j’ai tout détruit pour t’aimer
je t’aime
j’aime pour la première fois
je t’aime

ta jupe te serre la taille, abat-jour d’une lampe
les passants
veulent savoir qui tu es

qui es-tu ?

ivre de danse tu lançais tes bras aussi haut que tes
jambes
poisson de feu

silencieuse
tes yeux se ferment doucement sur les objets
avant de leur donner un nom

mon corps est l’asile du tien
il s’élève inconnu jusqu’à toi

mais tu es aussi grande que mon amour
et ton sourire se déchire au niveau de mes lèvres

je te connais
pour t’avoir rêvée mille fois
sous les feuilles de la forêt
dans ce monde
où l’air et l’eau ne pèsent pas

je t’aime
parce que tu as eu vingt ans à minuit dans mes bras.

(Jean Breton)

 

Recueil: L’amour et l’amitié en poésie
Traduction:
Editions: Folio Junior

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Je guette un bruit (Robert Guiette)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2020



Je guette un bruit
qui me sauve
d’attendre

La signature
d’un être

(Robert Guiette)

Illustration: Alexandra Kirievskaya

 

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Retouche à l’âge (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020



 

Retouche à l’âge

enfance forêt
il n’y a plus qu’un arbre
la hache et la lumière en ortie
les jours font un bruit de cailloux

un souvenir parfois rassemble ses oiseaux

(Daniel Boulanger)

Illustration

 

 

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RÉPANDU SUR LE PLANCHER (Zisho Landau)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2020




    
RÉPANDU SUR LE PLANCHER

J’ai répandu sur le plancher
Un peu d’alcool, et en silence
J’ai allumé sur le plancher
Ce peu d’alcool, et en silence
L’alcool aisément a brûlé
Aisément et calme a brûlé…

Tel au mur le bruit d’un grillon
En moi frappe et frappe un démon:
« En glaçon te changeront
Bientôt tes tremblantes mains. »
Si je réchauffe ma main droite
Gèle aussitôt ma main gauche,
Si je réchauffe ma main gauche
Gèle aussitôt ma main droite.

Et le démon, tel un grillon,
Frappe en silence, monotone,
«Comme tu es froid et vieux
Qui pourrait te réchauffer ?
Et bientôt s’éteint le feu –
Qui pourrait te réchauffer?
Tant qu’il en est temps encore
Étends vers le feu ton corps. »

Je m’étends, s’il en est temps,
Vers le feu, sur le plancher.
Je me chauffe et me réchauffe.
Si je chauffe mon côté gauche
Se glace mon côté droit,
Si je chauffe mon côté droit
Se glace mon côté gauche
Et le démon, tel un grillon,
Frappe sans fin le silence.

(Zisho Landau)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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À DEVENIR SOURD (Leib Kvitko)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2020




Illustration: ArbreaPhotos … Oradour
    
À DEVENIR SOURD

À devenir sourd
J’affinai mon ouïe.
Jusqu’à être aveugle
J’aiguisai ma vue,
Avec une acuité morbide,
Évaluant tout chuchotement
Pour le livrer totalement
À mon âme endolorie,
À ma chair brûlante,
Cherchant où se cacher
Tourbillonnent en moi
Tous les bruits et toutes les ombres,
Croissent en moi, fructifient,
Enfouis profondément dans mon fiel et mon sang.
Alors qui veut, quel bruit
Quel coup,
Celui du massacre des jeunes gens
Sur les toits de chaume ?
Celui sauvagement qui hurle et qui s’échappe
Des lits comblés ?
Chaque chose à son heure :
Tout, de mes ennemis, jour et nuit
Vit en moi.

(Leib Kvitko)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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