Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘brûlante’

Les doigts (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018



à la limite de l’arc
(vibration immobile de l’attente)
le souffle
dont commence le tremblement

spasme de la tension rompue
prolongé
par la corde brûlante
de la respiration

l’air
dans l’émiettement du cri
vers l’unique cible
de la chute

les doigts
détendus du poème
caressant le bois souple du langage

(Werner Lambersy)


Illustration: Rodin

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Je ne t’ai pas perdu, hideux instant (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2018



 

Hans Christiansen  _4

Je ne t’ai pas perdu, hideux instant,
comme je le croyais; non !
Près de moi voici les fleurs vénéneuses
que fit s’épanouir en moi la passion,
enracinées en mon sang convulsé,
si belles dans leur brûlante tristesse!
Les voici, les voici et me faisant pleurer,
je ne sais pas si c’est de les avoir faites,
ou de les avoir faites, hélas, si belles !

***

¡No te he perdido, instante feo,
como creía; no!
Aquí tengo las flores venenosas
que me abrió la pasión, con raíz en mi sangre
convulsiva,
¡tan bellas en su cálida tristeza!
¡Aquí están, aquí están, haciéndome llorar,
no sé si por haberlas hecho,
o por haberlas hecho ¡ay! tan bellas!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration

 

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Chercher un lieu (Teresa Rita Lopes)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



Chercher
un lieu
pour libérer
de la chaleur
pour exister
y être
avoir du poids

Sentir
souffrir
la plaie
brûlante
la liberté
la solitude
du cordon ombilical
coupé

***

Procurar
um sîtio
para libertar
calor
para existir
estar
ter peso

Sentir
doer
arder
a ferida
a liberdade
a solidâo
do cordâo umbilical
cortado

(Teresa Rita Lopes)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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Comme l’ange (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2017



 

Comme l’ange qui agitait l’eau,
Tu m’as regardée au visage,
Tu m’as rendu force et liberté,
En souvenir de la merveille tu as pris ma bague.
Ma rougeur brûlante, maladive,
Un chagrin pieux l’a effacée;
Je me rappellerai ce mois de tempêtes,
Ce février du nord, tout bouleversé.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Adolphe La Lyre

 

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Un morceau de bois échoué au pied de la dune (Ishikawa Takuboku)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2017



 

Un morceau de bois échoué au pied de la dune
Un coup d’oeil alentour
j’essaie de lui dire quelques mots

Comme le pauvre chant de cet insecte
on ne sait où
ce jour encore sans réconfort

Comme les joues brûlantes contre la neige
délicatement rassemblée
j’aimerais aimer

Sans raison
l’envie de courir à travers les prés
à bout de souffle

Mon ami, ne sois pas dégoûté
par les mendiants
J’étais comme eux quand j’avais faim

Il ne se passe rien
je prends aisément du poids
certainement quelque chose me manque

(Ishikawa Takuboku)

Découvert ici chez Lecture/Ecriture

Illustration

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Toi qu’empourprait l’âtre d’hiver comme une rouge nue (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2017



Toi qu’empourprait l’âtre d’hiver
Comme une rouge nue
Où déjà te dessinait nue
L’arôme de ta chair;

Ni vous, dont l’image ancienne
Captive encor mon coeur,
Île voilée, ombres en fleurs,
Nuit océanienne;

Non plus ton parfum, violier,
Sous la main qui t’arrose,
Ne valent la brûlante rose
Que midi fait plier.

(Paul-Jean Toulet)

Illustration: Pascal Renoux

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Le bonheur d’un arbre (Jean-Vincent Verdonnet)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2017



Le bonheur d’un arbre distille
son chemin distrait dans l’air
et sur lui se referment
les couleurs de l’irréel
que le jour impatient décime

La clémence brise sa bogue
et qu’exalte le paysage
les gestes tramés d’un aura friable

puisse s’ouvrir enfin l’éden
aux ailes dont se fane la ferveur
d’une trop brûlante espérance
par l’orage partagée

(Jean-Vincent Verdonnet)

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La brûlante rose (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2016



 

… la brûlante rose
Que midi fait plier.

(Paul-Jean Toulet)

 

 

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Ce poème était si beau (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2016




Ce poème était si beau
qu’arrivé à la fin de ma lecture
j’ai eu envie de remercier son auteur.
Mais comment remercier un mort?
L’essentiel, personne ne nous l’apprend.
Je me suis contenté de lever la tête de la page
et de regarder en souriant la fenêtre brûlante de nuit.

(Christian Bobin)

Illustration: Madeleine Lesage

 

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Après les plus vieux vertiges (Hector de Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2016



Après les plus vieux vertiges

Après les plus vieux vertiges
Après les plus longues pentes
Et les plus lents poisons
Ton lit certain comme la tombe
Un jour à midi
S’ouvrait à nos corps faiblis sur les plages
Ainsi que la mer.

Après les plus lentes venues
Les caresses les plus brûlantes
Après ton corps une colonne
Bien claire et parfaitement dure
Mon corps une rivière étendue
et dressé pur jusqu’au bord de l’eau

Entre nous le bonheur indicible
D’une distance
Après la clarté du marbre
Les premiers gestes de nos cris
Et soudain le poids du sang
S’écroule en nous comme un naufrage
Le poids du feu s’abat sur notre coeur perdu

Après le dernier soupir
Et le feu a chaviré l’ombre sur la terre
Les amarres de nos bras se détachent
pour un voyage mortel
Les liens de nos étreintes tombent d’eux-mêmes
et s’en vont à la dérive sur notre couche
Qui s’étend maintenant comme un désert
Tous les habitants sont morts
Où nos yeux pâlis ne rencontrent plus rien
Nos yeux crevés aux prunelles de notre désir
Avec notre amour évanoui comme une ombre
intolérable
Et nous sentions notre isolement s’élever
comme un mur impossible

Sous le ciel rouge de mes paupières
Les montagnes
Sont des compagnes de mes bras
Et les forêts qui brûlent dans l’ombre
Et les animaux sauvages
Passant aux griffes de tes doigts
Ô mes dents
Et toute la terre mourante étreinte

Puis le sang couvrant la terre
Et les secrets brûlés vifs
Et tous les mystères déchirés
Jusqu’au dernier cri la nuit est rendue

C’est alors qu’elle est venue
Chaque fois
C’est alors qu’elle passait en moi
Chaque fois
Portant mon coeur sur sa tête
Comme une urne restée claire.

(Hector de Saint-Denys Garneau)

Illustration

 

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