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Poésie

Posts Tagged ‘brûlée’

Ne me quitte pas (Jacques Brel)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018



Ne me quitte pas
Il faut oublier
Tout peut s’oublier
Qui s’enfuit déjà
Oublier le temps
Des malentendus
Et le temps perdu
A savoir comment
Oublier ces heures
Qui tuaient parfois
A coups de pourquoi
Le cœur du bonheur
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Moi je t’offrirai
Des perles de pluie
Venues de pays
Où il ne pleut pas
Je creuserai la terre
Jusqu’après ma mort
Pour couvrir ton corps
D’or et de lumière
Je ferai un domaine
Où l’amour sera roi
Où l’amour sera loi
Où tu seras reine
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Ne me quitte pas
Je t’inventerai
Des mots insensés
Que tu comprendras
Je te parlerai
De ces amants-là
Qui ont vu deux fois
Leurs cœurs s’embraser
Je te raconterai
L’histoire de ce roi
Mort de n’avoir pas
Pu te rencontrer
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

On a vu souvent
Rejaillir le feu
De l’ancien volcan
Qu’on croyait trop vieux
Il est paraît-il
Des terres brûlées
Donnant plus de blé
Qu’un meilleur avril
Et quand vient le soir
Pour qu’un ciel flamboie
Le rouge et le noir
Ne s’épousent-ils pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Ne me quitte pas
Je n’vais plus pleurer
Je n’vais plus parler
Je me cacherai là
A te regarder
Danser et sourire
Et à t’écouter
Chanter et puis rire
Laisse-moi devenir
L’ombre de ton ombre
L’ombre de ta main
L’ombre de ton chien
Mais
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas.

(Jacques Brel)

Illustration: Zhaoming Wu

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L’homme au cœur blessé (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017



 

Pablo Picasso - The Old Guitarist (1903) 00

L’homme au cœur blessé

Jour après jour, les jours s´en vont,
Laissant la vie à l´abandon.

Dans le jardin de l´homme au cœur blessé,
L´herbe est brûlée. Pas une fleur.
Sur l´arbre mort, plus rien ne peut pousser.
Rien que les fruits de sa douleur.

Les quatre murs de sa maison
N´abritent que l´absence
Où sont partis les compagnons
Avec leurs rires et leurs chansons?
Où sont partis les compagnons
Avec leurs rires et leurs chansons?

Parfois, des larmes viennent abreuver
L´herbe brûlée du souvenir
Mais quel soleil pourra-t-il réchauffer
Les jours enfuis ou à venir?

Les quatre murs de sa maison
N´abritent que l´absence
Où sont partis les compagnons
Avec leurs rires et leurs chansons?
Où sont partis les compagnons
Avec leurs rires et leurs chansons?

Jour après jour, les jours s´en vont,
Laissant la vie à l´abandon.

(Georges Moustaki)

Illustration: Pablo Picasso

 

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L’arbre (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2017



L’arbre le voici dans la pierre pure,
dans l’évidence et la dure beauté
bâtie pour cent millions d’années.

Agate, cornaline et luminaire
ont remplacé les sèves et le bois
et un jour le tronc du géant
a rejeté l’humide pourriture
et fondu en lui parallèle une statue:
le feuillage vivant
s’est dispersé
et une fois tombée la verticalité,
et brûlée la forêt, la poussière de feu,
cendre céleste, l’a enveloppé
jusqu’au moment où temps et lave lui ont remis
un prix de pierre transparente.

(Pablo Neruda)


Illustration

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Petite chanson pour l’eau transparente (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2016



Un géant cueille l’étoile.
Il a les mains brûlées.

Un nain pêche l’étoile.
Il a les mains glacées.

Ils se tournent le dos
jusqu’au matin;

car l’un allume l’eau
quand l’autre l’éteint.

(Edmond Jabès)

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Jardin de l’attente (Marianne Dubois)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2016




Jardin de l’attente

Pour vivre ce Moment
J’attendrai dix mille ans
J’attendrai que l’océan se vide
Et que la terre explose

Pour vivre ce Moment
J’attendrai dans le sillon
De mon rêve
Que délire l’éternité

Si le temps se brise
Si les heures chavirent
Si mon rêve est trop grand
Et que le mur de ma raison
Ne puisse le contenir
Dans la démence ou l’ouragan
Je vivrai ce Moment

Brûlée jusqu’au sang
Par l’étreinte nue
D’un soleil de légende
Comblée par l’ivresse infinie
Je vivrai ce Moment

(Marianne Dubois)

Illustration: Loetitia Pillault

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