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Posts Tagged ‘brûlure’

TU DAMNES PAR LES IMAGES (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2019



Illustration: Jean-Jacques Henner
    
TU DAMNES PAR LES IMAGES

Pourquoi les apparences passent-elles?

Si je te touche, belle, tu glaces d’horreur,
Tu montres l’idée nue et, plus cruelle,
Avant que rien m’ait détrompé,
Déjà tu m’as lié à d’autres peines.
Pourquoi crées-tu, pensée, en corrompant?

Pourquoi persévéré-je à t’écouter?

Quel éternel secret
Me hantera toujours en toi?

Je te traque, je te recherche,
Je regravis la pente, sans répit,
Et toujours, inlassable en la tempête
Ou désarmant les rocs,
Tu damnes par les images.

Silences frémissants, élans infinis,
Courses, brûlures jalouses, faux pas,
Rires, tourments, frissons, lèvres inquiètes,
Délirante clameur,
Abandon écumant,
Impérieuse gloire,
Solitude sans nombre,

Votre lumière, je le sais, n’est pas la vraie,

Mais vivrait-on sans tes métamorphoses,
Faute heureuse?

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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À chevaucher dans la brûlure (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2019



Illustration
    
À chevaucher dans la brûlure

À chevaucher dans la brûlure comme de la viande perdue
à tenir bride sans réponse les yeux saignés par l’horizon
à se sentir entre deux tranches de sable
à fourbir nos nuits
à rejoindre

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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La brûlure du bruit (René Char)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2019



La brûlure du bruit.
Louée soit la neige qui parvient
à en éteindre la cuisson.

(René Char)

Illustration

 

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Quelque chose (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2019



Illustration: Benoit Colsenet
    
Quelque chose

Il y a quelque chose en lui
d’un enfant mort
qui se battrait
avec un vieux chat

quelque chose de poussière et de cendre
de murmure et d’oubli

il y a quelque chose en lui
qui chante
comme un Indien qui s’en va

quelque chose
de la bête qui fuit
de l’ironie du ciel
d’une petite brûlure

quelque chose
d’un méandre qui gonfle
d’un complot qui s’ourdit
d’une tempête perdue
dans les yeux d’une fille

quelque chose de tendre
qui crie

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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Par l’appel souriant de sa claire étendue (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2019



 

Par l’appel souriant de sa claire étendue
Et les feux agités de ses miroirs dansants,
La mer, magicienne éblouissante et nue,
Eveille aux grands espoirs les meurs adolescents.

Pour tenter de la fuir leur effort est stérile ;
Les moins aventureux deviennent ses amants,
Et, dès lors, un regret éternel les exile,
Car l’on ne guérit point de ses embrassements.

C’est elle, la première, en ouvrant sa ceinture
D’écume, qui m’offrit son amour dangereux
Dont mon âme a gardé pour toujours la brûlure
Et dont j’ai conservé le reflet dans mes yeux.

(Jean de la Ville de Mirmont)

Illustration: William Bouguereau

 

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Sa brûlure (Sarah Friedland Ben-Arza)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2019



Sa brûlure

Sa brûlure j’ai essayé de la nier
mais j’étais pour elle une proie trop facile.
Avant même d’avoir été conçue,
affamée, des briques la question me guettait.
Et je tente trop tard une deuxième fois, puis une troisième fois
de voiler ou d’émietter ou de dissoudre
avec des outils inadéquats
et brisés
la Question qui est ma place.

(Sarah Friedland Ben-Arza)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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Que de fois, amour, t’ai-je aimée sans te voir (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



Que de fois, amour, t’ai-je aimée sans te voir, sans souvenir même,
sans reconnaître ton regard, sans te regarder, centauresse,
en des régions hostiles, et sous la brûlure du midi :
tu étais seulement le parfum des céréales que j’aime.

Peut-être en passant t’ai-je vue, imaginée levant un verre
à Angol, dans la lumière de la lune au mois de juin,
ou bien peut-être étais-tu la ceinture de cette guitare
dont j’ai joué dans les ténèbres et qui sonna, mer furieuse.

Je t’ai aimée, je ne l’ai pas su et j’ai cherché ta mémoire.
Maisons vides : lampe en main j’y entrai pour voler ton portrait.
Mais moi je savais déjà comment tu étais. Et tout d’un coup

tu venais avec moi, je t’ai touchée et ma vie s’arrêta :
tu étais en face de moi, régnant en moi, et tu y règnes.
Comme un bûcher allumé dans les bois c’est le feu qui est ton royaume.

***

Cuántas veces, amor, te amé sin verte y tal vez sin recuerdo,
sin reconocer tu mirada, sin mirarte, centaura,
en regiones contrarias, en un mediodía quemante
era sólo el aroma de los cereales que amo.

Tal vez te vi, te supuse al pasar levantando una copa
en Angol, a la luz de la luna de junio,
o eras tú la cintura de aquella guitarra
que toqué en las tinieblas y sonó como el mar desmedido.

Te amé sin que yo lo supiera, y busqué tu memori
En las casas vacías entré con linterna a robar tu retrato.
Pero yo ya sabía cómo eras. De pronto

mientras ibas conmigo te toqué y se detuvo mi vida :
frente a mis ojos estabas, reinándome, y reinas.
Como hoguera en los bosques el fuego es tu reino.

(Pablo Neruda)

Illustration

 

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Formes (Alain Suied)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2019



Illustration: Josephine Wall
    
Formes

Pourquoi sommes-nous une forme ?

Et les objets —
sont-ils piégés
dans une forme
à jamais ?

Ou voguent-ils
dans plusieurs dimensions

selon le regard

selon le moment

selon les vagues de matière
qui les ont composés ?

Pourquoi sommes-nous une forme
passagère ?

Un cri de la matière
ou le souvenir
de la première lueur du vivant ?

Étincelle et miracle

feu et brûlure
forme en dérive

sur l’océan des univers ?

(Alain Suied)

 

Recueil: Sur le seuil invisible
Traduction:
Editions: Arfuyen

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L’instant rivalise avec l’attente (Laurine Rousselet)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2019




    
l’instant rivalise avec l’attente
l’halètement de la lumière
par son air absent obsède
l’amour ne tarit pas de brûlures
la fouille au corps est
la trahison du vivant

(Laurine Rousselet)

 

Recueil: Journal de l’attente
Traduction:
Editions: Isabelle Sauvage

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Sous la pierre du Poème (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019




    
Sous la pierre du Poème
Tremble un vide ardent
Brûlure d’enfance

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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