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Poésie

Posts Tagged ‘brusquement’

En pleine nuit brusquement je m’éveille (Ishikawa Takuboku)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2020




    
En pleine nuit brusquement je m’éveille,
sans raison j’ai envie de pleurer, et de la
couette je me recouvre la tête.

***

(Ishikawa Takuboku)

 

Recueil: Le jouet triste
Traduction: Jérôme Barbosa et Alain Gouvret
Editions: Arfuyen

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Je me rappelle fort bien une autre jeune fille (Hugo von Hofmannsthal)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2020



    

Je me rappelle fort bien une autre jeune fille
[…]
Mais il me paraît si invraisemblable
que j’aie pu être cette petite Resi
et que je serai un jour une vieille femme.
[…]
Comment ces choses-là arrivent-elles ?
Comment le bon Dieu peut-Il faire cela ?
Alors que moi, je reste toujours la même.
Et s’il faut qu’il agisse ainsi, pourquoi me laisse-t-Il le voir en spectatrice,
avec une aussi nette perception ? Pourquoi ne me le cache-t-Il pas ?
Tout cela est mystérieux, si profondément mystérieux
[…]
Je suis d’une humeur où je ressens très fortement
la fragilité de toutes les choses de ce monde.
Je sens jusqu’au fond du coeur, que l’on ne doit rien garder,
que l’on ne peut rien saisir, que tout nous coule entre les doigts,
que tout ce que nous cherchons à prendre se dissout,
que tout s’évanouit comme une vapeur ou un rêve.
[…]
Le temps, c’est une chose étrange.
Tant qu’on se laisse vivre, il ne signifie absolument rien du tout.
Et puis, brusquement,
on n’est plus conscient de rien d’autre.
Il est tout autour de nous. Il est même en nous.
Il ruisselle sur nos visages, il ruisselle sur le miroir,
il coule entre mes tempes.
Et, entre toi et moi,
il coule encore, sans bruit, comme un sablier.
Oh, Quinquin ! Parfois, je l’entends qui coule— irrémédiablement.
Parfois, je me lève, au milieu de la nuit
et j’arrête toutes les pendules, toutes.

(Hugo von Hofmannsthal)

    

Recueil: Le chevalier à la rose
Traduction:
Editions:

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Le vent du soir (Francis Carco)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2020



 

Charles Guilloux  _Paysage-2

Le vent du soir

Le vent du soir berce ma peine.
De molles branches, doucement
Balancées, frémissent à peine
Sous un souffle lent et clément.

Le ciel mouvant tourne et s’abaisse
Et, brusquement, voici la nuit.
J’entends glisser , entre les haies,
La fraîcheur vive de la pluie.

Et par dessus le mur, je vois –
Horizon calme – de confuses
Prairies mouillées, mêlées, fondues
Dans les brouillards blêmes et froids.

(Francis Carco)

Illustration: Charles Guilloux

 

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Forêt (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019




    
Forêt

Dans la forêt après la pluie
les arbres brusquement
secouent leurs idées noires
en flaques flasques
sur nos épaules

Parvenus à la lisière
les premières semailles d’automne
brillent vert vif
et le ciel essaie
un arc-en-ciel tout neuf
qui va à merveille
à son gris clair

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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Quelle bonne farce! (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



Brusquement,
un jour d’été,
les démons ôteront leur masque et,
désignant vingt millions de cadavres alignés,
éclateront de rire:
« Hein! quelle bonne farce! »

Aussitôt les vrais hommes
remonteront au grand jour.
Même ceux qui sont morts.
Ils parleront droit et juste,
à haute voix.
Alors il y aura de nouveau
des arbres, des pierres, des fleuves.

Tu longeras un mur:
il te répondra gentiment.
Tu prendras une branche, elle te dira:
« Je t’aime »,
tu pourras la serrer sur ton coeur.

(Jean Tardieu)


Illustration: Josephine Wall

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UN POÈTE REGARDE LA LUNE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



Illustration: Hiramatsu Reiji
    
UN POÈTE REGARDE LA LUNE
Tchan-Jo-Su

De mon jardin, j’entends chanter une femme,
mais malgré moi je regarde la lune.

Je n’ai jamais pensé à rencontrer la femme, qui chante dans le jardin voisin,
mon regard suit toujours la lune, dans le ciel.

Je crois que la lune me regarde aussi,
car un long rayon d’argent arrive jusqu’à mes yeux.

Les chauves-souris le traversent, de temps en temps,
et me font brusquement baisser les paupières ;

mais lorsque je les relève,
je vois le regard d’argent, toujours dardé sur moi.

La lune se mire dans les yeux des poètes
comme dans les écailles brillantes des dragons, ces poètes de la mer.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Cire ou miel ou eau (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



Illustration: Marie-Hélène Stokkink
    
Cire ou miel ou eau
très douce mais ferme
quand la source qui dort,
brusquement caressée,
jette en avant semence
à l’air libre, et le corps
s’assoupit tout à coup.

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Dormir sept ans
Traduction:
Editions: De la Différence

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L’OISEAU DE FEU AUX FLAMMÈCHES (Hwang Ji-u)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2018




    
L’OISEAU DE FEU AUX FLAMMÈCHES

J’ai hurlé au milieu du feu
A l’aide!
Je veux vivre
Pardonnez-moi une seule fois
Je ne suis pas mort dans le feu et j’ai pleuré

Ce que je ne peux plus supporter
Ce que je ne peux plus vénérer
Je l’ai bien
Reconnu
J’ai agité brusquement les ailes.

En me cognant les ailes à un au-delà du monde
une voix qui m’appelait
Je l’ai entendue. Je
M’anéantirai
Je l’ai promis.

En tombant en tas de cendres
Dans le tas de cendres
Ne pas renaître en chair
Ne pas naître encore
Vase d’argile sur le point de se briser

En repliant mes ailes moi,
Vers la mer d’aurore

Vers le pays du matin où je rêve de voler
J’ai reposé ma tête
Vers une fenêtre haute qui attend quelques heures
le lever du soleil.

(Hwang Ji-u)

 

Recueil: DE L’HIVER-DE-L’ARBRE AU PRINTEMPS-DE-L’ARBRE Cent poèmes __..
Traduction: Kim Bona
Editions: William Blake & co

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POÈME DE LA LUNE (Max Jacob)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2018




    
POÈME DE LA LUNE

Il y a sur la nuit trois champignons qui sont la lune.
Aussi brusquement que chante le coucou d’une horloge,
ils se disposent autrement à minuit chaque mois.
Il y a dans le jardin des fleurs rares
qui sont de petits hommes couchés
et qui s’éveillent tous les matins.
Il y a dans ma chambre obscure une navette lumineuse qui rôde,
puis deux… des aérostats phosphorescents,
c’est les reflets d’un miroir.
Il y a dans ma tête une abeille qui parle.

(Max Jacob)

 

Recueil: Le Cornet à dés
Traduction:
Editions: Gallimard

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Brusquement l’après-midi s’est éclaircie (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2018



 


Brusquement l’après-midi s’est éclaircie
parce que tombe déjà la pluie minutieuse.
Elle tombe et elle est tombée. La pluie est une chose
qui sans doute succède au passé.

Qui l’entend tomber a recouvré
le temps où la chance heureuse
lui a révélé une fleur appelée rose
et la curieuse couleur du colorado.

Cette pluie qui aveugle les vitres
réjouira dans des faubourgs perdus
les noirs raisins d’une vigne dans un certain
patio qui n’existe déjà plus. L’après-midi
mouillée m’apporte la voix, la voix désirée,
de mon père qui revient et qui n’est pas mort.

(Jorge Luis Borges)

Illustration retirée sur demande de l’artiste

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