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Poésie

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Méditation grisâtre (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2019



Méditation grisâtre

Sous le ciel pluvieux noyé de brumes sales,
Devant l’Océan blême, assis sur un îlot,
Seul, loin de tout, je songe, au clapotis du flot,
Dans le concert hurlant des mourantes rafales.

Crinière échevelée ainsi que des cavales,
Les vagues se tordant arrivent au galop
Et croulent à mes pieds avec de longs sanglots
Qu’emporte la tourmente aux haleines brutales.

Partout le grand ciel gris, le brouillard et la mer,
Rien que l’affolement des vents balayant l’air.
Plus d’heures, plus d’humains, et solitaire, morne,

Je reste là, perdu dans l’horizon lointain
Et songe que l’Espace est sans borne, sans borne,
Et que le Temps n’aura jamais… jamais de fin.

(Jules Laforgue)

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Fumée et odeur d’un feu de bois (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2018



Fumée et odeur
d’un feu de bois
dans le brouillard
d’automne

apparaît
soudain
l’enfant
que je fus

brutale
foudroyante
conscience
des années
qui ont fui

(Charles Juliet)

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La Muse (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017



    
La Muse

Comment vivre avec ce fardeau
Qu’on ose encore appeler «Muse»?
On dit: «Tu la rencontres dans les champs…»
On dit: «C’est un balbutiement divin…»
Elle te prend, plus brutale que la fièvre,
Puis, pendant toute une année, rien, non, rien.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Carolus Duran

 

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Méditation grisâtre (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2016



Méditation grisâtre

Sous le ciel pluvieux noyé de brumes sales,
Devant l’Océan blême, assis sur un îlot,
Seul, loin de tout, je songe, au clapotis du flot,
Dans le concert hurlant des mourantes rafales.

Crinière échevelée ainsi que des cavales,
Les vagues se tordant arrivent au galop
Et croulent à mes pieds avec de longs sanglots
Qu’emporte la tourmente aux haleines brutales.

Partout le grand ciel gris, le brouillard et la mer,
Rien que l’affolement des vents balayant l’air.
Plus d’heures, plus d’humains, et solitaire, morne,

Je reste là, perdu dans l’horizon lointain
Et songe que l’Espace est sans borne, sans borne,
Et que le Temps n’aura jamais… jamais de fin.

(Jules Laforgue)


Illustration

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