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La vache (Sergueï Essénine)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2018



    

La vache

Vieille, avec sa bouche édentée,
Les ans enroulés à ses cornes.
Sur la route qui mène aux champs,
Le vacher la brutalisait.

Son coeur est sourd à tout chahut :
Les souris grattent dans un coin.
Elle pense — son âme est triste —
Aux pattes blanches de son veau.

Plus de fils pour cette mère.
Première joie : nul profit.
Sur un pieu dessous le tremble,
Sa peau ondule à la brise.

Et dans le champ de sarrasin,
Avec son fils même destin,
On jettera un licol à son cou
Et on la conduira pour l’abattage.

Plaintive et triste et décharnée,
Cornes seront fichées en terre…
Elle rêve d’un blanc bocage,
D’un beau et riche tapis d’herbe.

***

(Sergueï Essénine)

 

Recueil: Poèmes 1910-1925
Traduction:
Editions: La Barque

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Désir divin (Lydie Dattas)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2016


désir

Lorsque mon coeur battait presque trop purement,
le ciel a désiré connaître mon amour.
La nuit a refusé de me laisser partir,
le bonheur s’est jeté brutalement sur moi.
Le bonheur m’a aimée irréparablement:
la beauté de ton coeur éclairait les étoiles,
le lilas empoignait mon coeur de son parfum,
mon coeur brutalisé par la beauté des roses
et mon âme atterrée par la beauté des anges.
Les lys blancs sont sortis indemnes de la nuit.
Ton coeur continuait son merveilleux travail,
lorsque j’ai éprouvé le doux bonheur des roses.
Je ne regrette pas d’avoir été heureuse,
puisque la vérité est la volupté pure.
Mais puisque j’ai été intime avec le ciel,
mon coeur a retrouvé ce qu’il aimait vraiment,
mon coeur qui jamais plus ne battra aussi fort.

(Lydie Dattas)

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