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Poésie

Posts Tagged ‘bûcheron’

Chanson POÉSIE (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2020



Illustration
    
Chanson POÉSIE

Les hirondelles sont parties.
Le brin d’herbe a froid sur les toits ;
Il pleut sur les touffes d’orties.
Bon bûcheron, coupe du bois.

Les hirondelles sont parties.
L’air est dur, le logis est bon.
Il pleut sur les touffes d’orties.
Bon charbonnier, fais du charbon.

Les hirondelles sont parties.
L’été fuit à pas inégaux ;
Il pleut sur les touffes d’orties.
Bon fagotier, fais des fagots ;

Les hirondelles sont parties.
Bonjour, hiver ! bonsoir, ciel bleu !
Il pleut sur les touffes d’orties.
Vous qui mourez, faites du feu.

Les hirondelles sont parties.
Givre la nuit, bise le jour.
Il pleut sur les touffes d’orties.
Vous qui vivez, faites l’amour.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Les rayons et les ombres
Traduction:
Editions: Bayard Jeunesse

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LES EAUX ET LES FORÊTS (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2020



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LES EAUX ET LES FORÊTS

I
La clarté de ces bois en mars est irréelle,
tout est encor si frais qu’à peine insiste-t-elle.
Les oiseaux ne sont pas nombreux; tout juste si,
très loin, où l’aubépine éclaire les taillis,
le coucou chante. On voit scintiller des fumées
qui emportent ce qu’on brûla d’une journée,
la feuille morte sert les vivantes couronnes
et suivant la leçon des plus mauvais chemins,
sous les ronces, on rejoint le nid de l’anémone,
claire et commune comme l’étoile du matin.

II
Quand même je saurais le réseau de mes nerfs
aussi précaire que la toile d’araignée,
je n’en louerais pas moins ces merveilles de vert,
ces colonnes, même choisies pour la cognée,
et ces chevaux de bûcherons… Ma confiance
devrait s’étendre un jour à la hache, à l’éclair,
si la beauté de mars n’est que l’obéissance
du merle et de la violette, par temps clair.

III
Le dimanche peuple les bois d’enfants qui geignent,
de femmes vieillissantes; un garçon sur deux saigne
au genou, et l’on rentre avec des mouchoirs gris,
laissant de vieux papiers près de l’étang… Les cris
s’éloignent avec la lumière. Sous les charmes,
une fille retend sa jupe à chaque alarme,
l’air harassé. Toute douceur, celle de l’air
ou de l’amour, a la cruauté pour revers,
tout beau dimanche a sa rançon, comme les fêtes
ces taches sur la table où le jour nous inquiète.

IV
Toute autre inquiétude est encore futile,
je ne marcherai pas longtemps dans ces forêts,
et la parole n’est ni plus ni moins utile
que ces chatons de saule en terrain de marais :
peu importe qu’ils tombent en poussière s’ils brillent,
bien d’autres marcheront dans ces bois qui mourront,
peu importe que la beauté tombe pourrie,
puisqu’elle semble en la totale soumission.

(Philippe Jaccottet)

Illustration: Nicholas Hely Hutchinson

 

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PERPLEXITÉ (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2019




    
PERPLEXITÉ

En sortant de sa cabane
le bûcheron se demande
s’il ne va pas neiger

pas un nuage
le bûcheron regarde le thermomètre
il fait trente-trois degrés

pas une brise
le bûcheron regarde le calendrier
on est le quatorze juillet

pas un souffle
le bûcheron suce son index
et le tend vers le ciel

le soleil fleurit
inondant la clairière

de ses étincelles
on ne saurait trop se méfier
le bûcheron se demande
s’il ne va pas neiger

(Raymond Queneau)

 

Recueil: Le rire en poésie
Traduction:
Editions: Gallimard

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Berceuse (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019



Illustration: Ferdinand Hodler

 

Berceuse

Bien loin d’ici, au fond des bois immenses,
Au bord des rivières bleues,
Vivait avec ses fils dans une humble chaumière
Un pauvre bûcheron.

Le plus jeune était grand comme un pouce, —
Comment te bercer,
Dors mon bébé, dors mon petit,
Je suis mauvaise mère.

Les nouvelles sont rares
Sur notre seuil,
Ils ont donné une petite croix blanche
À ton papa.

Peine derrière, peine devant,
Sans fin, la peine,
Prions saint Georges
Pour ton père.

(Anna Akhmatova)

Titre: L’églantier fleurit et autres poèmes
Traduction: Marion Graf et José-Flore Tappy
Editions: La Dogana

 

 

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Le silence de la mousse (Luciano Erba)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



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Le silence de la mousse

Je compris que j’étais arrivé là où il fallait
sur les parois, et non sur le sol seul, régnait la mousse
c’était une grotte ouverte protégée
des blasphèmes sylvestres des bûcherons
un espace à mi-côte
l’ébauche d’une encoche
et qui n’avait plus rien à dire
une antre privée de sibylle
rien qu’un peu de mousse et quelque goutte dernière.

***

Il silenzio del muschio

Capii d’essere giunto al posto giusto
aile pareti, non solo al suolo, regnava il
muschio
era una grotta d’aria, protetta
dalle silvestri bestemmie dei boscaioli
uno spazio di mezzo sul costone
una rientranza rimasta agli inizi
che non aveva più nulla da dire,
un antro senza sibilla
soltanto muschio e qualche ultima stilla.

(Luciano Erba)

Illustration

 

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Je suis dans le train (Alexandre Romanès)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2019



Illustration: Mathurin Méheut
    
Je suis dans le train, on traverse les Vosges.
De l’homme assis en face de moi
se dégage un parfum extraordinaire.
Je n’ai jamais rien senti d’aussi bon.
J’engage la conversation
et je lui demande ce qu’il fait.
« Je suis bûcheron. »
Ce parfum, c’était les arbres.

(Alexandre Romanès)

 

Recueil: Un peuple de promeneurs histoires tziganes
Traduction:
Editions: Gallimard

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REGARDER LA NEIGE (Jia Dao)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2018



REGARDER LA NEIGE

La canne à la main je regarde la neige pure
Sur le ruisseau de gros nuages courent
comme de multiples vagues
Un bûcheron rentre à la maison enneigée
Le soleil froid descend derrière le pic escarpé
Le feu brûle les herbes sur la montagne
Des pins s’élève une fumée en spirale
Sur le chemin de retour vers le temple
Me parvient le son de la cloche qui vibre au crépuscule

(Jia Dao)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Si nous avions su cela (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



Illustration: Edward Hopper
    
Si nous avions su cela : que le vent console
bien plus encore qu’il ne frappe – et le coeur
endolori s’endort dans sa main
comme un enfant

tandis que les larmes continuent de couler,
ou c’est la forêt d’un coup qui s’ouvre en deux
pour donner passage au souffle du ciel
et boire à pleine gorge

la lumière toute nue que les bûcherons
cherchent à tâtons comme un nid de silence
au bout des tronçonneuses — si nous avions su
cela, serions-nous restés

si longtemps assis dans l’affliction des chambres ?

(Guy Goffette)

 

Recueil: Tombeau du Capricorne
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ma confiance (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



Quand même je saurais le réseau de mes nerfs
aussi précaire que la toile d’araignée,
je n’en louerais pas moins ces merveilles de vert,
ces colonnes, même choisies pour la cognée,

et ces chevaux de bûcherons… Ma confiance
devrait s’étendre un jour à la hache, à l’éclair,
si la beauté de mars n’est que l’obéissance
du merle et de la violette, par temps clair.

(Philippe Jaccottet)

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Sous les saules (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018



 

oiseau de feu [1280x768]

Sous les saules

L’étrange oiseau dans la cage aux flammes
Je déclare que je suis le bûcheron de la forêt d’acier
que les martes et les loutres sont des jamais connues
l’étrange oiseau qui tord ses ailes et s’illumine
Un feu de Bengale inattendu a charmé ta parole
Quand je te quitte il rougit mes épaules et l’amour
Le quart d’heure vineux mieux vêtu qu’un décor lointain
étire ses bras débiles et fait craquer ses doigts d’albâtre
A la date voulue tout arrivera en transparence
plus fameux que la volière où les plumes se dispersent
Un arbre célèbre se dresse au-dessus du monde avec des
pendus en ses racines profondes vers la terre
c’est ce jour que je choisis
Un flamboyant poignard a tué l’étrange oiseau dans la cage
de flamme et la forêt d’acier vibre en sourdine illuminée par
le feu des mortes giroflées
Dans le taillis je t’ai cachée dans le taillis qui se proclame roi des plaines.

(Robert Desnos)

 

 

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