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Posts Tagged ‘buée’

Je ne demande au bleu… (Marc-Henri Arfeux)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2022



Illustration
    
Je ne demande au bleu…

Je ne demande au bleu de mon absence
Que ce lointain,
Si proche que je le sens frôler ma joue,
Ce peu de songe et de feuillages
En forme de parfum sur un sentier du monde
Où je ne suis que la buée d’un jour
Longtemps porté.

Je ne demande à l’éclosion des heures
Que l’effacement des pas,
La lente fumée du seul silence
Et l’embellie du vide
Pour mieux laisser venir,
Peut-être,
La pure désolation d’un chant
Selon la cendre et la lumière.

(Marc-Henri Arfeux)

 

Recueil: La désir Aux couleurs du poème Anthologie établie par Bruno Doucey et Thierry Renard
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Le promeneur (Paul Nougé)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2022



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Le promeneur

Pierre a beau dire, Marthe ne dit rien.
Elle trace sur la buée le signe de son coeur.
Etienne passe qui le vole, déguisé en promeneur.

(Paul Nougé)

 

 

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Lointaine, la beauté fine (Marc-Henri Arfeux)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2022



Illustration
    
Lointaine, la beauté fine

Lointaine, la beauté fine est ascension,
Roseraie de neige
Formant une maison claire
Sur la fumée du bleu.
Le monde ainsi donné
Rejoint l’enfant de son visage
En un matin,
Et ton regard ouvre les passes
Au plus léger de la lumière.
Le jour alors te reconnaît.
La buée rouge des fleurs,
Un chant, qui tout le jour
Accompagne mes yeux,
Tandis que je traverse,
Avec la brise et l’alouette,
Ce monde abandonné.

Où vont les herbes et les nuages,
Les écheveaux de la lumière,
Le papillon d’après-midi devant la lune,
Et ma figure, baignée de tant de paysages
Versant leurs heures,
De proche en proche vers le plus seul?

Ni moi, ni mon cheval ne le savons.
Dormir d’un seul éclat,
Les yeux ouverts
Au seuil des grands parfums d’étoiles.
Se souvenir de la fascination
De la pivoine
Follement donnée
Aux mains de transparence qui peuplent l’air,
En ce jardin de mai où traverser était un geste d’aube,
Puis s’éveiller
Dans le sourire de la lenteur
Sans fin recommencée
Par les allées d’automne
Où les pétales jamais défaits
Rassemblent un avenir
Ganté d’abeilles et de pollen.

Les yeux, cherchant cet or,
Suivent à distance
La mince nuée de la beauté,
Statue mouvante insaisissable,
Épousant l’air de son absence
Sans fin recommencée.

Traversant les reflets,
Tu marches entre les marbres
Hantés d’amour,
Un bouquet nu à tes paupières,
La bouche fardée de nuit,
Pour mieux offrir Le grain de l’aube
A la pulpe du vent.

(Marc-Henri Arfeux)

 

Recueil: La Beauté Éphéméride poétique pour chanter la vie
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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LES LIMITES DE L’AMOUR (Max-Pol Fouchet)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2022



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LES LIMITES DE L’AMOUR

Il suffit d’un baiser
Pour apprendre l’amour
Et d’un oeil abaissé
Pour connaître la nuit

Il suffit d’un mort
Pour savoir en secret
Les machines de l’oubli
Les pièges du souvenir

Et de sable mouillé
Pour à jamais découvrir
Les industries de la mer
A effacer les pas.

Longuement j’écoute
En toi respirer mon amour
Tu as en toi mon amour
J’ai ton amour en moi

Le plus clair de mon sang
Depuis longtemps passe en toi
Et voici que ton sang
En mes veines afflue

Je te prolonge tu me limites
Ta frontière est en moi
Ta vie se fait de la mienne
Serais-je si tu n’étais pas ?

La buée de nos haleines
C’est au froid du ciel
La preuve de nos sangs mêlés
De nos vies l’une par l’autre

Comme un halo de la lune
Mon souffle entoure le tien
Et sans la rosée de tes lèvres
Je serais sable dans le vent

Quand cessera mon coeur
Le tien cessera de battre
Il faut
bien que tu saches
Que j’emporterai ton coeur

(Max-Pol Fouchet)

Illustration: Adrian Borda

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FOEHN (Jean-Pierre Schlunegger)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2022



FOEHN

Novembre. Un fin crachin, une buée
Têtue, portant l’hiver
Sur la vitre perdue où les raisins, les fées
Transparentes, les vins rêvent d’horizons clairs.

Lavaux. Plus loin, la limite des vignes.
J’y ai passé quand mon père veillait sa mort,
Avant guerre. La même route vers le nord
Et le même brouillard, les mêmes signes.

Est-ce le monde, ce retour d’images brèves ?
Soudain j’ai peur d’être si lourd, si chaud de rêves.

Je suis hanté d’une longue terreur,
Imprégné d’herbe rousse, de fougères, de bois,
Et j’apparais, un peu hagard, à la lisière
Des forêts, noires sous le foehn, comme autrefois,

Pour m’échouer contre la porte familière
Ouverte sur fa nuit : j’y hume le chevreuil
Le doux retour du fils, la flamme, la lumière
Dans les regards heureux. Mais je suis voyageur.

Je dis bonjour, je dis bonsoir, levant mon verre.
La pluie reprend. On a changé les coeurs.
Je revois la forêt, je vois la route immense,
La sente herbeuse où, pâle, je m’enfuis
Sans retour et pourtant jamais sans espérance,
Et joue à joue avec les larmes de la nuit.

(Jean-Pierre Schlunegger)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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N’est-il pas trop tôt pour courir la page (Claudine Bertrand)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2022


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N’est-il pas trop tôt pour courir la page

Le désir est un passant

La peau recueille le sens
comme la vitre la buée

Un chemin roule au bord
du regard incliné

L’amour cherche un corps
pour remplir son abîme

La lumière nimbe une silhouette
puis la mange

Un souffle s’éloigne

(Claudine Bertrand)

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CHANSON (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2021



Une vieille très vieille aimée
Riche de peines
Aux laines usées
A naufragé
Elle tenait des voiles et des cordes
Et du fil

Perdue dans ses buées

Engloutie et ouverte
La vieille goélette
Tenant ses cordelettes

La jeunesse a pleuré
Face aux murailles de la mer
Face aux silences de l’enfer

(Pierre Morhange)


Illustration: Théodore Boulard

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Ecris (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2021


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Ecris sur la buée, le verre,
puis sur la fenêtre ouverte.

(Pierre Dhainaut)

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L’or des bouleaux (Albert Strickler)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2020



L’or des bouleaux
Ruisselle irréversiblement
Dans la lumière de novembre

Le vent qui a tari sa source
Frémit hors des feuilles
Avec un bruit très subtil
De petit bois qui allume le ciel

Ta buée sur la vitre
Forme une grande empreinte digitale
Pour le dieu innommable

(Albert Strickler)


Illustration: Gustav klimt

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Nous tournions le dos aux vitres (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2020



La neige était tombée, comme une sentence,
des arbres noirs et juges de ce paysage.
Nous voyagions près d’une voix éclairée de voyelles
qui n’avait sa source en aucun de nous,
mais en elle nous déposions nos blessures,
mais elle tirait de nous des nuages.
Allègement, dans les maisons désertes, sérénité,
regards évadés en nous-mêmes.

Nous tournions le dos aux vitres,
après avoir pris dans leur buée de quoi rêver.

(Jean-François Mathé)

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