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Posts Tagged ‘buffet’

Quand la porte se souvient (Hamid Tibouchi)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



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Quand la porte se souvient

Quand le porte se souvient,
Quand la table se souvient,
Quand la chaise, l’armoire, le buffet, la fenêtre se souviennent
Quand ils se souviennent intensément
De leurs racines, de leur sèves, de leurs feuilles
De leurs branches,
De tout ce qui les habitait,
Des nids et des chansons
Des écureuils et des singes
De la neige et du vent
Un frisson traverse la maison
Qui redevient forêt.

(Hamid Tibouchi)

 Illustration

 

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Gastronomique (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017



Après une attente gratinée sous un soleil au beurre noir,
je finis par monter dans un autobus pistache
où grouillaient les clients comme asticots
dans un fromage trop fait.
Parmi ce tas de nouilles,
je remarquai une grande allumette
avec un cou long comme un jour
sans pain et une galette sur la tête
qu’entourait une sorte de fil à couper le beurre.
Ce veau se mit à bouillir parce qu’une sorte de croquant
(qui en fut baba) lui assaisonnait les pieds poulette.
Mais il cessa rapidement de discuter le bout de gras
pour se couler dans un moule devenu libre.
J’étais en train de digérer dans l’autobus de retour
lorsque devant le buffet de la gare Saint-Lazare,
je revis mon type tarte avec un croûton
qui lui donnait des conseils à la flan
à propos de la façon dont il était dressé.
L’autre en était chocolat.

(Raymond Queneau)

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Dans l’odeur des charbonnettes… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017




    
Dans l’odeur des charbonnettes…

Dans l’odeur des charbonnettes
La forêt s’endort;
A peine le vent halette
Aux frondaisons d’or.

A travers les feuilles mortes,
D’azur rechampi,
Au soleil ouvrant sa porte,
Le bacul tapi,

Dans la coupe solitaire
Presque inapercu,
Arrondit son toit de terre
Comme un dos bossu.

Au fond, le lit de fougère,
Le buffet branlant,
Le pain près de la soupière
Dans un linge blanc.

A l’ombre du toit rustique,
Sous un baliveau,
La fontaine aromatique
Tord son écheveau.

Et parfois un rouge-gorge
Vient en voltigeant,
Du framboisier qui le loge
Boire au flot d’argent.

O sauvage et sans contrainte,
Comme un lièvre pait,
Savourer d’une âme simple
Cette immense paix.

Avoir pour toute richesse
Et suprême don,
Sous l’humble toit qui se dresse
En cet abandon,

Et pour qu’au ciel me sourie
L’azur infini,
D’aimer comme un enfant prie,
D’aimer mon ami!

(Marie Dauguet)

 

 

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L’ancien nid (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017



Illustration: Zinaïda Serebriakova
    
L’ancien nid

Pauvre anciene maison, pauvre ancien nid, je sens,
Et rien qu’en y rêvant, les parfums vénérables:
Odeur de la crédence et du buffet luisant,
Du linge blanc, des fruits mûrissants, de l’étable.

Et rien qu’en y rêvant, je palpe les vieux murs,
Les plats d’étain marqués des fleurs de lys, l’armoire,
Les faïences debout sur le dressoir obscur,
Et, dans un coin comme un miroir, la bassinoire

De cuivre ciselé. Puis je vois les landiers,
La taque avec l’écu de nos ducs de Lorraine,
La bûche qu’on tisonne et le pot sur trois pieds
Dont la complainte lente en sanglots sourds s’égrène.

Qu’on était bien le soir ensemble autour du feu
Où chacun se serrait et se cédait la place,
Parmi le grand silence intime qui délasse
Et pendant qu’au dehors le vent siffle et qu’il pleut.

Que j’en ai savouré des heures merveilleuses
En écoutant chanter la marmite à mi-voix,
Tant l’ambiance était douce et comme soyeuse:
Un nid de roitelet dans la mousse des bois.

Tout repassait au voile des paupières closes:
Les vergers saccagés et les noix qu’on gaulait,
La chasse, les halliers avec leurs feuilles roses,
La source où l’on tendait sous les joncs des lacets

Pour y prendre des rouges-gorges et des grives;
Le retour harassé dans la nuit des chemins,
Les chiens affectueux qui pas à pas vous suivent
Appuyant leurs museaux humides sur vos mains.

Parmi le grand silence intime qui délasse
Et tandis qu’au dehors le vent siffle et qu’il pleut,
En écoutant chanter la marmite à voix basse,
Qu’on était bien le soir ensemble autour du feu!

Répandant sur nous comme une tiédeur d’aile,
La grand’mère rêvait, oubliant son tricot
Et demandait soudain, à la ronde, autour d’elle:
“Mais chacun a-t-il au moins ce qu’il lui faut?”

(Marie Dauguet)

 

 

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Rage (Jack Kerouac)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2017



Coup de pied dans le buffet
me suis fait mal à l’orteil
– Rage

***

Kicked the cupboard
and hurt my toe
– Rage

(Jack Kerouac)

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Le ciel tombait rond (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2017



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Le ciel tombait rond
comme une robe
Une photo d’enfant sur le buffet
faisait reprendre pied
La pendule persistait
Les jeux sous les platanes
s’endeuillaient de feuilles mortes
Les choses changeaient de croix
Chacune dans son destin

(Georges Bonnet)

 

 

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Danser devant le buffet (Alphonse Allais)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2017



Danser devant le buffet,
c’est exécuter
la vraie danse du ventre.

(Alphonse Allais)

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Le buffet (Arthur Rimbaud)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2016




Le buffet

C’est un large buffet sculpté ; le chêne sombre,
Très vieux, a pris cet air si bon des vieilles gens ;
Le buffet est ouvert, et verse dans son ombre
Comme un flot de vin vieux, des parfums engageants ;

Tout plein, c’est un fouillis de vieilles vieilleries,
De linges odorants et jaunes, de chiffons
De femmes ou d’enfants, de dentelles flétries,
De fichus de grand’mère où sont peints des griffons ;

– C’est là qu’on trouverait les médaillons, les mèches
De cheveux blancs ou blonds, les portraits, les fleurs sèches
Dont le parfum se mêle à des parfums de fruits.

– Ô buffet du vieux temps, tu sais bien des histoires,
Et tu voudrais conter tes contes, et tu bruis
Quand s’ouvrent lentement tes grandes portes noires.

(Arthur Rimbaud)

 

 

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Où sont les hommes ? (Ilarie Voronca)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2016



Où sont les hommes ?

QUAND les marmites ne voudront plus obéir
Quand le bois comme un oiseau qui s’envole
Quand les pierres s’effriteront pour se moquer de nous
Quand dans les buffets, à la place des couverts, de longs serpents venimeux

Quand nous souhaiterons enfin une présence humaine
Quand nous aurons besoin d’une voix humaine
Quand l’homme que nous avons meurtri, crucifié
Pourra nous faire du bien avec son regard qui pardonne

C’est en vain que nous irons dans les prisons
C’est en vain que nous appellerons dans les chambres de torture
C’est en vain que dans les camps de la maladie et de la faim
Nous irons recueillir ce qui reste de l’homme.

Quand l’eau rira libre loin de nos lèvres,
Quand les murs comme de la fumée à notre approche
Quand les roches couvertes d’algues et de varech
Sortiront comme un troupeau hallucinant de l’océan

Quand la paix comme un fouet cinglera nos faces
Quand les arbres comme des rennes fuyant dans la nuit
Quand les chaises, les tables, les armoires, sans se gêner
Conspireront, en notre présence, pour nous perdre,

Quand la solitude demandera son salaire
C’est en vain que nous nous souviendrons de nos semblables
Dans les soutes, dans les cavernes, dans les casemates
Il n’y aura plus qu’un peu de sang et de rouille sur les chaînes.

(Ilarie Voronca)

Illustration: Valérie Barcelo  

 

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Chaumière bretonne (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2015



Chaumière bretonne

La fenêtre cligne sous le chaume
Enfoncé comme un chapeau
Sur le regard pieux des carreaux

Dans la cheminée
La crémaillère montre ses dents
Le feu lutine sur les fagots
Et fait grimacer les armoires

Sur le sol de terre battue
La table de chêne massif
Attend religieusement
De muets soupeurs

Sur le buffet sans cesse ciré
Des « porcelaines » conservent
Le bruit de la mer toute proche
Mais qu’on n’a pas le temps d’aller voir
A part le dimanche
Et l’horloge balance ses rames
Sur l’émail bleu des heures

Le soir la chaumière
Se referme sur ses mystères
Et ses bonheurs secrets
Alors que le vent du large
Eparpille des étoiles
Tout autour de son toit.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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