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Poésie

Posts Tagged ‘buis’

UN JARDIN (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018



UN JARDIN

Nous sommes en présence d’un jardin assez rigoureux.
Quelques statues, une allée taillée, des buis, peu de fleurs ;
des fleurs précises. L’ombre est opulente,
une fontaine blanche montre une eau figée.
Oui, la lune, mais sa lumière n’est pas très naturelle.
On sent que le principal personnage n’est pas encore là
et que ce sera une femme nue.

(Norge)


Illustration: Paul Delvaux

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AUTRE CHOSE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018



AUTRE CHOSE

L’odeur du buis le fait penser aux poires mûres,
cette valse à son amour pour Hélène.
La mer, la mer le fait penser à l’infini,
ce lac si calme, à la longueur du temps.
Le ciel des nuits d’été, ça va de soi, le fait penser à Dieu.

Pourquoi les choses font-elles toujours penser à autre chose ?

(Norge)

 

 

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FLUTERIE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



FLUTERIE

Ce petit air de flûte s’enfonçait très bien dans le paysage.
On glissait, on flottait, on effleurait des girouettes.
C’était paisible comme une odeur de buis ;
tout un jardin s’ouvrait pour faire plaisir au coeur.
Le temps ? Mais il durait mieux.
Et la petite flûterie continuait à l’ombre d’une vigne.

(Norge)


Illustration: Henryk Hector Siemiradzki

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HOMMAGE (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



 

statue

HOMMAGE

Décembre a noirci l’if et gelé le bassin,
Le buis silencieux est saupoudré de givre,
L’aurore est d’acier clair et le couchant de cuivre,
Le vent, qui rôde, hurle et mord l’Amour au sein.

La Déesse frissonne et le lierre assassin
Étouffe la statue à la gorge. Un Faune ivre
Voit l’outre se durcir, et son pas qui veut suivre
La Nymphe, sent monter la gaine qui l’étreint.

La fête est morte avec sa musique et sa joie!
L’Hiver fait un vieillard de l’Été qu’il coudoie
Et le parc semble mort qui fut jadis vivant.

Mais, immortelle encor par la gamme et l’arpège,
J’écoute, à travers l’ombre et la mort et le vent,
Une flûte à mi-voix qui chante dans la neige.

(Henri De Régnier)

Illustration

 

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La terre est mon bonheur (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018




    
La terre
Est mon bonheur.

Je remercie tous ceux qui luttent sur la terre
À l’exemple des morts très grands,
Tous ceux sans qui la guerre égrainerait la terre
Et les maisons, les hommes,
En des millions de feux ou dans peut-être un seul
Et laisserait bientôt sous le ciel revenu
De la grisaille solitaire
Avec par-ci, par-là, des lueurs fauves qui s’éteignent.

Je remercie tous ceux à qui je dois de vivre
Et de pouvoir aller dans ce jour prometteur
De jours plus vrais encore, la joie pour tous
Qui recommence à chaque instant,
La fête sur les jours et sur les nuits des hommes
Avec le bon travail qu’ils font à leur désir,

Avec ce travail là qui, d’année en année,
Sait encore monter le degré de la fête.

Je remercie tous ceux qui luttent par le monde
À l’exemple de ceux qui ont aimé la vie
Assez pour nous l’offrir pleine déjà de jours pareils
À celui où j’avance en caressant les buis.

(Eugène Guillevic)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Terre à bonheur
Traduction:
Editions: Seghers

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SOTTO VOCE (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2018



SOTTO VOCE

II est doux de mourir un peu
Aux berges des forêts mouillées,
Et parmi les feuilles rouillées
Où s’égoutte du brouillard bleu ;
Il est doux de mourir un peu.
Il est doux de n’être plus rien
Que la brume qui s’échevèle,
Moins que le frôlis sourd d’une aile,
Aux velours pourpre des fusains ;
Il est doux de n’être plus rien.

Il est doux de mourir un peu
Avec les eaux qui se corrompent,
Avec les lointains qui s’estompent.
Avec les buis, les houx fangeux ;
Il est doux de mourir un peu.
Il est doux de n’être plus rien,
Moins que le frisson d’une rose,
Dont le vent d’hiver décompose
La chair de nacre et de carmin.
Il est doux de n’être plus rien.

(Marie Dauguet)

 

 

 

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Quand je mourrai! (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017




    
Quand je mourrai!

Je voudrais pour linceul, non la toile aux plis raides,
Non point le lin blanchi parmi l’herbe des prés,
Mais un tissu plus doux aux doigts que du sang tiède,
Un lambeau d’un couchant pourpré.

Je voudrais me mêler à l’océan des seigles
Qui réfléchit le ciel en son déferlement;
Aux palpitations des sainfoins qu’un vent frêle,
En juin, berce languissamment;

Devenir l’or des blés fauchés qu’on enjavèle,
Le chaume ensoleillé où des moissonneurs las
Dressent les lourds gerbiers dont la cime étincelle
Et qu’entoure une ombre lilas.

Je voudrais, quand la lune en manteau d’améthyste
Vers le gouffre des puits se penche, m’écouler
Et sangloter unie aux plaintes de l’eau triste,
S’égouttant des joints descellés.

Je voudrais que mon âme errante s’évapore
Comme un parfum flottant de lavande et de buis,
Confondue au sourire éclatant de l’aurore,
Aux larmes que verse la nuit.

(Marie Dauguet)

 

 

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Qui donc vous a surpris… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017



Illustration: Luana Béatrice Lazar

    
Qui donc vous a surpris…

Qui donc vous a surpris, ô concert de parfums,
Musique résonnant comme au bord d’un abîme,
Vert chaleureux d’un pâtre en l’arc-en-ciel des cîmes,
Orage sombre pleurant sur nos bonheurs défunts.

Plus parfaits, plus moelleux qu’un contour mélodique,
Vous parlez à notre âme et ravagez nos sens,
Et vous nous caressez, tels des doigts frémissants,
Gestes enténébrés qu’aucun devin n’explique.

L’accord des buis amers et des oeillets musqués
Nous verse des liqueurs aux sûres attirances,
Je percois à travers leurs subtiles fragrances
Le piège que nous tend le désir embusqué.

Au secret éternel seul accent qui déroge,
Les parfums sont des fleurs aux vases du Léthé;
Plus clairs que le reflet des ruisseaux enchantés,
Les magiques miroirs que mon coeur interroge.

Fruits blets des bois rouillés, feuillages des sureaux,
Il suffit qu’au flacon merveilleux je m’abreuve
Pour que tout ce qui dort épars en moi s’émeuve,
Que s’agitent des morts au fond de leurs tombeaux.

Plus loin que la raison vaine et la conscience,
Jusqu’aux instincts gisants à jamais ignorés,
Dieux qu’on a détrônés, parfums, vous pénétrez:
Vous êtes l’infini distillant son essence.

(Marie Dauguet)

 

 

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La mienne passion (Princesse Shokushi)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2017



La mienne passion
n’est connue d’âme qui vive.
Ces pleurs que retient
ma couche, ne les répands pas,
mon petit chevet de buis !

(Princesse Shokushi)

découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration: Anne-Louis Girodet de Roussy-Trioson

 

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2e retouche au cloître (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2017




    
2e retouche au cloître

l’ange joue du silence à cent colonnes
pour le jet d’eau serpent dompté

les fleurs au ras des buis ne sont que braises
sous les pieds du Malin

le ciel est ivre ici de l’odeur de la terre

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: De laine et soie Retouches
Editions: Gallimard

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