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Jamais je n’ai cherché la gloire (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



Jamais je n’ai cherché la gloire
ni voulu dans la mémoire
des hommes laisser ma chanson;
mais j’aime les mondes subtils,
aériens et délicats
comme des bulles de savon.
J’aime les voir se colorer
de soleil et de pourpre, voler
sous le ciel bleu, trembler
subitement puis éclater.

(Antonio Machado)

Illustration: François Knopf

 

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Jamais je n’ai cherché la gloire (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019



Jamais je n’ai cherché la gloire
Ni voulu dans la mémoire
des hommes
Laisser mes chansons
Mais j’aime les mondes subtils
Aériens et délicats
Comme des bulles de savon.
J’aime les voir s’envoler,
Se colorer de soleil et de pourpre,
Voler sous le ciel bleu, subitement trembler,
Puis éclater…

(Antonio Machado)

Découvert chez Lara ici

Illustration

 

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Stérilités (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019



Stérilités

Cautérise et coagule
En virgules
Ses lagunes des cerises
Des félines Ophélies
Orphelines en folie.

Tarentules de feintises
La remise
Sans rancune des ovules
Aux félines Ophélies
Orphelines en folie.

Sourd aux brises des scrupules,
Vers la bulle
De la lune, adieu, nolise
Ces félines Ophélies
Orphelines en folie!…

(Jules Laforgue)


Illustration: John William Waterhouse

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Agates (Georges Perec)

Posted by arbrealettres sur 1 novembre 2018




    
Je me souviens des billes en terre qui se cassaient en deux dès que le choc était un peu fort,
et des agates, et des gros calots de verre dans lesquels il y avait parfois des bulles.

(Georges Perec)

 

Recueil: Je me souviens
Traduction:
Editions: Hachette

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Présence impérieuse (Norge)(Georges Mogin)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2018




    
Présence
impérieuse et pourtant retenue
comme une haleine
regarde nos longs chemins d’ombre.
mes mains tendues,
nos bouches perdues
notre demeure ouverte où tu n’habites pas.

Aux cimes de chastes cristaux,
l’âme perd connaissance,
se détache comme une bulle,
voyage aux plus profondes pistes
parfois dans les arches d’une aube

envisage Dieu.

(Norge)(Georges Mogin)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Seghers

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Savez-vous (Didier Rimaud)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



Savez-vous

Savez-vous ce que voient
Les yeux des libellules,
Les yeux des coccinelles
Et ceux des papillons ?

Savez-vous où s’en vont
Les pieds des renoncules,
Les pieds des chanterelles
Et ceux des limaçons ?

Savez-vous bien pourquoi
La carpe fait des bulles,
Le feu des étincelles,
Et moi cette chanson ?

Savez-vous ce qui bat
Au cœur des campanules,
Au cœur des demoiselles
Et des petits garçons ?

(Didier Rimaud)

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À COMPLIES (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2018




    
À COMPLIES
In manus tuas, Domine.
(Office de Complies.)

Ton ange a pris le bien et le mal que j’ai faits,
Ô Père, tes moissons exactes sont rentrées.
Les routes de salut se sont enchevêtrées…
Ferme le jour stérile ou plein, bon ou mauvais.

Mon âme en vain cherche le fil de sa mémoire
Et se heurte dans l’ombre à des pensers confus,
Démesurés, béants et comme un bois touffus,
Ou si petits que je les perds en la nuit noire.

C’est l’heure où lentement des orbites sans yeux
S’ouvrent comme des puits fixes dans les ténèbres,
Où le ver des tombeaux ondoie en nos vertèbres.
Délivre-nous du mal, notre Père des cieux.

Aux quatre murs les navettes des araignées
Tissent à petits coups l’ombre en mille filets.
Une à une j’entends derrière les volets,
Une à une mourir les lampes éloignées.

Que reste-t-il du soir ? À quand le jour nouveau ?
Sans le savoir vais-je aux ténèbres éternelles ?
Je ne vois rien, plus rien qu’au bord de mes prunelles
Le reflet tournoyant de mon propre cerveau.

J’entre dans le sommeil, aveugle et sans défense.
O mon Père, voici la clef de ma maison.
Garde tout ce que j’ai, ma vie et ma raison,
Et ta Grâce : le Ciel dont tu me fais l’avance.

Bonsoir Père ! J’ai mis mes deux mains dans ta main.
Le sommeil — ou la mort — traverse la nuit brève.
Souffle un peu sur la bulle errante de mon rêve
Pour qu’elle apporte en moi mes roses de demain.

Bonsoir Père ! Tes doigts ont scellé mes paupières,
Le sommeil — ou la mort — s’en vient à pas légers
Et vers minuit m’appelleront douze dangers.
Mais je m’endors sans crainte en chantant mes prières.

Car je te sais, ô Père, assis à mon chevet
Et si quelque vertige affole et perd mon âme,
Tu la retourneras vers Toi, comme une femme
Retourne dans le lit son petit qui rêvait.

Je ne suis pas un saint, mon Dieu, pour que tu veuilles
Me bercer dans tes bras et chasser mes frissons.
Je ne suis qu’un enfant, je n’ai que mes chansons
Et je ne vaux pas mieux qu’un oiseau sous les feuilles.

Et je ne sais pourquoi tu m’aimes… Les chemins
Me mènent tous à Toi, sans lutte, sans secousse ;
Le sommeil — ou la mort — glisse dans la nuit douce…
Bonsoir Père, reçois mon âme entre tes mains.

(Marie Noël)

 

Recueil: Les Chansons et les Heures / Le Rosaire des joies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Encore plus loin (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



Illustration: Salvador Dali
    
Encore plus loin

Encore plus loin
que la route qui mène nulle part

(Stanislas Rodanski)

Tout entre
en résonance
chez les mordus d’éternité

insurgés plein soleil
toujours prompts au rebond
pied au plancher

ceux-là sont semblables
à des capteurs de particules
soufflées par les vents solaires

ne sommes-nous plus
que des pianos désaccordés
disent-ils

n’avons-nous plus rien
à faire entendre
aurions-nous égaré le verbe

capable
de faire résonner
notre la souverain

écoutons vraiment
écoutons
au plus chaviré

écoutons
ce bleu ardent
la plus ancienne lumière du monde

arpentant ses pistes enflammées
nous pouvons tout délaisser
nous retrouvons notre espace

notre souffle
notre centre
le centre des centres

celui qui se laisse porter
emporter par l’ardeur
est un archange de l’énergie

aimanté
sans fin par l’oeil
de la cible

il enlace les angles morts
glisse en bulle d’éternité
entre deux vies

calligraphiant une poésie ultrasensible
qui défie toute gravité
à l’écoute du chant

au fond des impasses
ou des neurones
il danse à chaque respiration

il sait le secret cher à Michaux
d’une pente
qui dévale vers le haut

bouche d’ombre
en souffle continu
frère d’embuscade

tourbillon somnambule
il retrace l’histoire de la lumière
à travers les espaces-temps

empli tout entier
d’un oui qu’il offre
à perte de coeur

il ne fait qu’un avec le mystère
et sa dimension frémissante
il vibre et vibre encore

une confiance étrange
nous vient soudain
étrange autant qu’illimitée

qui traverse le chant
à l’écoute de l’intuition fusante
à l’écoute du bleu ardent

comment laisser flotter les choses
en rebelle éveillé
comment se redonner de l’espace

comment retrouver cet art
si parfait
du contrôle des accidents

l’absolue justesse
du tempo de l’univers
le continuum de l’énergie

dix mille photons
lancés il y a cinq millions d’années
par quelque géante gazeuse

percutent à l’instant
notre rétine
larmes à ciel ouvert

se dessine
devant nos yeux éblouis
une perle de pur enthousiasme

plus démesurée
plus abyssale même
que le désespoir

sortons du labyrinthe
chevauchons le bleu ardent
captons l’alexandrin du big bang

(Zéno Bianu)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Des chemins sur la mer (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2018




Jamais je n’ai cherché la gloire
Ni voulu dans la mémoire
des hommes
Laisser mes chansons
Mais j’aime les mondes subtiles
Aériens et délicats
Comme des bulles de savon.

J’aime les voir s’envoler,
Se colorer de soleil et de pourpre,
Voler sous le ciel bleu, subitement trembler,
Puis éclater.

A demander ce que tu sais
Tu ne dois pas perdre ton temps
Et à des questions sans réponse
Qui donc pourrait te répondre?

Chantez en coeur avec moi:
Savoir? Nous ne savons rien
Venus d’une mer de mystère
Vers une mer inconnue nous allons
Et entre les deux mystères
Règne la grave énigme
Une clef inconnue ferme les trois coffres
Le savant n’enseigne rien, lumière n’éclaire pas
Que disent les mots?
Et que dit l’eau du rocher?

Voyageur, le chemin
C’est les traces de tes pas
C’est tout; voyageur,
il n’y a pas de chemin,
Le chemin se fait en marchant
Le chemin se fait en marchant
Et quand tu regardes en arrière
Tu vois le sentier que jamais
Tu ne dois à nouveau fouler
Voyageur! Il n’y a pas de chemins
Rien que des sillages sur la mer.

Tout passe et tout demeure
Mais notre affaire est de passer
De passer en traçant
Des chemins
Des chemins sur la mer

(Antonio Machado)

Illustration: Michael Cheval

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LE DIALOGUE (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018



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LE DIALOGUE

C’était dans l’intervalle rayonnant où ils s’épousèrent
en flèche — proies l’un de l’autre.
— Un même chemin nous relie, mais je n’entends pas
ta voix. Tes mots seraient-ils bulles d’ombre ?
— Ma voix part des extrémités du silence, mes mots
brûlent de flamme sourde.
— Où es-tu qui me parles pourtant dans la chambre déserte ?
— Je suis là où tu me souhaites, je suis là où tu m’éprouves.
— Es-tu l’amour ?
Elle était l’Écharde. Il était le Tison.

(Jules Tordjman)

Illustration: Dorina Costras 

 

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