Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘bure’

Gens perdus (Jacques Charpentreau)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018



 

 

Gens perdus

J’ai connu gens de toutes sortes
Comme disait Maître François
Froc de bure et robe de soie
Vieux messieurs et dames accortes.

Il n’est rien que le temps n’emporte
De ce qu’on donne ou qu’on reçoit
Amis disparus où qu’ils soient
Bouquets fanés ou feuilles mortes.

Leur souvenir pourtant m’escorte
Et chacun je m’en aperçois
M’a fait cadeau d’un peu de soi
Leur amitié me réconforte.

J’aime cette étrange cohorte
Dont personne ne me déçoit.
Au milieu de vous je m’assois
Amis perdus de toutes sortes.

(Jacques Charpentreau)

découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration: Aron Wiesenfeld

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La mer est la main universelle (Charles Dantzig)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2018



La mer est la main
universelle
caressant les corps elle
hérisse les puristes
qui veulent femmes en bure et corps vêtus

voyez d’en haut le nageur avançant
son corps teinté d’ondulations blanches
c’est le passage du plaisir
la mer est la caresse
universelle

(Charles Dantzig)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Intérieur (Léon-Paul Fargue)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2015



Aleksandr Deineka 160 [1280x768]

Intérieur

Des toiles, des choses sèches pendent aux poutres…
Le vieux fusil dort fixement
Au mur clair…
Rêve à ton gré. Tout est comme autrefois.
Écoute…
La haute cheminée
Fait sa plainte ancienne et son odeur éteinte
Et tasse son échine de vieil oiseau noir…
Elle porte encore au front ses images d’âme crue
Et ses vases de loterie aux prénoms d’or…
Et l’horloge recluse dans l’ombre et la bure
Berce son cœur avec une douceur obscure…

Pareils à des visages ronds de spectateurs
Les plats se penchent aux balcons du vieux dressoir
Où des files de fruits qui font la chaîne, fleurent
Dans leur ruelle d’ombre couleur d’aubergine…
J’ouvre un tiroir où je vois passer des noix vides,
Un gros couteau à vingt lames, qui contient tout,
Et l’ombre de mes mains qui glisse sur les choses…
Et ce sont des couleurs vivantes, refroidies…
Et ce sont des odeurs d’intimités suries…
Ça sent la malle, et le poivre des vieux départs,
Et le livre de classe, et la chapelle éteinte…

Un vent tiède pousse des guêpes
Frapper à la lucarne bleue…
Un grand chat doucement passe comme on chuchote,
Et vous lève un regard où veille l’ennui sage
Du soleil dans la douve aux lentilles d’or vert…

Sois calme. Tout est là comme autrefois.
Écoute…

(Léon-Paul Fargue)

Illustration: Aleksandr Deineka

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :