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Poésie

Posts Tagged ‘bureau’

LE MASQUE DU MECHANT (Bertolt Brecht)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2018



LE MASQUE DU MECHANT

Au mur de mon bureau,un masque japonais
Sculpté sur bois et laqué d’or : effigie d’un méchant démon.
Je regarde plein de pitié
Les veines gonflées de son front : elles révèlent
Combien c’est dur d’être méchant.

(Bertolt Brecht)

Illustration

 

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JE PARS EN QUITTANT CETTE CHAMBRE (Hiroshi Sekine)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018



 

JE PARS EN QUITTANT CETTE CHAMBRE
KONO HEYA O DETEYUKU

Je pars en quittant cette chambre
Cette chambre où se trouve la mesure de mon temps

J’ai emporté les livres
J’ai emporté le bureau
J’ai emporté les vêtements
Les autres affaires le bric-à-brac je les ai emportés
J’ai emporté également l’amour

Je pars en laissant
La chaufferette à couette kotatsu
Le brasier hibachi
Devenus désuets
Que je sois triste c’est évident
Pas à cause d’eux
Parce que si je commandais même un camion poids lourd
Il y a des souvenirs qui ne se transportent pas
Et j’en laisserai beaucoup en m’en allant

Dans la chambre maintenant déserte
Je pose tous les souvenirs et m’en vais
Mais je viendrai de nouveau
Les reprendre sans faute
Monsieur le propriétaire

(Hiroshi Sekine)

Illustration: Edward Hopper

 

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Pourquoi est-ce qu’un corbeau ressemble à un bureau ? (Lewis Carroll)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018



Illustration
    
Le Chapelier … se contenta de demander :
Pourquoi est-ce qu’un corbeau ressemble à un bureau ?
Veux-tu dire que tu penses pouvoir trouver la réponse ? demanda le Lièvre de Mars.

— Exactement.

— En ce cas, tu devrais dire ce que tu penses.

— Mais c’est ce que je fais », répondit Alice vivement.
« Du moins… du moins… je pense ce que je dis…
et c’est la même chose, n’est-ce pas ?

— Mais pas du tout ! s’exclama le Chapelier.
C’est comme si tu disais :  » Je vois ce que je mange « ,
c’est la même chose que :  » Je mange ce que je vois !  »

— C’est comme si tu disais, reprit le Lièvre de Mars, que :
 » J’aime ce que j’ai « , c’est la même chose que :  » J’ai ce que j’aime !

(Lewis Carroll)

 

Recueil: Alice au Pays des Merveilles / De l’autre côté du Miroir
Traduction:
Editions: Folio

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Je ne connais pas vos mains (Pierre Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2018




    
Je ne connais pas vos mains elles ne sont jamais les miennes
Je ne connais pas ces colonnes qui vous font séduisante au marché
L’orchidée blonde de votre ventre eut des bontés pour d’autres veines
Que celles de mon imagination nue et montrée sans majesté;
Non je n’ai point fréquenté le salon de votre beau
corps décoré par la fureur de colombes et de vents d’orage
N’ayant su parler votre langue à votre bouche de flatterie
je vous ai perdue en voyage
Ô Renommée ou fille implacable en un désordre de lingeriе.

(Pierre Jean Jouve)

 

Recueil: Diadème suivi de Mélodrame
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je rêve à des planètes mortes (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



Quand les bureaux et les usines
Par le peuple sont désertés,
Et que Paris semble en gésine
D’une trop vaste humanité,

Alors que l’homme au rire bête
Et son épouse aux airs penchés
Croient égayer ce jour de fête
Parce qu’ils sont endimanchés,

Mon âme, loin des foules grises,
Dont le tumulte est odieux,
Se recueille, avant tout éprise
De la solitude des dieux.

Sur le monde fermant la porte
Et tisonnant mon poêle éteint,
Je rêve à des planètes mortes
Comme à des paradis lointains.

(Jean de la Ville de Mirmont)

 

 

 

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Harmonie (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018


harmonie

 

portes et fenêtres ouvertes
sur le jardin qui reverdit
on entend
par-dessus les voitures de la rue
mille détails se ramasser
graviers jetés à la volée
d’un coup de pelle
dans la cour d’un immeuble
le raclement d’outils
sur le ciment d’un mur
portière claquée
chien qui aboie
et des enfants crier
dans la cour d’une école
avec parfois des mots
qu’on ne comprend pas
que disent des ouvriers
ou des mères au balcon
alors qu’on est dedans
dans un bureau avec des livres
à chercher à écrire
pourquoi on aime ce temps
quand c’est pourtant l’automne
depuis deux jours
et qu’on est seul
et qu’il fait beau
jusque dans les bruits

(François de Cornière)

 

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SOLIPSISME (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2017




    
SOLIPSISME

(Accent parigot. Véhémence et certitude
agressive. Avec gestes.)

Qui c’est qu’est là
quand j’y suis pas?

C’est-i l’bureau?
C’est-i la porte?
C’est-i l’parquet?
C’est-i l’plafond?
C’est-i la rue?
C’est-i la terre?
C’est-i le ciel?
Ah, nom de nom!

Quand j’y suis pus
Y-a pus personne.
A preuve? C’est que quand j’reviens
je ramèn’ tout à la maison :
et v’là la terre
et v’là le ciel
et v’là la rue
et ma maison
et v’là la porte
et v’là l’parquet
et v’1à l’plafond!

(Jean Tardieu)

 

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Après une journée perdue (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2017



Illustration: Paige Bradley
    
Après une journée perdue comme toutes les autres
à attendre dans un bureau qu’on ait gagné sa vie,
on entre dans la nuit
avec la certitude qu’elle vous offrira sa rançon de femmes.

Nuit toujours pareille avec ses convois de lumière
nuit tournant sous de hautes montagnes de vent
nuit qui fait briller les regards
nuit légère sur les paupières comme la mer sur les coquillages.

La main de l’homme n’est vraiment vivante
que quand elle s’enfonce entre deux cuisses
pour y chercher un sexe
qui se laisse découvrir comme un fruit dans l’herbe.

Cette chair que je froisse que j’attire à moi
comme une branche trop chargée
cette chair qui frémit
à mesure qu’on la dénude de son linge

comme on le fait à une jeune pousse
de l’argile qui la recouvre
cette chair est la seule étendue
où mon corps peut jeter l’ancre.

Cette chair est la seule issue
qui me mène à la pointe d’un désir
neuf et luisant comme un fer qu’on forge.
Comme une taupe le désir fouille cette femme
qui respire de tout son ventre.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Au bureau de l’état civil (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2017



 

au bureau de l’état civil
on s’est enquis de tout
sauf de mon état

(Abbas Kiarostami)

 

 

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La libellule (Taneda Santôka)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2017



Sur mon bureau solitaire
la libellule
consent à se poser

(Taneda Santôka)

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