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Poésie

Posts Tagged ‘buter’

Vous ne dites rien, vous restez là, toute la journée (Francis Combes)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2019



Vous ne dites rien,
vous restez là,
toute la journée,
coi et buté dans votre coin.
Vous êtes une chaise.
Vous avez la tête… dure,
on dirait du bois,
vous êtes émotif

(Francis Combes)

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Parois qui tournent (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2018



 

Illustration
    
Parois qui tournent

Parois qui tournent puis s’arrêtent
parois qui butent contre toi
qui jamais ne révèlent à tes doigts le secret
le courage et les os parfois désassemblés
la vie comme une mousse qu’on souffle pour jouer
laminé
assez
qui te voient
qui s’avancent vers toi
qui se ferment sur toi
qui te mangent
parmi elles étranger.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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Notre trouble vie (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2018



    

Notre trouble vie se déroule sur fond
D’un Dieu méconnu. À chaque désastre,
Nous butons ou chutons sur lui, toujours
Le même, inaltérablement autre…

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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Il y a des matins… (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018



Il y a des matins…

Il y a des matins en ruine
Où les mots trébuchent
Où les clés se dérobent
Où le chagrin voudrait s’afficher

Des jours
Où l’on se suspendrait
Au cou du premier passant
Pour le pain d’une parole
Pour le son d’un baiser

Des soirs
Où le coeur s’ensable
Où l’espoir se verrouille
Face aux barrières d’un regard

Des nuits
Où le rêve bute
Contre les murailles de l’ombre

Des heures
Où les terrasses
Sont toutes
Hors de portée.

(Andrée Chedid)


Illustration: Jean-Louis Manuel

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On ne connaît pas le cœur des gens (Valérie Rouzeau)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018



On ne connaît pas le cœur des gens
Il est tant mal visible que parfois
On cogne dedans
Quelle misère de prendre le train
Quand au bout il n’y a personne rien
On ne sait pas l’avis des anges
Non plus que des moulins à eau
On se sert un grand verre de vent
De source de pluie des yeux
On ignore comment vivre comme eux
On se sert un grand verre de vin
Dans une maison avec enfants avenir chien
Le quai fait des bruits de chaussures
Le quai fait des bruits de valises à roulettes et des bruits d’avant

Le quai est vide vide vide on bute dans l’air
Pardon messieurs dames j’ai cru à un nuage
Vous êtes innombrables qui ne m’êtes personne
Je suis innombrable et comme vous presque rien
Prenons donc un pot amical au lieu d’un pot au noir d’un mauvais coup

On ne connaît pas d’autre cœur dans le noir que le nôtre et encore
Ni dans le jour non plus alors à la bonne vôtre
Et nous débarquerons sous le soleil battant.

(Valérie Rouzeau)

Illustration

 

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Retour (Robert Creeley)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018



Illustration: Eduard Gordeev
    
Retour

Tranquille comme il convient à ces lieux
La rue, assourdie, mi-neige, mi-pluie,
Sans fin, mais butant sur des portes assombries
Dedans, eux qui seront là toujours,
Tranquille comme il convient à ces gens —
Ça suffit pour l’instant d’être ici, et
De savoir que ma porte est l’une des leurs.

(Robert Creeley)

 

 

Recueil: Le sortilège
Traduction: Stéphane Bouquet
Editions: Nous

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Les feux de l’existence (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018



 

    

Les feux de l’existence balises sur la route
Y a-t-il un policier pour me dire
mes droits et les règles que j’ai enfreintes
Vais-je rester assise là sur l’asphalte à attendre une explication
Il n’y a pas d’adultes
Tout le monde fait semblant de savoir
ou bute sur les articles du code comme la mouche sur la vitre
Le centre est mou
L’asphalte devient un chewing-gum coulant
à l’éclatante teinte rose chimique

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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La pluie est une blessure (Auguste Bonel)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2017



La pluie est une blessure
au ventre de la terre
une ride sur les feuilles
le vent dans les branches
une valse sanglante
nous transportons la cale
dans toutes nos traversées
en pleine constellation
nous butons sur la caverne

La faim fleurit à la croûte du pain

(Auguste Bonel)

 

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Adieu (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2017



Au commencement de tout commencement
et à la fin de toute fin,
il y a un mot incontournable
contre lequel nous butons:
le mot Adieu.

(Edmond Jabès)

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Comme l’alouette, Tosca est oiseau de printemps (Sylvie Fabre. G)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2017



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Comme l’alouette, Tosca est oiseau
de printemps. Elle aime le vide pur
où s’accorde son cri, et le fait exister
assurée d’habiter le commencement
malgré sa petitesse dans la création
elle ajoute au jour la vaste présence
qui demande à être et dans ses appels
entre la joie poignante d’une exigence
à laquelle, innocente tel l’oiseau
elle nous ramène, élan vers une vie
dont le cri en butant sur le ciel
rebondit exultant dans la lumière.

(Sylvie Fabre. G)

Découvert ici: https://nicolepessin.wordpress.com/

 Illustration

 

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