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Posts Tagged ‘butin’

Résurrection (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



Resurrection

La floraison du bâton

[ 7 ]

Pourtant la résurrection est le sens de la direction,
résurrection est une droite ligne,

droit sur la horde et le butin,
le trésor, la réserve,

le rayon de miel ;
la résurrection est rémunération,

nourriture, abri, fragrance
de la myrrhe et du baume.

***

Yet resurrection is a sense of direction
resurrection is a bee-line,

straight to the horde and plunder,
the treasure, the store-room,

the honeycomb;
resurrection is remuneration,

food,shelter, fragrance
of myrrh and balm.

(Hilda Doolittle)

 

 

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La colonne-de-nuée (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



nuee

Les murs ne tombent pas
[36]

D’aucune façon n’est la colonne-de-nuée
qui allait devant

différente de la colonne-de-nuée
qui vient après ;

le chasme, schisme en conscience,
doit être comblé ;

nous sommes chacun, propriétaire,
chacun avec un trésor ;

il est temps de réévaluer
notre butin secret

à la lumière du passé comme de l’avenir,
car, qu’il s’agisse de

pièces, pierres, or
gobelets, plats

ou simplement
de talismans, archives ou parchemins,

explicitement, il en ressort
qu’il contient,

pour tout scribe
ayant été instruit,

des choses nouvelles
et anciennes.

***

In no wise is the pillar-of-fire
that went before

different from the pillar-of-fire
that comes after;

chasm, schism in consciousness
must be bridged over;

we are each, householder,
each with a treasure;

now is the time to re-value
our secret hoard

in the light of both past and future,
for whether

coins, gems, gold
beakers, platters,

or merely
talismans, records or parchments

explicitly, we are told,
it contains

for every scribe
which is instructed,

things new
and old.

(Hilda Doolittle)

 

 

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LES ÉCOLIERS (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2018



LES ÉCOLIERS

Sur la route couleur de sable
En capuchon noir et pointu,
Le « moyen », le « bon », le « passable »
Vont, à galoches que veux-tu
Vers leur école intarissable.

Ils ont dans leur plumier des gommes
Et des hannetons du matin,
Dans leurs poches, du pain, des pommes,
Des billes, ô précieux butin
Gagné sur d’autres petits hommes.

Ils ont la ruse et la paresse
— Mais l’innocence et la fraîcheur
Près d’eux les filles ont des tresses
Et des veux bleus couleur de fleur
Et de vraies fleurs pour la maîtresse.

Puis, les voilà tous à s’asseoir
Dans l’école crépie de lune,
On les enferme jusqu’au soir
Jusqu’à ce qu’il leur pousse plume
Pour s’envoler. Après, bonsoir !

Ça vous fait des gars de charrue
Qui fument, boivent le gros vin,
Puis des ménagères bourrues
Dosant le beurre et le levain.
Billevesées, coquecigrues,
Ils vous auront connues en vain

Dans leurs enfances disparues !

(Maurice Fombeure)

Illustration: Robert Doisneau

 

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Des rats veillent dans ton sommeil (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018



 

Des rats veillent dans ton sommeil
et miment l’avancée
du manque. Ma voix retourne vers
la faim à laquelle elle donne naissance,
s’associant aux pierres
qui dépassent des murs rouges : le coeur
ronge, mais ne connaît pas
son butin; la langue écorchée
est râpeuse. Nous sommes étendus
au coeur de la moelle terrestre, écoutons
la respiration des anges.
Nos os ont été vidés.
Partout où la nuit a parlé,
des fils à venir arpentent le vide
entre les étoiles.

(Paul Auster)

Illustration: Andrej Gorenkov

 

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Mais j’ai peur parce que bientôt… (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017




Après tout ce vent et ce froid,
Il faisait bon se chauffer près du feu.
Je n’ai pas fait attention à mon coeur,
Et on me l’a volé.

La fin du nouvel an se prolonge solennelle,
Roses du nouvel an, vos tiges sont humides.
Dans ma poitrine on ne sent plus
Le tremblement des sauterelles.

On sait bien qui est le voleur.
Je l’ai reconnu à ses yeux.
Mais j’ai peur parce que bientôt… bientôt…
Il va rapporter son butin lui-même.

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

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CELEBRATION (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2017



 

CELEBRATION

Maintenant si jamais je te vois c’est toujours
comme une clé vivante. tes seins tes reins ta bouche

ce beau butin de nuits de portes et de joies.
comme une clé toute simple. un chiffre. une musique.

et le cours des choses va. on s’en étonne. les gens
qui songent à leur maison leur jardin leur enfance

les morts impersonnelles de petits fleuves des riens
des moments chaleureux des voyages et des actes

parfaitement accomplis. mais toi quand je te vois
verticale et brillante comme un astre de mai,

réelle : je deviens terre et vent je suis ta nuit
avec ses arbres et ses mots en mouvement

ce battement de voyelles parmi les tournesols
tes mains tes yeux ton jour comme une poignée d’oiseaux.

(Lionel Ray)

Illustration: Audrey Kawasaki

 

 

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La pente douce s’en était allée (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2017



La pente douce s’en était allée
saisie par la rivière

En des matins rouillés
Les feuilles chantèrent avant le jour
Les ombres ne firent plus corps

Le coeur serra éperdument son butin

(Georges Bonnet)

 

 

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Le succube (Bernard Lorraine)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2015



Le succube

On creuse la nuit
Dans mon crâne un puits
On ouvre une sape
Pour capter la nappe
Fossile des eaux
Douces d’un cerveau.

On perce ma roche
Pour vider la poche
D’or de mes secrets
Un escroc trafique
Le champ magnétique
De mes minerais.

On entaille à vif
À coups d’explosif
Mes filons de rêves
Et le coq hâbleur
Chasse mon voleur
Quand l’aube se lève.

Pour ton œuvre au noir,
Fouilleur de mémoire,
Mineur clandestin,
Pilleur de placers,
Que peux-tu bien faire
De tout ce butin ?

(Bernard Lorraine)


Illustration: Johann Heinrich Füssli

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Un mythe de mon enfance (André Hardellet)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2015



 

Mahira Ates (22)

Un mythe de mon enfance :
la conviction qu’en marchant très longtemps
on devrait bien finir par atteindre le lieu où l’horizon faisait halte,
par lassitude qui sait.

L’immense butin qu’il amassait en avançant toujours, il le déposait là :
clochetons au soleil, rivières d’ardoises, la route haute tracée sur le faîte des arbres,
des glaneuses, une compagnie de perdreaux inapprochables.

Rien que cela, mais dans une ère de perfection
dont la nostalgie me venait de je ne sais qui, de je ne sais où…

(André Hardellet)

Illustration: Mahira Ates

 

 

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17 JUIN 1943 (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2015



Derek Gores NoFrillsFashionista [1280x768]

17 JUIN 1943

Tu étais la présence enfantine des rêves
Tes blanches mains venaient s’épanouir sur mon front

Parfois dans la mansarde où je vivais alors
Une aile brusquement refermait la lumière

J’appelais je disais que vienne enfin la grande
La belle la toujours désirable et comblée

Et j’allais regarder souvent à la fenêtre
Comme si le bonheur devait entrer par là

Ce fut par un matin semblable à tous les autres
Le soleil agitait ses brins de mimosa

Des peuplades d’argent descendaient la rivière
Les enfants avaient mis des bouquets sur le toit

Aussitôt que je vis tes yeux je te voulus
Soumise à mes deux mains tremblantes à mes lèvres

Capable de reprendre à la nuit son butin
De fleurs noires et de vénéneuses caresses

Tout le jour je vis bleu et ne pensai qu’à toi
Tu ruisselais déjà le long de ma poitrine

Sans rien dire je pris rendez-vous dans le ciel
Avec toi pour des promenades éternelles.

(René Guy Cadou)

Illustration: Derek Gores

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