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Posts Tagged ‘cabane’

Ce printemps dans ma cabane (Yamaguchi Sodo)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2017



Ce printemps dans ma cabane –
Absolument rien
Absolument tout !

(Yamaguchi Sodo)

Illustration

 

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Raton-Laveur (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2017



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Raton-Laveur

Il est bien tard pour faire ta connaissance.
J’ai parlé de toi souvent,
fallait que je te voie en chair et en os !

J’en avais jamais vu, de raton laveur.
Lui, m’avait jamais vu non plus.

C’est un animal composé d’une âme et d’un corps.
Non, c’est moi. Je me suis trompé de définition.
C’est un animal… un animal.
Tandis que moi, je suis un animal supérieur.
C’est pour ça que j’ai l’air de ne lui faire aucun plaisir.
Et je le regrette.

On t’a appelé «raton laveur».
Paraît que tu laves tout ce que tu manges.
C’est des histoires qu’on a racontées sur toi, peut-être.
Et toi tu es là. T’es en cage, en cabane.

Mais je suis venu tout de même pour te dire bonjour.
Je t’avais jamais vu.
Maintenant je te regarde.
Toi, tu ne me regardes pas,
t’as raison, tu t’en fous.

Moi, je suis un humain
— toi, t’es un raton laveur.
Il y a une différence.
De quoi on est faits tous les deux ?

Dis-moi ce que tu penses, raton laveur.
Ce que tu penses des cages, ce que tu penses d’un tas de choses.
Qu’est-ce que tu penses de la guerre du Viêt-nam, raton laveur, toi qui es en cage ?
Qu’est-ce que tu penses de toutes les prisons, hein, toi qu’on a appelé raton laveur ?

Ben, je te salue.
J’ai de la sympathie pour toi.
Je ne t’avais jamais vu, je t’ai vu aujourd’hui, mais j’avais parlé de toi.
À tort et à raison. Tu n’as pas l’air heureux, raton laveur.

Tu cherches la liberté ?
Tu sais ce que c’est, mais t‘as pas de mots pour l’expliquer.
Les hommes l’expliquent, et l’enferment.

(Jacques Prévert)

 

 

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La Chapelle abandonnée (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2017



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La Chapelle abandonnée

Elle se reflète dans une mare où les rainettes vont chanter,
où le clair de lune vient boire, où les nuages vont pleurer.

C’est une pauvre petite chapelle, sans croix, sans vitraux, sans clocher ;
ni saints ni Vierge et pas d’autel, jamais une âme pour y prier.

Ses fidèles sont les brins d’herbe et la frileuse giroflée,
qui regarde par la fenêtre et ne cesse pas de trembler.

De la route on la voit à peine, mais on la voit, et par la baie,
sur l’éboulis qui fut l’autel, l’azur encor frais de son ciel.

Elle est, sous un saule pleureur, la triste amie des hirondelles.
L’araignée y sort de son cœur des voiles tout mouillés de perles.

C’est une douce petite chapelle qui garde les trésors du monde :
le silence, la pauvreté, l’ombre et la chasteté de l’ombre.

Tous les trésors ? hélas ! mon Dieu, l’illusion est morte en elle,
malgré son toit qui vers les cieux monte berçant un bouleau grêle.

Ainsi que deux mains en prière, le bois bénit entre les doigts,
montent les deux côtés du toit : c’est une pauvre petite chapelle

qui frissonne de tous ses lierres, la porte ouverte à l’étranger.
La nuit d’étoiles passe en elle ; c’est la cabane du berger,

et mon asile… Elle me sert à me cacher dans ma misère.
Souvent elle me voit pleurer — pourquoi ? pour rien, pour me distraire —

la tempe couchée sur la pierre, le front coiffé de giroflées
(même elle prend pour des prières mes petits sanglots étouffés)

le jour quand je n’ai rien à faire, et la nuit quand je baye aux fées.

(Paul Fort)

 Illustration

 

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L’ombre d’un vieux chêne (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2016



L’ombre d’un vieux chêne
S’éteint sur une cabane
Au soleil couchant.

***

On a clapboard house,
An old oak tree’s shadow fades
In the spring sunset.

(Richard Wright)

Illustration

 

 

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Une graine voyageait (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2016



Une graine voyageait

Une graine voyageait
toute seule pour voir le pays.
Elle jugeait les hommes et les choses.
Un jour elle trouva joli le vallon et agréables quelques cabanes.
Elle s’est endormie.
Pendant qu’elle rêvait
elle est devenue brindille
et la brindille a grandi,
puis elle s’est couverte de bourgeons.
Les bourgeons ont donné des branches.
Tu vois ce chêne puissant
c’est lui, si beau, si majestueux,
cette graine,
Oui mais le chêne ne peut pas voyager.

(Alain Bosquet)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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NE T’AI-JE JAMAIS DIT ? (Rita Petro)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2016



NE T’AI-JE JAMAIS DIT ?

Ne t’ai-je jamais dit
que je voudrais mourir au printemps,
mourir ensemble,
côte-à-côte bercés dans un lit suspendu
aux branches d’un vieux chêne,
quand nous n’aurons plus la force
de courir,
quand nous n’aurons plus la force
de partir à l’aventure
quand nous n’aurons plus la force
de danser,
quand nous ne pourrons plus le faire…
Seul le soleil prendra soin de nos visages
collés sous notre inspiration en parfait accord…
J’ai déjà essayé une fois, tu sais,
dans la cabane au flanc de la montagne :
la neige venait juste de fondre
et les arbres étaient pris dans l’émoi du printemps ;
la mort avait un goût excitant,
acide, comme un fruit vert…
ou plutôt, fi de ces comparaisons romantiques :
comme ton sexe.

(Rita Petro)

Illustration: Odd Nerdrum

 

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Iris (Ryôkan)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2016



Un iris
près de ma cabane
m’a enivré

(Ryôkan)

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Où sont les limites du monde? (Jean-Paul Hameury)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2016



Trois marches conduisent
jusqu’à la berge:
eaux courantes
pierres immobiles.

Une barque
flûte lointaine chantant
sur le vide des eaux.

Collines et monts se chevauchent
et se perdent où l’oeil n’atteint pas
– sous la paume rêche des orages.

A mi-pente
dans le silence
trois bouleaux
– musique parfaite.

On peut fermer les yeux.
Des reflets de la lumière
sur toute chose
rien ne saurait se perdre.

***

Les rives posent
leurs mains de terre
sur le blanc des eaux.

La cabane est vide.

Face au ciel là-bas
un homme rêve ou dort
dans l’oeil plissé d’une barque.

Où sont les limites du monde?

(Jean-Paul Hameury)

Illustration

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Comme un grand animal non visible (José Àngel Valente)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2016



Comme un grand animal non visible l’air
descendait
abreuver les cieux.
Et nous, nous le contemplions émerveillés
dans la cabane humide de la peur.
La nuit recouvrit notre misère
L’air ouvrait
la totale extension du matin,
déployait la lumière, les cavaliers venaient
et à la vue des eaux ils descendaient.

(José Àngel Valente)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

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Absolument rien absolument tout! (Yamaguchi Sodô)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2016



Ce printemps dans ma cabane –
absolument rien
absolument tout!

(Yamaguchi Sodô)

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