Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘cabré’

VOLUPTE (Gaston Sansrefus)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2017



Illustration: Edward Jones
    
VOLUPTE

Sous la mâle caresse, alanguie et pâmée,
Colombine se meurt au baiser de Pierrot,
Baiser de libertin et baiser de dévot
Oui boit la volupté de la chair parfumée.

Les seins cabrés, offerts, superbement aimée,
Les beaux yeux chavirés dans un dernier sanglot,
Elle abandonne aux bras de l’amoureux pâlot
Son corps nu, triomphant sous le chaud hymenée.

Des doigts impatients frôlent ses reins nerveux;
Des frissons fous, brûlants, la terrassent, vaincue,
Des feux passent ardents dans l’or de ses cheveux;

Et, viole d’amour, magnifique instrument.
Tout son être vibrant d’une ivresse éperdue,
Elle épuise sa vie aux lèvres de l’amant !

(Gaston Sansrefus)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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Pierre levées sur les jardins de sable (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2017



Entre la paix de ces montagnes,
l’incertitude du désir, l’entrée des robes,
la chute des linges sur les dalles,

cette ombre figure un cheval cabré
la mort.

(Jean Joubert)

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MARINE (Henri Belliot)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2017



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MARINE

Comme des loups à jeun qui viennent s’écraser
Contre la porte d’une étable,
Sur la digue les flots commencent à briser
Avec un bruit épouvantable.

Ils arrivent, cambrés et cabrés sous le vent,
Déchirés aux roches cornues.
La mer, à l’horizon, semble, en se soulevant,
Monter se perdre dans les nues.

On voit blanchir la houle aux sursauts réguliers
Le long de la côte orageuse,
Et ses moutons d’écume accourir par milliers,
Secouant leur toison neigeuse.

On entend comme un coup de canon, par moments,
L’écho mugit. C’est, à la base
D’un vieux cap éventré, plein d’aigres sifflements,
Un paquet de mer qui s’écrase.

Rencogné dans son trou, le goéland criard
Regarde tristement descendre
La nuit qui marche à pas légers sur le brouillard;
Et le jour, d’un morne gris-cendre,

Le jour, décoloré comme un oeil mort, s’enfuit
Pour ne pas voir, dans l’étendue,
Le dieu-requin nommé Naufrage, qui poursuit
Une pauvre barque éperdue.

(Henri Belliot)

 Illustration

 

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Immobile (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2015



Immobile ainsi chaque nuit,
sentinelle de ces froideurs,
un dieu courbé gronde sur tes épaules.

Et toi si nue dans la mémoire,
si vite dévêtue des robes et des voix,
le vent de neige te cuirasse.

Voici tes bras, tes branches médusées,
tes seins cabrés de glace.

(Jean Joubert)


Illustration: Branko Bahunek

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