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Sourate de la distillation (Khayr al-Din al-Asadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2023




    

Sourate de la distillation
(extrait)

Mon bien-aimé au visage brun,
à la bouche souriante, aux yeux ivres,
au front étoilé, et à l’allure gracieuse

mon bien-aimé au désir fougueux
est l’oeillet des joies,
l’apogée de la jeunesse,
l’ivre à longueur de temps,

ses cheveux sont doux,
autour de ses lèvres humides
— comme une colonie de fourmis
aux abords d’une source

le temps a essayé de représenter la beauté
et il a créé des fleurs variées dans le vaste paradis
puis intimidé devant Lui
il les a vite cachées dans les bourgeons

les langues des bougies ont rivalisé
avec les lumières de la pureté
dans la bouche du bien-aimé,
alors sa peine fut la brûlure

les lumières de la pureté, ô voeu de l’oeil !
En elles je hume la quintessence de la vie

***

(Khayr al-Din al-Asadi)

 

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La Bible (Cécile Coulon)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2023



Illustration: Benjamin Chaud
    
La Bible

La Bible ou la liste
de tout ce qui est interdit,
caché, puni :
nous sommes les enfants
de tout ce qui n’aurait pas dû avoir lieu.

(Cécile Coulon)

 

Recueil: Les romantiques
Traduction:
Editions: Robert Laffont

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C’est seulement dans l’extrême de l’ici et maintenant (Belinda Cannone)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2022



Illustration: Belinda Cannone
    
C’est seulement dans l’extrême de l’ici et maintenant
que monte le sentiment de la beauté du monde et du privilège d’y vivre.

J’ai nommé ailleurs sur-présence
cette façon que nous avons parfois d’être entièrement présent au moment vécu.

Mais la notion de sur-présence s’applique aussi aux objets de notre attention,
parfois banals ou familiers et acquérant soudain sous notre regard devenu voyant
une lumière extraordinaire qui les met en gloire
— ou plutôt qui révèle leur beauté secrète, cachée aux regardeurs pressés.

(Belinda Cannone)

 

Recueil: Un chêne
Traduction:
Editions: Le vistemboir

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En conversant avec moi-même (Zhongzhang Tong)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2022




Illustration: Shan Sa
    
En conversant avec moi-même

La Grande Voie — si simple soit-elle
Bien peu aperçoivent ses secrets.
Suis le murmure de ses souhaits,
Ils te garderont à la cime du juste.
Toujours le long du réel,
Qui pourrait être encore dans l’erreur ?
Imbroglios et liens du monde,
Mauvais tours et brumes complotantes,
Tout ce lot médiocre des cent soucis
Qu’est-ce que cela ?
Sais-tu garder l’inébranlable
Au coeur caché qui repose ?
Dépose tes malheurs dans le ciel ;
Enfouis tes tourments dans la terre.
Fais fi des Cinq Classiques, débarrasse-t’en !
Et mets un point final aux vers réglementés.
Et tous ces débats de penseurs embrouillés,
Mets-les au feu désormais.
Élève tes ambitions aux collines et à l’Ouest sauvage,
Laisse ton esprit vagabond à l’est des mers.
Chevauche le souffle comme ta seule monture,
Navigue sur le courant de la Haute Pureté,
Réponds à l’appel, élégant et allègre !

(Zhongzhang Tong)

(179-220)

Recueil: Nuages immobiles Les plus beaux poèmes des seize dynasties chinoises
Traduction: Alexis Lavis
Editions: l’Archipel

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L’esprit de la rivière (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2022



Illustration: Shan Sa
    
L’esprit de la rivière

Je joue avec toi par les Neuf rivières.
Les vents furieux s’élèvent soulevant les vagues.
Je conduis le char d’eau, au dais de lotus,
Tiré par deux dragons qu’accompagnent deux serpents d’eau.
J’arpente le Kun Lun fixant mon regard aux quatre points cardinaux.
Mon coeur s’élance vers les cieux — mon coeur agité d’impatience.
Alors que le soleil se couche, dans ma douleur, j’oublie de m’en aller.
Songeant à la distance accomplie, je m’allonge éveillé.
Sa maison d’écailles aux salles de dragon,
Aux portes de porcelaine pourpre — palais de perles.
Que fait l’esprit des eaux caché au fond de l’onde ?
Il chevauche une tortue blanche que suit une horde de poissons tachetés.
Je joue avec toi entre les îlots de la rivière.
Sauvages sont les eaux nées du ressac.
Tu prends ma main et me conduis jusqu’aux rivages du midi.
Les vagues, de houle en houle, nous saluent
Et les poissons, de banc en banc, forment ma suite nuptiale.

(Anonyme)

Le Recueil des chants du Sud (Chuci)
(IV III siècles : période des Royaumes combattants)

Recueil: Nuages immobiles Les plus beaux poèmes des seize dynasties chinoises
Traduction: Alexis Lavis
Editions: l’Archipel

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C’est dur d’en faire un poème! (Michel Ménaché)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2022




    
C’est dur d’en faire un poème!

Tous les enfants de la terre
n’ont pas cueilli les mêmes fleurs
reçu les mêmes caresses
appris les mêmes chansons

Certains sont même non loin d’ici
les derniers esclaves cachés au grand jour
qui sèment dans les rizières
récoltent le café grain à grain
talons dans la poussière accroupis
tirent tous les fils de tapis moelleux
couleurs en fête
qu’on admirera bientôt aux étals
du luxe à vendre et à revendre
ou encore ventre creux loqueteux
leurs mains nues retournent
les décharges immondes
à la recherche d’éclats d’étoile

Dans le ventre des ténèbres
d’autres enfants au visage blafard
s’enfoncent dans des trous avides
pour en arracher l’or et le cuivre
qui brilleront bientôt sous les néons
des villes-lumière
Certains jamais ne voient le soleil…

Cela ne s’invente pas
cela n’est pas une histoire
C’est dur d’en faire un poème!

(Michel Ménaché)

Recueil: La révolte des poètes
Traduction:
Editions: Livre de poche Jeunesse

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Fadeur fertile (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2022


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Il ne faut pas tambouriner
pour chasser les démons qui,
enveloppés de vapeurs de soufre,
nous cachent l’extrême beauté des choses,
il ne faut pas claironner ni gesticuler,
ni faire des étincelles,
ni brasser l’air,
il faut être au contraire
merveilleusement fade.
Ne pas trancher d’un soupir
sur la nature ordinaire
c’est la clé qui fait surgir
l’extraordinaire.
Chut, ne point détonner…
et le mystère sort son nez.
Quand rien ne nous remarque,chaque chose se livre.

(Henri-Frédéric Blanc)

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Au grand maître Loi cachée (Hyujong)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2022




    
Au grand maître Loi cachée

Abattons un arbre sans ombre,
Brûlons entièrement l’écume dans l’eau.
Ridicule, celui qui monte un buffle,
Et qui monté sur le buffle le cherche encore.

(Hyujong)

***

 

Recueil: Ivresse de brumes, griserie de nuages
Traduction: Ok-sung / Anne Baron / Jean-François Baron
Editions: Gallimard

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Comme dans un tableau (Thomas Vineau)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2022




    
Comme dans un tableau

Aube glace à l’abricot
les cauchemars déplient
leur mâchoires endolories
dans des gestes d’oiseaux
existe
ue ombre
pour chaque chose
les araignées y cachent
des cathédrales tendres
et les hérissons
des secrets

(Thomas Vineau)

 

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Jardin d’été (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2022




    
Jardin d’été

Je veux aller dans ce jardin,
dans cette roseraie nonpareille
Où l’on voit des clôtures la plus belle,

Où les statues gardent mémoire
de la jeune fille que j’étais
Et moi, je les revois sous l’eau de la Neva.

Dans ce lieu caché, plein d’odeurs,
sous les tilleuls princiers,
Je crois entendre craquer
les mâts des vaisseaux.

Comme autrefois le cygne
traverse les siècles,
En extase devant la beauté de son double.

Par centaines de milliers, des pas
Dorment d’un sommeil de mort,
pas d’ennemis et d’amis,
Pas d’amis et d’ennemis.

Finira-t-il jamais, le cortège des ombres
Qui va du vase de granit
jusqu’à la porte du palais?

Mes nuits blanches là-bas
se parlent, dans un murmure,
De quelqu’un qui savait aimer
secrètement, superbement.

Partout on voit briller la perle et le jaspe,
Mais un mystère dérobe
la source de la lumière.

(Anna Akhmatova)

 

Recueil: L’HORIZON EST EN FEU Cinq poètes russes du XXè siècle
Traduction:
Editions: Gallimard

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