Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘cachot’

J’IRAI DEMAIN (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2021



J’IRAI DEMAIN

Qu’un poulet picore,
Que la fougère arbore.
Ah! Comme moi
Un bec et un arpent.

N’empêche qu’altitude
Aux nuages gris et plats
Donne air et repas
Et je vis de cachots.

(Pierre Morhange)


Illustration

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

FISSURES (Michel Leiris)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2021



FISSURES

Foulées creusant le sable,
empreintes digitales,
cœurs gravés dans la peau des arbres,
filets de graffiti sur les murs d’un cachot,
rides et cicatrices
en quoi une vie se résume,
encoches de bâton,
nœuds au mouchoir,
tatouages,
à la teneur d’archives ou de pedigree,
signes de quelque chose qui s’est passé
ou allait se passer,

même à jamais perdues
ces traces
persistent peut-être à peser
de toute leur minceur
sur l’inanité du rien.

(Michel Leiris)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration: ArbreaPhotos  

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’INTERNATIONALE (Eugène Pottier)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020




    
L’INTERNATIONALE

Couplet 1 :
Debout ! les damnés de la terre !
Debout ! les forçats de la faim !
La raison tonne en son cratère,
C’est l’éruption de la fin.
Du passé faisons table rase,
Foule esclave, debout ! debout !
Le monde va changer de base :
Nous ne sommes rien, soyons tout !

Refrain : (2 fois sur deux airs différents)
C’est la lutte finale
Groupons-nous, et demain,
L’Internationale,
Sera le genre humain.

Couplet 2 :
Il n’est pas de sauveurs suprêmes,
Ni Dieu, ni César, ni tribun,
Producteurs sauvons-nous nous-mêmes !
Décrétons le salut commun !
Pour que le voleur rende gorge,
Pour tirer l’esprit du cachot,
Soufflons nous-mêmes notre forge,
Battons le fer quand il est chaud !

Refrain

Couplet 3 :
L’État opprime et la loi triche,
L’impôt saigne le malheureux ;
Nul devoir ne s’impose au riche,
Le droit du pauvre est un mot creux.
C’est assez languir en tutelle,
L’égalité veut d’autres lois :
« Pas de droits sans devoirs, dit-elle,
Égaux, pas de devoirs sans droits ! »

Refrain

Couplet 4 :
Hideux dans leur apothéose,
Les rois de la mine et du rail,
Ont-ils jamais fait autre chose,
Que dévaliser le travail ?
Dans les coffres-forts de la bande,
Ce qu’il a créé s’est fondu.
En décrétant qu’on le lui rende,
Le peuple ne veut que son dû.

Refrain

Couplet 5 :
Les Rois nous saoûlaient de fumées,
Paix entre nous, guerre aux tyrans !
Appliquons la grève aux armées,
Crosse en l’air et rompons les rangs !
S’ils s’obstinent, ces cannibales,
À faire de nous des héros,
Ils sauront bientôt que nos balles
Sont pour nos propres généraux.

Refrain

Couplet 6 :
Ouvriers, Paysans, nous sommes
Le grand parti des travailleurs ;
La terre n’appartient qu’aux hommes,
L’oisif ira loger ailleurs.
Combien de nos chairs se repaissent !
Mais si les corbeaux, les vautours,
Un de ces matins disparaissent,
Le soleil brillera toujours !

Refrain

(Eugène Pottier)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DANS LA CHAMBRE (Isaïe Spiegel)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2019



Illustration: Ernest Pignon Ernest

    

DANS LA CHAMBRE
(extrait)

Chauve-souris — la peur sur les sombres grabats,
À leur chevet des sacs, lugubres paquetages.
Dans l’ombre du cachot, par d’étroits soupirails
Jaillissait sur les murs la peur blanche, sauvage.

Une terrible nuit de soupirs et de pleurs
S’étend nouée avec le vent sur les planètes,
Au ciel des milliers d’étoiles sont phtisiques,
Ta main tiède caresse une dernière larme.

Tu gis sur le grabat, mais tes yeux sont rivés
Aux planches du chariot de mort,
C’est le couteau de l’abattoir que le vent aiguise dehors
O qui viendra dans l’aube nous sauver?

Et des songes sereins avec les yeux mi-clos,
Les sourcils trempés dans le plomb ardent
On rêve de vergers en fleurs dans les prairies,
Des eaux qui prient chantent en passant.

Les vêtements qu’on a laissés dans les armoires,
Les voilà maintenant qui s’échappent tout seuls
Et chacun d’eux contient un visage, et l’on voit
Pendre au coeur de la chambre une lune rougeâtre.

(Isaïe Spiegel)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Propos du prisonnier (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2019




    
Propos du prisonnier

Raies de lumière sur nos murs
coincées dans l’ombre des barreaux
vous expliquez cette aventure
où tout l’amour semble de trop

nuit verrouillée sans ouverture
tu régnerais dans nos cachots
rien que la nuit la nuit qui mure
battant du pas de nos bourreaux

la moindre fente qui répand
cette chaleur d’un monde clair
vaudra toujours tout le ciment
où tourne en rond notre colère.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La prisonnière (Jacques Charpentreau)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2019



La prisonnière

Plaignez la pauvre prisonnière
Au fond de son cachot maudit!
Sans feu, sans coussin, sans lumière
Ah! maman me l’avait bien dit!

Il fallait aller chez grand-mère
Sans m’amuser au bois joli,
Sans parler comme une commère
Avec l’inconnu trop poli.

Ma promenade buissonnière
Ne m’a pas réussi du tout :
Maintenant, je suis prisonnière
Dans le grand ventre noir du loup.

Je suis seule, sans allumettes,
Chaperon rouge bien puni:
Je n’ai plus qu’un bout de galette,
Et mon pot de beurre est fini!

(Jacques Charpentreau)


Illustration: Benjamin Lacombe

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 9 Comments »

Tambours de soie (Norge)(Georges Mogin)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2018




    
Tambours de soie
fifres de miel
clairons migrateurs des tempêtes
Belles chansons de prisonniers
Mille bouquets de mains tendus vers sa présence
cachots troués par l’espérance
orages troués par la foi
espace baisé sur la bouche
Communion toujours renaissante et vaincue.

Tant de ferveur s’ouvre les nues

Tant d’ivresse n’est pas perdue.

(Norge)(Georges Mogin)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Seghers

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

QUI A MARCHE (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



 

Bezruc_2

QUI A MARCHE

Qui a marché sur ces terres,
Qui a arpenté ces champs détrempés par le sang,
Qui a rêvé par ces routes ?

N’était-ce pas — attends — Peter Bezruc,
quand il composait les chants de Silésie,
Ces poèmes graves, pleins de plomb ?
Je regardais : un collier d’acier,
Oh, et du sang — oh — du sang affreux
Qui dégouttait comme du plomb,
De sorte que le champ en rougit,
Que la route en rougit.

« Peter Bezruc, attends! attends !
Moi aussi comme toi j’ai un collier
Et à moi aussi
Le sang dégoutte des lèvres éclatées!  »

Peter avance, encadré par les policiers.
Ils attendent qu’il ploie,
Qu’il courbe l’échine —
Et au tournant, la voisine :
 » Peter, Peter !  » Et elle éclate en sanglots.
Mais Peter ne se courbe pas.
Que sont la souffrance et la mort
A qui se meurt pour la Justice!

Qui a marché sur ces terres ?
Il ressemblait tout à fait à Peter,
Le sang de sa bouche dégouttait,
Il portait les montagnes sur ses épaules;
Et il a haussé les épaules
Et les montagnes ont résonné;
Et il a replié son bras,
Et les fers se sont brisés,
Et il a ouvert ses bras,
Et cela a tonné dans les carrières.

Qui a marché sur ces champs
Tel un bon agneau blanc,
Et n’a pas même soufflé mot,
Quand on l’a conduit au cachot ?

(Srecko Kosovel)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE MENSONGE (Iwan Gilkin)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



LE MENSONGE

J’ai creusé mon cachot dans le mensonge épais,
Impénétrable et sombre, où, geôlier de moi-même,
Je m’enferme à l’abri même de ceux que j’aime,
Plus seul quand j’ai parlé qu’aux temps où je me tais.

Ma parole est un mur sans porte ni fenêtre
Qui monte autour de moi, dur, puissant et massif,
Avec maint bas-relief gai, trompeur et lascif :
Et nul œil curieux jusqu’à moi ne pénètre.

Seul, je me connais. Seul, je sais ce que je suis.
Seul, j’allume ma lampe en mes sinistres nuits.
Et, seul, je me contemple et, seul, je me possède.

Je me couche, comme un chartreux, dans mon linceul.
Et, loin de tout désir qui me flatte ou m’obsède,
Je goûte, comme Dieu, le néant d’être seul.

(Iwan Gilkin)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le cageot (Francis Ponge)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2018




    
Le cageot

A mi-chemin de la cage au cachot la langue française a cageot,
simple caissette à claire-voie vouée au transport de ces fruits
qui de la moindre suffocation font à coup sûr une maladie.

Agencé de façon qu’au terme de son usage
il puisse être brisé sans effort,
il ne sert pas deux fois.

Ainsi dure-t-il moins encore que les denrées
fondantes ou nuageuses qu’il enferme.
A tous les coins de rues qui aboutissent aux halles,
il luit alors de l’éclat sans vanité du bois blanc.

Tout neuf encore, et légèrement ahuri
d’être dans une pose maladroite à la voirie jeté sans retour,
cet objet est en somme des plus sympathiques
– sur le sort duquel il convient toutefois
de ne s’appesantir longuement.

(Francis Ponge)

 

Recueil: Le Parti pris des choses
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in humour, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :