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MÉTAMORPHOSES FAMILIÈRES (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



    

MÉTAMORPHOSES FAMILIÈRES

Les aigles des chaises curules
Dans ce royaume bordé des bois
Volaient parfois au crépuscule
Puis reprenaient leur quant-à-soi,
Leurs hiératiques attitudes
Dans les hautes salles d’études.

Les brebis des chambres des reines
Paissant sur champ de fleurdelys,
Broutant l’ombre et la solitude,
A bruit menu comme une pluie,
Soudain gagnaient d’un bond le ciel,
Brebis silence constellées.

Les feux du Bélier, du Centaure
L’étoile qui monte à regret,
Seule, au front noir d’une forêt,
Les divagations des astres,
Tournent sans bruit sur nos cadastres,
Sur nos collines désolées.

Mais le sort que tu m’as jeté,
Secret comme le coeur des roses,
Ouvre d’autres métamorphoses,
Mais le sort que tu m’as jeté
Il me semble une apothéose
Et flambe en moi comme un été.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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SANS CADASTRE (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2016



SANS CADASTRE

De la rose à l’inadmissible
l’espace étroit comme une trace d’ange
est arpenté par le poète.

depuis les origines il sait
une géométrie plus furtive qu’Euclide.

Toujours tremblent les lieux. La marge
envahit le centre incertain de notre parole.

Et notre double
très doucement se décale de nous
dévoyant notre corps vers le vertige d’intervalles incommensurables
où le Cyclope vit cette chose nocturne
nommé Personne.

(Marie-Claire Bancquart)

Illustration: Salvador Dali

 

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Mes os seront pareils aux herbes arrachées (Ilarie Voronca)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2016



squelette cerf [800x600]

…Ah ! j’ai peut-être été entraîné dans ce passage terrestre
Comme un qui se trouve involontairement mêlé
À quelque histoire honteuse
Il valait mieux que je fusse méconnu
Que personne ne puisse dire :
“Il était comme cela !”
Non rien de particulier dans le visage
Je n’ai été ni champion de force ni chanteur, ni meneur d’hommes
Quelle chance d’être passé inaperçu
Et quand les juges chercheront les noms
Ils ne trouveront le mien ni dans les cadastres des mairies
Ni parmi les titulaires de chèques, ni parmi les porteurs de titres
Non, pas même sur une croix ou sur un morceau de pierre
Quelque part se mêlant aux blancheurs d’un ciel bas
Mes os seront pareils aux herbes arrachées.

(Ilarie Voronca)

 

 

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