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Posts Tagged ‘cadenas’

Au fond de la nuit (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



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Au fond de la nuit, les fermes sommeillent,
Cadenas tirés sur la fleur du vin,
Mais la fleur du feu y fermente et veille
Comme le soleil au creux des moulins.

Aux ruisseaux gelés la pierre est à fendre
Par temps de froidure, il n’est plus de fous,
L’heure de minuit, cette heure où l’on chante
Piquera mon cœur bien mieux que le houx.

J’avais des amours, des amis sans nombre
Des rires tressés au ciel de l’été,
Lors, me voici seul, tisonnant des ombres
Le charroi d’hiver a tout emporté.

Pourquoi ce Noël, pourquoi ces lumières,
Il n’est rien venu d’autre que les pleurs,
Je ne mordrai plus dans l’orange amère
Et ton souvenir m’arrache le cœur.

(Luc Bérimont)

 

 

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LA BONNE FILLE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018



LA BONNE FILLE

Et chaque nuit, la merveilleuse enfant du geôlier
se promenait toute nue dans les cellules
et donnait du plaisir à tous les prisonniers.
Quel pain d’amour avec le cruchon, la gamelle.
Ineffable chaleur, on t’a bien reconnue, va !
O poésie, ô fleur de cadenas.

(Norge)

 

 

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Chanson pour toi (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



Chanson pour toi

Je ne cesserai pas
de chanter les cloches des rencontres muettes,
les bras des divans parfumés,
les grandes chutes d’oiseaux ressemblants,
les éternels miroirs vibrants.

Je ne cesserai pas
de chanter la morsure rouge des lèvres,
l’épaule insoumise, les aisselles surprises,
les seins toujours à l’heure aux rendez-vous nocturnes.

Je ne cesserai pas
de chanter ton visage poudré de cendre,
le dernier naufrage à l’aube soufflée des lampes,
ta nuque échappée à l’étreinte,
tes pas que rien ne trahit.
Je ne cesserai pas
de chanter tes hanches profondes,
tes chevilles noyées dans les nuages,
tant de pensées vagabondes,
tant de fumée divine.

Je ne cesserai pas
de chanter ta chevelure courante
aux pieds des arbres solitaires
blessés de feuilles et d’œillères.

Je ne cesserai pas
de chanter la rue, le parc, la mer,
car je te connais
car je t’aime et te connais.

Je ne cesserai pas
d’apprendre à rire,
à peindre et rire
dans le fond des palais;
car je te crains,
car je t’aime et te crains.

Je ne cesserai pas
de forger des serrures,
des cadenas et des ceintures
tout le long du ciel,
car je te garde,
car je t’aime et te garde.

Je ne cesserai pas
de couper tes mains,
tes bras et tes poings
pour que jamais l’adieu
ne remonte sur l’eau.

(Edmond Jabès)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

 

 

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Les portes du garage (Jack Kerouac)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018



Poussant sur le cadenas,
les portes du garage
A midi

***

Straining at the padlock,
the garage doors
At noon

(Jack Kerouac)

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Chanson pour toi (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017



Je ne cesserai pas
De chanter les cloches des rencontres muettes,
Les bras des divans parfumés,
les grandes chutes d’oiseaux ressemblants,
les éternels miroirs vibrants.

Je ne cesserai pas
de chanter la morsure rouge des lèvres,
l’épaule insoumise, les aisselles surprises,
les seins toujours à l’heure aux rendez-vous nocturnes.

Je ne cesserai pas
de chanter ton visage poudré de cendre,
le dernier naufrage à l’aube soufflée des lampes,
ta nuque échappée à l’étreinte,
tes pas que rien ne trahit

Je ne cesserai pas
de chanter tes hanches profondes,
tes chevilles noyées dans les nuages,
tant de pensées vagabondes,
tant de fumée divine.

Je ne cesserai pas
de chanter ta chevelure courante
aux pieds des arbres solitaires
blessés de feuilles et d’œillères.

Je ne cesserai pas
de chanter la rue, le parc, la mer
car je te connais
car je t’aime et te connais.

Je ne cesserai pas
d’apprendre à rire,
à peindre et rire
dans le fond des palais;
car je te crains,
car je t’aime et te crains.

Je ne cesserai pas
de forger des serrures,
des cadenas et des ceintures
tout le long du ciel,
car je te garde,
car je t’aime et te garde.

Je ne cesserai pas
de couper tes mains,
tes bras et tes poings
pour que jamais l’adieu
ne remonte sur l’eau.

(Edmond Jabès)

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EXORCISME (Tudor Arghezi)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2016



 

EXORCISME

Cadenas, qui t’a fermé
sur la porte de mon rêve ?
Où est la clé, où est notre gardien
pour qu’ils défassent le verrou,
et que nous puissions voir, au fond de notre nuit,
remuer lentement les trésors de l’azur ?
De temps à autre un pas lourdaud
s’approche… et puis il nous dépasse…
Tous les pas s’éloignent et meurent
pour ton oreille en fer, ô cadenas!
A quelque veine recourbée par-dessus toi
je crois qu’en l’air scintillent des glycines
et des volubilis aux voûtes,
des bourgeons, des raisins d’étoiles.
Qui dans notre porte mettra la clé
d’une seule étincelle ?
La lumière y pose son oeil
et dans la pièce obscure elle tente de voir.
Le cadenas la sent et il tressaille,
comme sous un baiser, avec la ténèbre.
Étoile, ne peux-tu, entrant dans son anneau,
déverrouiller le cadenas de ce silence ?

(Tudor Arghezi)

 

 

 

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BOUCHE COUSUE (Elvio Romero)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2016



BOUCHE COUSUE

On t’a dit que tu dois te taire.
Et aujourd’hui tes lèvres, après tant de silence
sont sèches.
Souviens-toi que « Si tu fermes la bouche,
n’y entrent pas les mouches ».
Et on t’a dit d’apprendre
ta leçon de repliement et de servitude.
Rouge de cauchemar
cette couleur. Malheur et mascarade.
La délation au jour le jour.
Et la corde gavée
et qui ne se relâche.
Longtemps, longtemps que nous
portons
cette croix sur le dos.

Quel horrible silence !
Les cadenas grincent, rouillés.
Le Paraguay repose sous le soleil et sous la lune
comme un couteau d’homicide ; comme un oeillet
coupé, tombé et piétiné.
Quel horrible
silence… !

Mais ici on t’a dit que tu dois te taire.

(Elvio Romero)

Illustration

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Apprends moi le signe (Alain Heril)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2016



Apprends moi le signe ô mort
pour venir à ce festin de chair
je convoite des trésors
loin des fenêtres de la mer

glaciers sirupeux fontaines d’aioli
tout est cadenas et dentelles
près des hauts chandeliers
la mort ainsi nous appelle
quand je descends du destrier

Adieu peau
rêves de tendres lits

(Alain Heril)

Illustration: Paul Delvaux

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