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Poésie

Posts Tagged ‘cadence’

C’est de vivre qu’il s’agit (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2018



Et c’est de vivre
qu’il s’agit

De s’agiter sans hâte

Rythmes et cadences
sans rien casser de l’onde

D’être vitesse exacte
avec le son qui va
d’être en mesure
de la lumière magnifique

(Werner Lambersy)


Illustration: Vincent Van Gogh

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Caravane (Bedir-Khan)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



Caravane

La caravane passe
Entourée d’une cadence,
D’un silence,
D’un rythme sans écho.

Liant les pays et les races,
Laissant sous leurs pas
Des mesures égales.

(Bedir-Khan)


Illustration

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Légère rit la brise (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018



Légère rit la brise
Dans son Palais là-haut –
Babille l’Abeille à la placide Oreille,
Sifflent les doux Oiseaux en cadence innocente –
Ah la sagacité ici abolie!

(Emily Dickinson)

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Ne descend ni ne monte le temps (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



Illustration: Andrey Kartashov
    
Ne descend ni ne monte le temps
faîte du toit aux deux versants
vertigineusement ruisselants
de futur et passé dévorant
le présent qui les fait par l’instant
et qu’ils font et défont dès l’instant
éternellement inexistant
n’étant que le passage du temps

Ô ce temps impossible à saisir
malgré les battements si forts, si présents
de la chair qui respire et soupire
malgré le pouls pointillé qui défend
la ligne sûre des désirs
malgré les voluptés et cruautés
de l’attente et du souvenir
malgré le halètement cadencé
des instants existants

Ô ce temps sans devenir
où survient notre temps!

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les Djinns (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



 

Wen_M    Anima__Al_Djinn_

Les Djinns

Murs, ville,
Et port,
Asile
De mort,
Mer grise
Où brise
La brise,
Tout dort.

Dans la plaine
Naît un bruit.
C’est l’haleine
De la nuit.
Elle brame
Comme une âme
Qu’une flamme
Toujours suit !

La voix plus haute
Semble un grelot.
D’un nain qui saute
C’est le galop.
Il fuit, s’élance,
Puis en cadence
Sur un pied danse
Au bout d’un flot.

La rumeur approche.
L’écho la redit.
C’est comme la cloche
D’un couvent maudit ;
Comme un bruit de foule,
Qui tonne et qui roule,
Et tantôt s’écroule,
Et tantôt grandit,

Dieu ! la voix sépulcrale
Des Djinns !… Quel bruit ils font !
Fuyons sous la spirale
De l’escalier profond.
Déjà s’éteint ma lampe,
Et l’ombre de la rampe,
Qui le long du mur rampe,
Monte jusqu’au plafond.

C’est l’essaim des Djinns qui passe,
Et tourbillonne en sifflant !
Les ifs, que leur vol fracasse,
Craquent comme un pin brûlant.
Leur troupeau, lourd et rapide,
Volant dans l’espace vide,
Semble un nuage livide
Qui porte un éclair au flanc.

Ils sont tout près ! – Tenons fermée
Cette salle, où nous les narguons.
Quel bruit dehors ! Hideuse armée
De vampires et de dragons !
La poutre du toit descellée
Ploie ainsi qu’une herbe mouillée,
Et la vieille porte rouillée
Tremble, à déraciner ses gonds !

Cris de l’enfer! voix qui hurle et qui pleure !
L’horrible essaim, poussé par l’aquilon,
Sans doute, ô ciel ! s’abat sur ma demeure.
Le mur fléchit sous le noir bataillon.
La maison crie et chancelle penchée,
Et l’on dirait que, du sol arrachée,
Ainsi qu’il chasse une feuille séchée,
Le vent la roule avec leur tourbillon !

Prophète ! si ta main me sauve
De ces impurs démons des soirs,
J’irai prosterner mon front chauve
Devant tes sacrés encensoirs !
Fais que sur ces portes fidèles
Meure leur souffle d’étincelles,
Et qu’en vain l’ongle de leurs ailes
Grince et crie à ces vitraux noirs !

Ils sont passés ! – Leur cohorte
S’envole, et fuit, et leurs pieds
Cessent de battre ma porte
De leurs coups multipliés.
L’air est plein d’un bruit de chaînes,
Et dans les forêts prochaines
Frissonnent tous les grands chênes,
Sous leur vol de feu pliés !

De leurs ailes lointaines
Le battement décroît,
Si confus dans les plaines,
Si faible, que l’on croit
Ouïr la sauterelle
Crier d’une voix grêle,
Ou pétiller la grêle
Sur le plomb d’un vieux toit.

D’étranges syllabes
Nous viennent encor ;
Ainsi, des arabes
Quand sonne le cor,
Un chant sur la grève
Par instants s’élève,
Et l’enfant qui rêve
Fait des rêves d’or.

Les Djinns funèbres,
Fils du trépas,
Dans les ténèbres
Pressent leurs pas ;
Leur essaim gronde :
Ainsi, profonde,
Murmure une onde
Qu’on ne voit pas.

Ce bruit vague
Qui s’endort,
C’est la vague
Sur le bord ;
C’est la plainte,
Presque éteinte,
D’une sainte
Pour un mort.

On doute
La nuit…
J’écoute : –
Tout fuit,
Tout passe
L’espace
Efface
Le bruit.

(Victor Hugo)

Illustration

 

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LA FEMME DES LONGUES PATIENCES (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2018



 

Jeanie Tomanek seed

LA FEMME DES LONGUES PATIENCES

Dans les sèves
Dans sa fièvre
Écartant ses voiles
Craquant ses carapaces
Glissant hors de ses peaux

La femme des longues patiences
se met
lentement
au monde.

Dans ses volcans
Dans ses vergers
Cherchant cadence et gravitations
Étreignant sa chair la plus tendre
Questionnant ses fibres les plus rabotées

La femme des longues patiences
se donne
lentement
le jour.

(Andrée Chedid)

Illustration: Jeanie Tomanek

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CORAIL (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



Illustration: Camille Pissarro
    
CORAIL

Du corail et ton cou dedans,
Grenouilles sur l’eau de l’étang,
Crottes d’agneau
Sur fond de neige au bout de l’an.

Rose au clair de lune, debout,
Ceinture d’or et toi dessous,
Corde de chanvre,
Corde de chanvre sur mon cou.

Tа jupe, tes pieds se balancent,
Battant de cloche avec sa danse,
Dans l’eau du fleuve
Des peupliers qui loin s’avancent.

Tа jupe, tes pieds se balancent,
Battant de cloche et ses cadences.
Dans l’eau du fleuve,
Les feuilles tombent, en silence.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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HAPPÉS SERONT LES CHANTS… (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



 

 

Attila József
    
HAPPÉS SERONT LES CHANTS…

Happés seront les chants par le gel, le silence.
L’héroïsme, en douceur, fait taire sa cadence.
L’impétuosité
— La folle avidité —
Des passions sombre… sombre dans l’indolence.
Ne trichons pas. Il vaut mieux, n’est-ce pas
Et comme assurément me guette le trépas,
Ne me demande point de rester ici-bas.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Là (Danièle Faugeras)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2018



Illustration: Noèla Morisot
    
Là où
le balancier se retourne

et tout change

d’orient
de souffle

et de cadence.

(Danièle Faugeras)

 

Recueil: Quelque chose n’est / cing grands poèmes pour voir
Traduction:
Editions: Les Lieux dits

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J’avais traîné si longtemps (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2018



Illustration: Christian Girault
    
J’avais traîné si longtemps,
les heures s’étalaient,
et les claires journées
que mes yeux voyaient
et les nuits noires
qui m’ôtaient la vie —
et j’ai parcouru la ville
le long des maisons de pierre jusqu’à
elle — alors sa voix a retenti.

D’abord douce, puis de plus en plus forte,
comme le vent qui monte
du sud — mon coeur est douloureux,
mes yeux sont en larmes.

Ô j’aurai voulu n’être plus rien,
plus rien qu’elle
et m’effacer tout entier
pour me fondre dans
sa douce cadence,
renaître avec sa voix
et sombrer de nouveau —
sa voix résonnait en moi —
dans le bruissement de ses cheveux
dans l’éclat de ses yeux où
elle est tendrement rosée —
son bras a poussé
comme un arbre vers le haut
jusqu’au visage éclos comme une fleur.

Le jour tombait et ainsi la clarté
de son visage,
j’étais assis comme un pèlerin près
d’un arbre et elle au-dessus de moi.

Dans le silence à l’abri
comme un bateau au port,
mon coeur me faisait un peu mal.

Je ne peux toujours pas le dire,
pas dire mon pauvre souhait,
mon vide et mon désir
plus fort et de plus en plus.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Ce que tu es
Traduction: Saskia Deluy et Henri Deluy
Editions: Al Dante

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