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Poésie

Posts Tagged ‘cadre’

Retouche à l’humeur (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2017



Illustration: Paul Cézanne
    
retouche à l’humeur

Pourquoi ce malaise
devant la nappe sans tache
où le pot de cuivre et l’oeuf
équilibrent leurs deux crépuscules ?
Aucune histoire ne nous est contée
et nous voulions ces nourritures.
Mais l’oeuf et le pot sont dans un cadre
le cadre au Musée
et le Musée ferme le soir
en souvenir des peines du peintre.

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Retouches
Editions: Gallimard

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Le mot bleu (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017



    

Le mot bleu fait partie de l’impossible.
Une note colorée déplace le centre.
Cela pourrait être une veste oubliée sur un portail,
Comment entrer dans ce cadre à mille lieues ?
Il n’y a pas de porte.
C’est écrit avec des signes solaires
D’une écriture phénycienne avec des taches de lichen.
Le sphynx étire ses pattes.
Un homme vient de passer.
Il y a des remous. L’air est habité.

(Jean Malrieu)

 

Recueil: EN PAYS DE VERTIGE
Editions: Le Verbe et l’Empreinte

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Une porte (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2017



Illustration: Laurent Chéhère
    
Une porte perd son cadre
monte d’un cran vers le ciel
la grande fenêtre la rejoint
la maison perd le toit
la terrasse se promène avec le linge qui sèche
les formes du temps changent de repères
les souvenirs s’en mêlent
le passé n’est plus simple
le futur descend l’escalier étroit
la maison loge des bribes d’imparfait
sous le dôme de l’improbable.

(Tahar Ben Jelloun)

 

Recueil: Que la Blessure se ferme
Editions: Gallimard

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Ce n’était pas la Mort, car j’étais debout et que tous les Morts, gisent (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017



Ce n’était pas la Mort, car j’étais debout
Et que tous les Morts, gisent –
Ce n’était pas la Nuit, car toutes les Cloches,
Langue dardée, sonnaient Midi.

Ce n’était pas le Gel, car sur ma Chair
]e sentais – ramper — des Siroccos –
Ni le Feu – car le seul Marbre de mes pieds
Eût gardé frais, un Sanctuaire —

Pourtant, j’éprouvais tout cela ensemble,
Les Formes que j’ai vues
Apprêtées, pour l’Enterrement,
Me rappelaient la mienne –

Comme si pour l’adapter à un cadre,
On eût rogné ma vie,
Et qu’elle ne pût respirer sans clé,
On aurait dit Minuit —

Quand tout ce qui tictaque — stoppe —
Et que partout — bée l’espace —
Ou que l’Affreux gel — aux matins d’Automne,
Abolit le Sol Palpitant —

Mais, surtout, le Chaos — Sans bornes — froid —
Sans une Chance, ou un espar —
Ni même l’Annonce d’une Terre —
Pour justifier – le Désespoir.

***

It was not Death, for I stood up,
And all the Dead lie down —
It was not Night for all the Bells
Put out their Tongues, for Noon.

It was not Frost, for on my Flesh
I felt Siroccos — crawl —
Nor Fire – for just my marble feet
Could keep a Chancel, cool —

And yet, it tasted like them all,
The Figures I have seen
Set orderly, for Burial
Reminded me, of mine —

As my life were shaven,
And fitted to a frame,
And could not breathe without a key,
And ’twas like Midnight, some —

When everything that ticked — has stopped —
And spaces stares — all around —
Or Grisly frosts — first Autumn morns,
Repeal the Beating Ground —-

But, most, like Chaos — Stopless — cool —
Without a Chance, or spar —
Or even a Report of Land —
To justify — Despair

(Emily Dickinson)


Illustration: Gilbert Garcin

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Orbites (Aïcha Arnaout)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2017



 

Orbites

Qu’arrive-t-il
quand le rayon du coeur coïncide avec son image ?

Qu’arrive-t-il
quand le temps se déchire
et que je m’éparpille sur les bordures du corps ?

Qu’arrive-t-il
quand je recueille la lune à la surface de l’eau ?

Qu’arrive-t-il
quand je reviens à mon cadre
et bute sur mon image ?

Qu’arrive-t-il
quand les deux bouts du temps se rejoignent ?

Qu’arrive-t-il
quand mon double s’imbrique dans ma mort ?

(Aïcha Arnaout)

Illustration: Julie Heffernan

 

 

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LES SOURCES (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2016



 

LES SOURCES

Sa faufilant plus bas
Leur musique clôt
Un cadre d’espace
Nous maintenant au bord
De ce qui tombe
La maison dans leurs bras
Persiste et signe
Le droit à l’éphémère
De ce qui dure
Un leurre de lumière
Brille et se sauve

(Heather Dohollau)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Cadre sans attache (Henri Lachèze)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2016



Cadre sans attache
Cherche dame plutôt mur
Pour s’y accrocher

(Henri Lachèze)

 

 

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ABSENCE (Gérald Neveu)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2016



ABSENCE

Les journées sonnent creux
leur dignité s’endort
mes cadres sans tableaux
je n’ose vous saluer
mais il suffit d’un nom
prononcé à voix basse
pour vous peupler soudain
et je brûle avec vous

(Gérald Neveu)

Illustration

 

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L’Avocette d’Audubon (Lorine Niedecker)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2016



 

l'Avocette d'Audubon l

À qui
laisserai-je
l’Avocette d’Audubon
au grand cadre de chêne
sur la grosse toile verte
au-dessus du coffre en cèdre
odorant cerclé de cuivre
chaudement astiqué
quand il me faudra quitter
ce couloir migratoire

(Lorine Niedecker)

Illustration

 

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Portrait (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2016



Portrait

Je ne sais pas ton nom, comtesse ou bien marquise,
Dont le portrait charmant rit dans ce cadre d’or ;
Mais nulle, en sa beauté, n’eut plus de grâce exquise,
Au temps qu’on était jeune et qu’on aimait encor.

Tes cheveux à frimas, où le zéphyr se joue,
Effleurent mollement ton visage vermeil,
Car le pastel du maître a semé sur ta joue
L’incarnat velouté d’une pêche au soleil.

Mille amours sont nichés sous tes narines roses,
Mille autres sont blottis dans tes yeux irisés,
Tandis que Cupidon, sur tes lèvres mi-closes,
Appelle au pâturage un troupeau de baisers.

Et le ruban bleu-ciel, dont ta robe est fermée,
Semble, au long du corsage, étaler à plaisir,
De ta taille divine à ta gorge embaumée,
Une échelle d’azur où monte le désir !…

(Louis Bouilhet)

Illustration: Hyacinthe Rigaud

 

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