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Poésie

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Vieillesse (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2019




    
Vieillesse, lendemain d’amour, tristes ébats…
Sur les carreaux d’azur rampait la fleur du givre.
Un Arlequin caduc pleure. Est-il las de vivre ?
Va, nous dormirons tous. Mais les lits, c’est plus bas.

(Paul-Jean Toulet)

 

Recueil: Les contrerimes
Traduction:
Editions: Gallimard

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FLEUR DU JAPON (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2018



Illustration: Maurice Ehlinger
    
FLEUR DU JAPON

Fille en fièvre dans un drap d’eau
S’ouvre se ferme s’épanouit
Comme une fleur japonaise.

Le jeu simule une treille
Tout autour de la peau qui luit
Tout au long de la peau complice
Feuilles rouillées feuilles mortes
Sous la chute des soupirs.

Pétales vains papillonneries
Entre deux gouffres de sommeil
Les ailes dorées des caresses
Ne remuent que poussière
Leurs grâces caduques
Ne nous arrêteront plus.

Mais les eaux brunes du regard
Oû dort le bruit de la mer
La terre fauve au fond des yeux
À la lisière de la personne
Aux bords glacés de l’être
Et de la nuit de tous les temps.

Perdre pied gagner l’air
Dans la nuit des bois de la mer.

Une autre vie à d’autres tempes
Dans le noir de toute la vie
Une autre vie obscurément
Sève ruisselant vers la rose
Glace qui casse au printemps
Tourterelles envolées
Dans la crasse d’un ciel de suie.

Puis le sang reflue en ce corps
Qui se croyait le coeur du monde.

(André Pieyre de Mandiargues)

 

Recueil: L’âge de craie suivi de Dans les années sordides Astyanax et Le Point où j’en suis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Plus vraie la vie que la raison voudrait faire croire (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018



Illustration: Josh Fancher
    
plus vraie la vie que la raison voudrait faire croire
(bien plus secrète ou que folie ne révéla)
plus profond que perdre est la vie:plus haut qu’avoir
—mais même si vivre est tout,plus chaque est la beauté

à l’infini sans aucun si multipliées
les surpuissantes méditations humaines se trouvent
anéanties par une simplement feuille qui s’ouvre
(après quel à portée il n’est pas d’au-delà)

ou vienne un moindre oiseau que l’oeil n’en peut connaître
contempler le silence et pleinement chanter?
les futurs sont caducs;les passés sont à naître
(un ici moins que rien est bien plus que toute chose)

la mort,comme on l’appelle, achève ce qu’homme on suppose
—mais si mourir est quand:plus à présent la beauté

***

ife is more true than reason will deceive
(more secret or than madness did reveal)
deeper is life than lose:higher than have
—but beauty is more each than living’s

allmultiplied by infinity sans if
the mightiest meditations of mankind
cancelled are by one merely opening leaf
(beyond whose nearness there is no beyond)

or does some littler bird than eyes can learn
look up to silence and completely sing?
futures are obsolete;pasts are unborn
(here less than nothing’s more than everything)

death,as men call him,ends what they call men
—but beauty is more now than dying’s when

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Une fois un
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: La Nerthe

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DÉSOLATION LE SUPPLICE (Gabriela Mistral)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2015



DÉSOLATION
LE SUPPLICE

Depuis vingt ans je porte planté dans ma chair
— poignard brûlant — un chant énorme, un chant aux crêtes
de haute mer.

Je l’abrite et sers, et sa majesté
lasse mes entrailles.
De ces pauvres lèvres qui ont menti
faut-il le chanter ?

La langue de l’homme et ses mots caducs
n’ont pas la chaleur
de ses langues de feu, de son ardeur
au frémissement.

C’est comme un enfant, de mon sang caillé
qu’il se nourrit, lui,
mais jamais enfant n’a bu plus de sang
au sein d’une femme.

Ô terrible don ! Long roussissement
qui me fait hurler !
Que celui qui en moi l’aura planté
ait pitié !

***

DESOLACIÔN
EL SUPLICIO

Tengo ha veinte años en la carne hundido
– y es caliente el puñal –
un verso enorme, un verso con cimeras
de pleamar.

De albergarlo sumisa, las entrañas
cansa su majestad.
¿Con esta pobre boca que ha mentido
se ha de cantar?

Las palabras caducas de los hombres
no han el calor
de sus lenguas de fuego, de su viva
tremolacion.

Como un hijo, con cuajo de mi sangre
se sustenta él,
y un hijo no bebio mas sangre en seno
de una mujer.

¡Terrible don! Socarradura larga
que hace aullar
El que vino a clavarlo en mis entrañas
¡tenga piedad!

(Gabriela Mistral)


Illustration: Alexandre Séon

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