Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘cafard’

Signe d’aucun signe (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



 

univers

Signe d’aucun signe où l’art pense à tout, pourquoi ton cri : Univers?
Que brille le jour de dire la vérité mésodique par le chant dans le recul de la mémoire-avenir.
Comète, viens à nous dans le tourbillon des âges !
Allons par maints détours jusqu’aux esquisses des continents.
Nous rêvons un autre monde sans sauterelles ni cafards.
Adieu ! rosier mal taillé à l’insu des parfums.
Là-bas dans le ciel bleu de hautes Ecritures je vais rencontrer ma vie.
Elle a peut-être quelque chose à dire.

(Georges Libbrecht)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LES ZOOLOGIES (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018


 


 

Igor Morski -9 [1280x768]

LES ZOOLOGIES

Un poisson nage au fond de ma poitrine,
Un oiseau plane au creux de mon cerveau.
Je me soumets à leurs libres critiques :
Ils ont la grâce éclatante des mots
Venus tout droit de leurs zoologies.

Ce manuscrit, qu’en dirait le coyote,
Et ce roman, plairait-il au lézard ?
Cette musique, est-ce toi qui la portes
Ou l’hirondelle ou le sage cafard ?
Et si mon corps n’était que faune et flore !

Jamais genette ici ne put survivre.
Les animaux fiancés à la mort,
En s’enfermant dans leurs prisons de cuivre
Ont fait chanter mon âme un peu plus fort.
Je les aimais du fond de mes élytres.

Zèbre ici-bas de pampas se contente
Et zèbre ailleurs marche au fond de la mer.
Un rouge-gorge est un bijou qui chante,
Une prunelle un oiseau toujours vert
Et chaque lèvre un frisson d’eau dormante.

Ils sont tous là : aigles, poissons, virgules
Et double V, redoutable animal.
Tout leur cortège en ma phrase circule,
Un cri s’élève : amour est le fanal,
Je suis gardé par ses tendres globules.

Il n’est qu’ara pour parler de contrainte,
Il n’est que lièvre à dévorer le vent.
Je me soumets, animaux, à vos plaintes.
Toute douleur est préface du chant,
Vivez en moi, frères venus des limbes.

Imprimez-vous en ma peau, lettres vives,
Et gardez-moi d’oublier vos pelages.
Qu’un livre soit le jumeau, le sosie
Des animaux échappant à nos cages.
Un tigre d’or circule dans mes phrases,
La coccinelle est au bout de ma ligne,
Tout livre est jungle où la parole est libre.

(Robert Sabatier)

Illustration: Igor Morski

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ballade à la lune (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2018



jean-baptiste-feldmann-lune-clocher

Ballade à la lune

C’était, dans la nuit brune,
Sur le clocher jauni,
La lune
Comme un point sur un i.

Lune, quel esprit sombre
Promène au bout d’un fil,
Dans l’ombre,
Ta face et ton profil ?

Es-tu l’oeil du ciel borgne ?
Quel chérubin cafard
Nous lorgne
Sous ton masque blafard ?

N’es-tu rien qu’une boule,
Qu’un grand faucheux bien gras
Qui roule
Sans pattes et sans bras ?

Es-tu, je t’en soupçonne,
Le vieux cadran de fer
Qui sonne
L’heure aux damnés d’enfer ?

Sur ton front qui voyage.
Ce soir ont-ils compté
Quel âge
A leur éternité ?

Est-ce un ver qui te ronge
Quand ton disque noirci
S’allonge
En croissant rétréci ?

Qui t’avait éborgnée,
L’autre nuit ? T’étais-tu
Cognée
A quelque arbre pointu ?

Car tu vins, pâle et morne
Coller sur mes carreaux
Ta corne
À travers les barreaux.

Va, lune moribonde,
Le beau corps de Phébé
La blonde
Dans la mer est tombé.

Tu n’en es que la face
Et déjà, tout ridé,
S’efface
Ton front dépossédé.

Rends-nous la chasseresse,
Blanche, au sein virginal,
Qui presse
Quelque cerf matinal !

Oh ! sous le vert platane
Sous les frais coudriers,
Diane,
Et ses grands lévriers !

Le chevreau noir qui doute,
Pendu sur un rocher,
L’écoute,
L’écoute s’approcher.

Et, suivant leurs curées,
Par les vaux, par les blés,
Les prées,
Ses chiens s’en sont allés.

Oh ! le soir, dans la brise,
Phoebé, soeur d’Apollo,
Surprise
A l’ombre, un pied dans l’eau !

Phoebé qui, la nuit close,
Aux lèvres d’un berger
Se pose,
Comme un oiseau léger.

Lune, en notre mémoire,
De tes belles amours
L’histoire
T’embellira toujours.

Et toujours rajeunie,
Tu seras du passant
Bénie,
Pleine lune ou croissant.

T’aimera le vieux pâtre,
Seul, tandis qu’à ton front
D’albâtre
Ses dogues aboieront.

T’aimera le pilote
Dans son grand bâtiment,
Qui flotte,
Sous le clair firmament !

Et la fillette preste
Qui passe le buisson,
Pied leste,
En chantant sa chanson.

Comme un ours à la chaîne,
Toujours sous tes yeux bleus
Se traîne
L’océan montueux.

Et qu’il vente ou qu’il neige
Moi-même, chaque soir,
Que fais-je,
Venant ici m’asseoir ?

Je viens voir à la brune,
Sur le clocher jauni,
La lune
Comme un point sur un i.

Peut-être quand déchante
Quelque pauvre mari,
Méchante,
De loin tu lui souris.

Dans sa douleur amère,
Quand au gendre béni
La mère
Livre la clef du nid,

Le pied dans sa pantoufle,
Voilà l’époux tout prêt
Qui souffle
Le bougeoir indiscret.

Au pudique hyménée
La vierge qui se croit
Menée,
Grelotte en son lit froid,

Mais monsieur tout en flamme
Commence à rudoyer
Madame,
Qui commence à crier.

 » Ouf ! dit-il, je travaille,
Ma bonne, et ne fais rien
Qui vaille;
Tu ne te tiens pas bien.  »

Et vite il se dépêche.
Mais quel démon caché
L’empêche
De commettre un péché ?

 » Ah ! dit-il, prenons garde.
Quel témoin curieux
Regarde
Avec ces deux grands yeux ?  »

Et c’est, dans la nuit brune,
Sur son clocher jauni,
La lune
Comme un point sur un i.

(Alfred de Musset)

Illustration

.. et sans clocher.. vue de l’Espace (Thomas Pesquet)
Super moon

et toute la splendeur de la Terre
https://www.flickr.com/photos/thom_astro/

https://arbrealettres.wordpress.com/2016/12/08/magnifique-notre-vaisseau/

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Caresses (Alain Mous)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



Caresses, caresses, dans l’ombre d’un espoir.
Que toutes les promesses qui s’infiltrent dans le noir,
conduisent ce geste et brisent les miroirs.
Puissent-elles devenir modestes, seulement pour un soir ?

Caresses, caresses, ne restez pas avares,
sur ce corps de princesse aussi doux que l’ivoire ;
exprimez la tendresse et chassez le cafard,
faites de ce geste une onde libératoire.

Caresses, caresses aide-moi à y voir,
au travers de mes prouesses et de ma mémoire.
Je ne peux décrypter mais j’aimerais savoir
si tu m’aimes princesse, malgré tes grimoires.

(Alain Mous)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Navigateur solitaire (Horacio Castillo)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2018



 

Navigateur solitaire

À présent, chaque mille que je naviguerai vers l’ouest
m’éloignera de tout. Pas le moindre signe
de vie : ni poissons, ni oiseaux, ni sirènes,
ni cafard zigzaguant sur la couverture.
Seulement l’eau et le ciel, l’horizon détruit,
la mer, qui chante toujours comme moi la même chanson.
Ni poissons, ni oiseaux, ni sirènes,
ni cette étrange conversation sur la sentine
que perçoit l’oreille aux heures de calme.
Seulement l’eau et le ciel, le roulis du temps.
La nuit, l’étoile Achernar apparaît sur la proue;
entre les haubans, Aldébaran; à tribord,
un peu plus haut que l’horizon,
le Bélier. Alors je me rends, je dors. Et le néant,
avec délicatesse, vient manger dans ma main.

(Horacio Castillo)

Découvert chez Lara ici

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SENTIMENTS INSOMNIAQUES (Lionel Daigremont)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2018




SENTIMENTS INSOMNIAQUES

J’ai comme un truc, comme un trac,
Traquenard, cauchemar que je broie dans le noir,
Espoir et cafard dans le démon du soir,
Ma montre insolente met dans ma tête des « tic-tac ».

Mes pensées empilées sont un bric-à-brac
A me rendre cardiaque, aux vapeurs d’ammoniac,
J’ai vidé, et revidé encore mon sac,
Mais chassez-les, elles reviennent en ressac,
Avec leurs spectres pour vous mettre des claques :
Drôles d’ecchymoses qui rendent hypocondriaque.

Demain je vais encore être patraque,
Pas de remède, plus d’armagnac, plus de cognac,
Les passions, les désirs, les questions toujours à l’attaque…
Pourquoi aimer me rend-il à ce point insomniaque ?

(Lionel Daigremont)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Des pattes du cafard (Tsutomu Fujino)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2017



cockroach

Des pattes du cafard
que j’ai manqué d’écraser
restent là

(Tsutomu Fujino)

 

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

Bzzzzzz… (Robert Gelis)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2017



Bzzzzzz …

Dans le ciel au hasard
L’abeille tourne en rond
A-t-elle le cafard?
A-t-elle le bourdon?

Non! L’abeille a perdu
Le doux miel de sa bouche
Elle ne le trouve plus
Et elle a pris la mouche…

(Robert Gelis)


Illustration

Posted in humour, poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Jour de cafard (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2016



calimero

Jour de cafard

D’abord on n’a pas entendu le réveil et se levant en toute hâte
on se meurtrit le gros orteil contre un outil oublié

En se rattrapant au mur on fait tomber une gravure précieuse
dont la vitre vole en éclats les plombs sautent

Dès qu’ils sont enfin réparés le facteur sonne
apportant un avis recommandé du contrôleur des contributions

Alors on voit qu’un bouton manque au col de la chemise qu’on vient d’enfiler
c’est le moment que choisit la dent creuse pour vous rappeler
qu’il est urgent de la faire soigner

(Michel Butor)

 

 

Posted in humour, méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Lassitude (Birago Diop)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2016



Lassitude

Je traîne à chaque pas un boulet trop lourd
Fait de regrets, d’ennuis, de souvenirs moroses;
Mais parfois, remembrant mes plus vieilles amours
Je trouve un doux parfum aux plus tristes des choses.

D’autres fois, le plus souvent quand s’abîme le jour,
Je me sens seul, en proie à un cafard sans cause,
Seul et veule et sans joie, invoquant le secours
D’un sourire défunt qui vaincrait ma névrose.

Étreintes et aveux où donc vous trouvez—vous ?
Sans vous je ne veux que pleurer ma peine amère.
Car le temps est parti portant je ne sais où

Tout ce que j’eus en moi de tendre et de sincère:
Echos d’un murmure et reflets d’un souvenir,
Mes rêves les plus doux, Mes plus fougueux désirs.

(Birago Diop)


Illustration: Bernard Buffet

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :