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Posts Tagged ‘cailloux’

Ton rire (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019



Ton rire

Tu as un rire en cascade
Sur de joyeux cailloux
Un rire d’herbe humide
Dans la prairie de nos ébats
Un rire du bout des doigts
Qui cueillent celui des fleurs
Un rire d’ailes qui battent
Au moment de l’envol
Un rire de feuilles
Quand le vent s’amuse
Un rire de nuit
A se glisser sous les draps
Un rire de jour
A se livrer à l’amour
Et finalement un rire de femme
Sur des lèvres sensuelles.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Guillaume Seignac

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Renouveau (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2019



Renouveau

Mon cœur s’insurge
Devant un ciel blessé
Le froid engourdit le pays
La rivière se marbre de glace
L’herbe se brise comme du verre
Mais il arrive un moment
Où le sol secoue son corset de givre

Quand l’eau chante sur l’écho du matin
Que les fleurs se parlent entre elles
Que les arbres rient d’eux-mêmes
Que les cailloux crient sous les pieds des marcheurs
Et que la maison danse dans la lumière
Quand le soleil sort de sa torpeur
Que le sable tressaille sous la caresse de la mer
Et que les oiseaux jouent avec les nuages
Je communie avec le renouveau

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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Voici la mer, verte et claire (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2018



 

Voici la mer, verte et claire
Et dans ses flancs, mille poissons
Ondulant leurs écailles en silence
Dans un monde d’herbes vertes et claires.
Voici mille cailloux: mille yeux
Tous plus vifs que le soleil.
Voici les vagues: des danseurs
Sur un parquet d’émeraude
Font des pointes
Pour danser la mer,
Légers comme une pantomine.

(Dylan Thomas)

 

Illustration: ArbreaPhotos

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Querelle (Théodore de Banville)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2018




Querelle

Lorsque ma sœur et moi, dans les forêts profondes,
Nous avions déchiré nos pieds sur les cailloux,
En nous baisant au front tu nous appelais fous,
Après avoir maudit nos courses vagabondes.

Puis, comme un vent d’été confond les fraîches ondes
De deux petits ruisseaux sur un lit calme et doux,
Lorsque tu nous tenais tous deux sur tes genoux,
Tu mêlais en riant nos chevelures blondes.

Et pendant bien longtemps nous restions là blottis,
Heureux, et tu disais parfois : Ô chers petits,
Un jour vous serez grands, et moi je serai vieille !

Les jours se sont enfuis, d’un vol mystérieux,
Mais toujours la jeunesse éclatante et vermeille
Fleurit dans ton sourire et brille dans tes yeux.

(Théodore de Banville)

Illustration: Henry Cousinou

 

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Des soleils naufragés (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2018



   

Illustration

Des soleils naufragés
S’égarent sur la terre
Une robe de mousse s’ouvre
Sur la plaie de l’écorce
Blessure de lumière charnelle
Qui fait les silences rugueux

Le vent pousse les nuages
Mais les cailloux se désespèrent
De troubler les reflets de l’eau
Les cloches de la soif tintent
Dans une église d’arbres
Les papillons de la pluie
Accourent vers ma fenêtre

(Jean-Baptiste Besnard)

Site de Jean-Baptiste

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À travers la campagne (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2018





Illustration

    
À travers la campagne

Le vent m’enveloppe de froid
Là-bas l’horizon bouscule les nuages
Derrière la ferme
Où les vignes arpentent les fils de fer
Où le chemin s’accroche aux haies

Une cloche égrène des sons
Je ne crois pas
Mais la foi est en moi
Je me moque de l’éternité
Elle est en moi
Quand la clarté lisse
Les cailloux de ma fronde
Que la peau du champ craquelle sous mes yeux
Que ma main caresse
Jusqu’à sa pâmoison
Le ventre plat de la prairie
Sous sa robe d’herbage
Qu’ornent des boutons d’or.

(Jean-Baptiste Besnard)

Site de Jean-Baptiste

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Le chant (Charles Le Quintrec)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2018



Le chant

Le chant monte à la mer
avec les souvenirs

Nous avons eu de beaux jours et du ciel bleu
Nous avons dansé sur les dunes
et joué sous les vagues à capturer des hippocampes

Notre jeunesse a grandi
nous sommes devenus grands
nous sommes devenus jeunes

Nous avons revêtu la jeunesse des astres.

Le chant monte à la mer
à l’heure du jusant.
Le monde veut jouer comme l’enfant des foires
Le monde fait de l’or en frottant ses cailloux
Le monde n’est pas mort
Ses rêves sont debout.

Le chant monte à la mer
qui le sème à tous vents
Le monde est plus heureux
depuis qu’il n’est plus temps.

(Charles Le Quintrec)

Illustration: BAEL DAINA

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Les cailloux font ce qu’ils peuvent… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



Les cailloux font ce qu’ils peuvent…

Si tu vois un escargot en panne, n’interviens pas.
Il s’en tirera tout seul.
Tu pourrais le vexer.
Ou bien – qui sait? –
le rendre malade.
Même conseil en ce qui concerne les étoiles.
Si tu vois une étoile qui n’est pas à sa place sur les étagères du ciel,
dis-toi qu’elle doit avoir ses raisons.
Il n’est pas recommandé non plus de pousser la rivière dans le dos
pour qu’elle aille plus vite : elle fait son possible.
Ah, j’oubliais : les cailloux font ce qu’ils peuvent,
eux aussi, en attendant d’aller dans la bétonneuse.
Evite donc de leur donner des coups de pieds, même en douce.

(Jean Rousselot)

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ODE DE MES PEINES (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018



ODE DE MES PEINES

Peut-être que quelqu’un, que quelques-uns
veulent savoir
quelque chose de moi.

Je m’interdis
de parler de mes peines.
Encore jeune, presque vieux
et suivant mon chemin
je ne puis
sans
épines
couronner
mon coeur
qui a tant
travaillé,
mes yeux
qui ont exploré la tristesse
et sont revenus sans pleurs
des embarcations
et des îles.

Je vais vous raconter comment
quand je suis né
les hommes, mes amis,
aimaient
la solitude, l’air
le plus lointain,
et la vague aux sirènes.

Je suis revenu
des
archipels,
je suis revenu des jasmins,
du désert,
pour être,
être,
être,
avec d’autres êtres,
et quand j’ai été,
non pas ombre ni évadé,
un humain, j’ai reçu les chargements
du coeur humain,
les perfides cailloux
de l’envie,
l’ingratitude servile de chaque jour.

Reviens, Monsieur, susurrent
de plus en plus lointaines les sirènes :
elles fouettent l’écume
et coupent de leur queue
argentée
la transparente
mer
des souvenirs.

Nacre et lumière mouillées
comme des fruits jumeaux
à la clarté de la lune enivrante.

Ah! et je ferme les yeux.

Le murmure du ciel dit adieu.
Je vais à ma porte recevoir des épines.

(Pablo Neruda)


Illustration

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Vigne (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2018



Vigne

Les vendangeuses sont parties pour la vendange,
elles vont cueillir le raisin mûr.
Écoutez leurs cris et leurs chansons,
maintenant qu’elles reviennent;
voyez leurs yeux comme ils brillent;
la chaleur des grappes vermeilles s’est répandue sur leur visage.
Elles se tiennent par la main, et elles chantent en choeur
la chanson de la vigne, la jolie chanson du vigneron.

Je suis le mari de la vigne.
Alerte, bon vigneron!
J’étais bien jeune quand je l’ai épousée, et elle aussi,
la pauvre petite vigne;
elle n’était pas plus haute que ma main.
Je lui suis resté bien fidèle, pourtant.
C’était ma maîtresse, mon trésor le plus précieux.
Le dimanche, je le passais auprès d’elle;
j’écartais les cailloux de son chemin,
j’arrachais les mauvaises herbes de ses pas,
je passais de longues heures devant elle à la regarder.
Hiver, été; par le chaud, par le froid; par le vent, par la pluie,
c’est pour elle que je travaillais.
Il ne faut pas rester les bras croisés quand on est le mari de la vigne.

Toujours nous avons fait bon ménage.
Voyez les jolis enfants qu’elle m’a donnés!
Leur troupe couvre le côteau, et puis là-bas, dans la plaine,
voilà mes petits-enfants.
Chantons la vigne, la femme du vigneron.
Le vin n’a jamais fait de lâches ni de traîtres; le vin attire
le coeur sur les lèvres. C’est la vigne qui nous donne le vin!
Aussi, quand au printemps elle livre à la brise
le parfum pénétrant de sa petite fleur verte,
tout le monde est heureux,
tout le monde se sent renaître, et l’on attend l’automne
pour célébrer le mari et la femme,
la vigne et le vigneron.

(J.J. Grandville)

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