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Poésie

Posts Tagged ‘Caïn’

Caïn (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018



Illustration: Marc Chagall
    
Caïn reste mon frère
il est la terre
qui me nourrit
d’incertitude

Le soir je sens
remuer en moi
ses mains de tueur

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour Poèmes choisis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Écrit au crayon (Dan Pagis)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2017



Illustration
    
Écrit au crayon
dans le wagon scellé
Ici dans ce convoi
Je suis Ève
Avec mon fils Abel
Si vous voyez mon fils aîné
Caïn fils d’Adam
Dites-lui que je

(Dan Pagis)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: E. Moses
Editions: Gallimard

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Race (Karen Gershon)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2017



Race

Lorsque je retournais dans ma ville d’origine,
je croyais que personne ne se soucierait
de savoir qui j’étais et ce que je pensais
Mais c’était comme si les gens voyaient
partout un écho de qui j’étais,
ils connaissaient mon histoire en regardant mon visage
et moi, qui suis toujours seule,
je devins un symbole de ma race.

Comme tout juif vivant j’ai
vu dans mon imaginaire
les chambres à gaz, les charniers,
ce corps inconnu qui a été le mien
et j’ai trouvé dans chaque visage allemand,
derrière le masque, la marque de Caïn.
Je ne ferai pas miennes leurs pensées
en haïssant les gens pour leur race

(Karen Gershon)

 

 

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L’HORREUR (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2016




L’HORREUR

Je me vis traverser des pièces oubliées
– Les astres, fous, dansaient sur un fond bleu
Et dans les champs hurlaient les chiens,
Et le foehn ravageait sauvagement les cimes.

Et puis soudain : silence ! La sourde ardeur des fièvres
Fait éclore des fleurs vénéneuses à mes lèvres,
Des branches s’égoutte, comme d’une blessure,
La rosée, pâle éclat, et goutte, goutte comme du sang.

Du désert illusoire d’un miroir émerge
Lentement, comme se dirigeant dans le flou,
Une face d’horreur et de ténébre : Caïn !

Tout bas froufroute une tenture de velours,
Par la fenêtre la lune semble fixer le vide
Et puis me voici seul avec mon assassin.

***

DAS GRAUEN

Ich sah mich durch verlass’ne Zimmer gehn.
— Die Sterne tanzten irr auf blauem Grunde.
Und auf den Feldem heulten laut die Hunde,
Und in den Wipfeln wühlte wild der Föhn.

Doch plötzlich : Stille ! Dumpfe Fieberglut
Läßt giftige Blumen blühn aus meinem Munde,
Aus dem Geäst fä…llt wie aus einer Wunde
Blaß schimmernd Tau, und fä…llt, und äf…llt wie Blut.

Aus eines Spiegels trügerischer Leere
Hebt langsam sich, und wie ins Ungefä…hre
Aus Graun und Finsternis ein Antlitz : Kain !

Sehr leise rauscht die samtene Portiere,
Durchs Fenster schaut der Mond gleichwie ins Leere,
Da bin mit meinem Mörder ich allein.

(Georg Trakl)

 

 

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