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Posts Tagged ‘calciné’

CE N’EST PAS TOI (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2020



 

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CE N’EST PAS TOI

Ce n’est pas toi qui materas le monde
Et t’enfonceras muet en un avec le temps,
Lézardé, tu seras le désir,
Calciné, à vif, la voix rauque.

Comme le Karst, quand le vent encore chaud
Embrase les pinèdes,
Incendie l’obscur — et ton pas
En vain va chercher la paix dans les ténèbres.

Ce n’est pas toi qui l’étreindras
Quand la noire nuit tombera sur elle,
Tu rêveras et tu convoiteras
Et la mort t’arrachera le rêve.

(Srecko Kosovel)

 

 

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Mathilde (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2019



Mathilde, nom de plante ou de pierre ou de vin,
nom de ce qui est né de la terre, et qui dure,
la croissance d’un mot a fait lever le jour,
dans l’été de ton nom éclatent les citrons.

Sur ce nom vont courant les navires de bois
entourés par l’essaim bleu marine du feu,
les lettres de ton nom sont l’eau d’une rivière
qui viendrait se jeter en mon coeur calciné.

Oh ce nom découvert sous un volubilis,
nom semblable à l’entrée d’un tunnel inconnu
qui communique avec tous les parfums du monde !

Oh envahis-moi de ta bouche qui me brûle,
cherche en moi, si tu veux, de tes yeux de nuit, mais
laisse-moi naviguer et dormir sur ton nom.

***

Matilde, nombre de planta o piedra o vino,
de lo que nace de la tierra y dura,
palabra en cuyo crecimiento amanece,
en cuyo estío estalla la luz de los limones.

En ese nombre corren navíos de madera
rodeados por enjambres de fuego azul marino,
y esas letras son el agua de un río
que desemboca en mi corazón calcinado.

Oh nombre descubierto bajo una enredadera
corno la puerta de un túnel desconocido
que comunica con la fragancia del mundo !

Oh invádeme con tu boca abrasadora,
indágame, si quieres, con tus ojos nocturnos,
pero en tu nombre déjame navegar y dormir.

(Pablo Neruda)

 

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La pierre brûlante (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2019



La pierre brûlante
La lampe au loin
Les dahlias calcinés
Le bonheur est dans nos mains
Depuis le premier jour.

(Jean Rousselot)

 

 

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NOIR (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019



NOIR

Fleurs faites cendres, vaste amas de noir…
Cercueils calcinés, d’un noir métallique,
Habits funéraires d’un noir tragique,
Et le noir profond, cet amas de noir…

Étincelles de rêve… amas de noir…
Carbonisé, l’amour n’est que fumée,
Dans la pluie un parfum, plumes brûlées…
Et rien que ce noir, cet amas de noir…

(George Bacovia)

 

 

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Plus rien ne demeure (Évelyne Trouillot)

Posted by arbrealettres sur 28 mars 2019



 

Guy Baron_souvenir_3

Plus rien ne demeure
si ce n’est ton haleine
aux alentours de mon rire
J’ai habillé la nuit
de choses tendres
mais qui peut effacer
le profil calciné
des clairs de lune?

(Évelyne Trouillot)

Illustration: Guy Baron

 

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Esprit invisible, indivisible (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019



Hommage aux anges
[20]

Esprit invisible, indivisible,
comment as-tu pu venir si près,

comment pouvons-nous oser
nous approcher du grand-autel ?

nous sommes passés sous le portique calciné,
puis par un châssis — sans porte —

entrés dans un lieu saint ; comme un spectre,
nous sommes entrés dans la maison par un mur ;

puis, toujours sans savoir
si (comme le mur)

nous étions là ou bien pas-là,
nous avons vu l’arbre fleurir ;

c’était un arbre ordinaire
dans un vieux square jardin.

***

Invisible, indivisible Spirit,
how is it you come so near,

how is it that we dare
approach the high-altar?

we crossed the charred portico,
passed through a frame—doorless

entered a shrine; like a ghost,
we entered a house through a wall;

then still not knowing
whether (like the wall)

we were there or not-there,
we saw the tree flowering;

it was an ordinary tree
in an old garden-square.

(Hilda Doolittle)

Illustration

 

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Feux dans la forêt (Nicole Pottier)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2019



 

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feux dans la forêt –
dans l’odeur du bois calciné
souvenir d’été

(Nicole Pottier)

Illustration: Isa Lotte

 

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Je m’alimente (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2018




    
Je m’alimente de musique et d’eau noire.
Je suis ton enfant calcinée par un rêve implacable.

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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LA maison calcinée par la lumière (Álvarez Ortega)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2018




    
LA maison calcinée par la lumière
En haut, près de la fenêtre qu’embrase le lierre,
le visage qui n’a pas été.
Et puis, quand le rêve se dépeuplera,
la douleur de n’être qu’absence.

Aveugle, la voix du jour.

(Álvarez Ortega)

 

Recueil: Genèse suivi de Domaine de l’ombre
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Le Taillis Pré

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PRESENTE – ABSENTE (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2018



PRESENTE – ABSENTE

Toujours la même et d’une nuit à l’autre
Elle m’attend sous la lumière exsangue.
Elle est assise au centre de ma table.
Je la regarde : elle mange mon pain
Et boit mon vin goulée après goulée.
Toujours la même et sa bouche est un fruit
Qui saigne un peu — gercé par le sommeil.
Toujours la même… Elle ôte enfin sa robe,
Gagne ma couche y jetant un poids d’ombre
Sans que mon corps ne frémisse d’un choc.
Elle me parle en pétales qui brûlent
Et deviendront murmures calcinés.
Elle me parle et nous nous épousons
Chair contre chair jusqu’à jouir du feu
Dont au matin je respire la cendre.

(Jules Tordjman)

Illustration: Odd Nerdrum

 

 

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