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QUE PENSENT LES ÉTOILES (Itzhak-Leibush Peretz)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2019




Illustration: Vincent Van Gogh

    
QUE PENSENT LES ÉTOILES

Que méditent, à quoi pensent
Les étoiles dans leur transe
Lorsque les larmes qui luisent
Au fond des yeux s’y calcinent ?
Que pense donc, à quoi rêve
La triste source flétrie ?
Fulgure-t-elle, sa brève
Lueur parfois dans la vie,
L’éclair qui nous irradie?
Nous qui recherchons sans trêve
Dans les jours d’obscurité
Pour la pauvre humanité
Le chemin qu’elle perdit?

Que méditent donc, que pensent
Ceux-là sans cesse qui poussent
La brouette des souffrances ?
Est-ce qu’au moins sur leurs lèvres
Que pèlent et que calcinent
Les perpétuels soucis
Brille parfois un sourire ?
Un reflet de l’avenir,
D’un lendemain plus heureux
Qui nous ferait reconnaître
Dans les ténèbres des cieux
Toute dorée, une rive ?

À quoi pense la famine
Dans les caves faméliques ?
Le sommeil ne veut venir
Et la nuit n’est que silence,
Est-ce qu’au moins elle entend
Dans la paix l’écho de fer –

C’est le pas pesant des temps,
Générations en marche,
Est-ce que le ciel se fend
Parfois dans la main de Dieu ?
Est-ce qu’il voit le tonnerre,
Est-ce qu’il sait que c’est vrai?

(Itzhak-Leibush Peretz)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Cela me frappait – chaque Jour – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018


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Cela me frappait – chaque Jour –
Foudre aussi neuve
Que si la Nue se fendait sur-le-champ
Pour vomir le Feu –

Cela me brûlait – dans la Nuit –
Et Calcinait Mon Rêve –
Et se ravivait à mes yeux –
A chaque retour du Matin –

Je croyais l’Orage – chose brève –
La plus Folle – la plus vite –
Mais de Ceci la Nature a perdu la Date –
Elle l’a laissé dans le Ciel –

(Emily Dickinson)

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AINSI SOIT ELLE (Georges Perros)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2018



Illustration: Pascal Renoux
    
AINSI SOIT ELLE

Oui, nous ferons la croix ensemble,
Et je te clouerai sur le lit
Et je mêlerai mes membres
Aux tiens, ma petite amie.

Oui, cela ferons ensemble
Et je te prendrai la main
Comme à l’enfant pour descendre
Dans le ravin.

Nous jouirons de nous surprendre
Ainsi liés, oui, c’est promis,
Et caresserons nos cendres,
Avec mépris.

Nous regarderons en face
Nos deux pauvres corps meurtris
Sans y voir malice, et fasse
Que le bon Dieu n’y soit. Ainsi

Nous pourrons tous deux survivre
A cet enfer et paradis
Ainsi nous mourrons, et vive
Après l’hiver, l’âpre fruit.

Car il faut que tout finisse
En splendeur, chemise ou non
Ah! que le jour serait triste
Sans la nuit qui dit son nom.

Le plaisir veut qu’on y pense
Un rien de plus qu’il ne vaut
Que la bête en nous dépense
Son crescendo.

A l’amour rendons les armes,
Il nous dérange si peu!
Sois tel un soldat. Les larmes
Ne sont rien qu’un coup de feu

Qu’à personne l’on destine
Sans savoir pourquoi, comment,
Dresse ton corps et calcine
Ton sempiternel tourment.

Laisse-toi souffrir, ma belle,
Moi je laisse aller mon coeur.
Ainsi le navire appelle
L’ancre. Ainsi l’âme soeur, ma soeur.

(Georges Perros)

 

Recueil: J’habite près de mon SILENCE et 27 autres poèmes
Traduction:
Editions: Finitude

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Cela me frappait – chaque Jour – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018



Cela me frappait – chaque Jour –
Foudre aussi neuve
Que si la Nue à l’instant se fendait
Pour vomir le Feu –

Cela Me brûlait – dans la Nuit –
Et Calcinait Mon Rêve –
Et se ravivait à mes yeux –
A chaque retour du Matin –

Je croyais l’Orage – chose brève –
La plus Folle – la plus vite –
Mais de Ceci la Nature a perdu la Date –
Elle l’a laissé dans le Ciel –

***

It struck me — every Day –
The Lightning was as new
As if the Cloud that instant slit
And let the Fire through —

It burned Me — in the Night —
It Blistered to My Dream —
It sickened fresh opon my sight —
With every Morn that came —

I thought that Storm — was brief—
The Maddest — quickest by –
But Nature lost the Date of This –
And left it in the Sky —

(Emily Dickinson)


Illustration: Odilon Redon

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LE FEU (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2018




    
LE FEU

Arraché aux liturgies du ciel
Le Feu
Se rua sur nos terres
Incendia nos usages
Calcina nos frontières
Embrasa les vivants
Qui s’abusaient de mots

Ravivant les cendres
Ranimant l’aurore
Il ensemença de soleils
Nos sables et nos glacis.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Par-delà les mots
Traduction:
Editions: Flammarion

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Tourment (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017




    
Tourment

Coeur, entends-tu
Le pas léger
Derrière toi?

Coeur, vois-tu?
Quelqu’un te fait signe,
Un signe furtif de la main.

Est-ce toi ? Est-ce toi ?
La neige tourbillonne,
Le croissant se fige…

Est-ce toi qui descends?
Est-ce toi qui m’emmènes?
Toi, dont je suis épris?

Au-dessus des neiges sans fin
Envolons-nous!
Par-delà les mers brumeuses,
Brûlons jusqu’au bout!

Oiseau du tourbillon,
Aux sombres ailes,
Donne-moi deux ailes!

Qu’avec toi, chère à mon coeur,
Dans le cercle de lune argent,
Mon âme se languisse!

Que les braises de l’hiver
Calcinent la croix
Lointaine et menaçante!

Que nous volions, flèches sifflantes,
Vers l’abîme des étoiles noires.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Mon amour?… Dis-moi, te rappelles-tu (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2017



Mon amour?… Dis-moi, te rappelles-tu
ces tendres joncs,
languides et jaunes,
dans le lit desséché du ruisseau?…

Te rappelles-tu le coquelicot
que l’été calcina,
le coquelicot fané,
crêpe noir sur la campagne?

Te rappelles-tu le soleil glacé,
humble, du matin,
qui brille et tremble, brisé,
sur une fontaine gelée.

(Antonio Machado)

Illustration: Guy Baron

 

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Passion (José-Maria de Heredia)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2016



Le coeur est un volcan presqu’éteint où la lave
Ardente, s’est figée en son emportement
Et sous la volonté qui la tient en esclave,
On sent l’intérieur et sourd bouillonnement.

Mais il arrive un jour où brisant toute entrave,
Trouvant sa force même en son même tourment,
Lutteur ensanglanté des blessures qu’il brave,
L’irrésistible Amour, déborde en un moment!

Il déborde; il s’élance; et la lave agrandie
Promène en rugissant son sinistre incendie.
Et partout où passa le flot rouge et vainqueur

Calcinant sans pitié toutes les fleurs divines
Seul, parmi les débris de ce qui fut un coeur
L’Amour reste debout, sur ses propres ruines!

(José-Maria de Heredia)

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L’être calciné (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2015


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L’être calciné cède à la croyance
de quelque chirurgie spirituelle.

(Charles Dobzynski)

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