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Poésie

Posts Tagged ‘câle’

Au soir (Max Olivier Bizeau)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2019




    
Au soir, comme à l’ancre
L’Arc de Triomphe, une nef
Soleil dans la cale

***

(Max Olivier Bizeau)

 

Recueil: Paris … en haïku et en brèves
Traduction:
Editions: La Simarre

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Pavillon noir (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



Pavillon noir

Quand les filles de proue des caravelles
chantèrent à poitrine nue
l’amour sur la mer
les vaisseaux de ces reines
frémirent des cales aux hunes
comme de grands violoncelles
couchés sous la lune
et l’archet des vents
dans les cordages
prolongeait le chant
qui regrettait les rivages.

C’était un rude capitaine
le Roi l’avait remarqué
un jour que Jean s’en était allé
avec son vaisseau Fleur de Misaine
son équipage et ses gabiers
et qu’il avait souri à la reine
en jetant à ses pieds
les épices
de l’amour sans espoir
sous le pavillon noir.
C’est toujours l’amour qui appareille.
Lover signifie parfois bien-aimé.

Le vent chantait
Misaine Misaine
le vent qui vient de Vire
pare à vire
pare à virer
l’amour chavire
pare à aimer.

Et jouant dans les ramures du navire
pour les matelots qui ont la vague à
l’âme
le vent nonchalant
s’amusait
à ses essais sur la gamme.

La mort est mon second
ensemble nous voguons.
Quand les filles de proue des caravelles
devinrent de bois chantant
sur la mer la mer des sirènes
les sirènes se turent de honte
et noyèrent dans l’onde
les feux de leurs écailles.

Sur le pont Jean de la Manche dort.
Il rêve de la reine infidèle
qui oublia qu’elle fut sa belle
un instant.
II rêve de grille d’or
pour mettre la dame en cage
car l’amour est un sauvage
rouge et tatoué et menaçant.

La mort est mon second
ensemble nous voguons.
C’était un rude capitaine
qui commandait la Fleur de Misaine
capitaine que la Reine
a trop regardé
pour sa santé.
La Reine est morte depuis dix ans.
Le Roi ombrageux l’a étouffée
comme un canard au sang.
Misaine cherche dans le vent
Misaine cherche dans les cris

de la mouette et de la poulie
Misaine cherche jusque dans la haine
le souvenir de la voix
de l’infidèle au marin de l’infidèle au Roi
quand elle disait je t’aime
et qu’il était son amant.

Quand les filles de proue des caravelles
chantèrent la peine des forçats
la peine sur la mer
l’eau du monde ne fut plus qu’une voix
et les galériens crièrent au Roi :
Beau Sire du grand collège
tu as fait de nous les Juifs errants
de l’Océan
Hollandais volants
condamnés à ramer dix mille ans
mais nous avons le cœur content.
La mer chante dans le vent
du soleil levant!

La mort est mon second
ensemble nous voguons.

Quand les corsaires goddons
prirent Jean de Misaine
pour le pendre
Jean de Misaine chantait
Jean de Misaine chantait
devant la cravate de chanvre:
Mon amour revient dans le vent
mon amour mon beau revenant.
J’ai tué le Roi la Reine est morte
bourreau blond
tu m’ouvres la porte
du grand élan.

En manière d’ancre les marins de la
Misaine
portent une lyre de laine
sur leur maillot rayé.
Une rose à la main
le plus jeune mousse la tient
à peine effeuillée
c’est la rose des vents.

(Armand Lanoux)

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Printemps (Mohammed Dib)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2018



Illustration
    
Printemps

Il flotte sur les quais une haleine d’abîmes,
L’air sent la violette entre de lourds poisons,
Des odeurs de goudron, de varech, de poisson ;
Le printemps envahit les chantiers maritimes.

Ce jour de pluie oblique a doucement poncé
Les gréements noirs et gris qui festonnent le port ;
Eaux, docks et ciel unis par un subtil accord
Inscrivent dans l’espace une sourde pensée.

En cale sèche on voit des épaves ouvertes ;
En elles, l’âme vit peut-être… Oiseau têtu,
Oiseau perdu, de l’aube au soir reviendras-tu
Rêver de haute mer, d’embruns et d’îles vertes ?

Je rôde aussi, le coeur vide et comme aux abois,
Un navire qui part hurle au loin sous la brume ;
Je tourne dans la ville où les usines fument,
Je cherche obstinément à me rappeler, quoi ?

(Mohammed Dib)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: De la Différence

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La pluie est une blessure (Auguste Bonel)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2017



La pluie est une blessure
au ventre de la terre
une ride sur les feuilles
le vent dans les branches
une valse sanglante
nous transportons la cale
dans toutes nos traversées
en pleine constellation
nous butons sur la caverne

La faim fleurit à la croûte du pain

(Auguste Bonel)

 

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Un baobab (Jean Orizet)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2017



Un baobab

Un paisible et géant baobab.

C’était la dernière vision humaine
qu’emportaient les esclaves noirs de Gorée
avant d’entrer, presque à quatre pattes,
dans les réduits ouvrant directement sur
la mer, d’où ils partaient pour les Amériques.

Chaque fois que l’un d’eux mourait,
dans ses fers, à fond de cale, il poussait,
quelque part sur une savane d’Afrique,
un baobab.

(Jean Orizet)


Illustration

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Le bon Dieu, où est-Y? (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2017



-« Enfin, puisque c’est Sa demeure,
Le bon Dieu, où est-Y? »
-« Chut, me dit-elle: Il est sorti,
On ne sait à quelle heure. »

« Et de nous tous le plus calé,
Je dis: Satan lui-même,
Ne sait en ce désordre extrême
Où diable Il est allé. »

(Paul-Jean Toulet)

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Fais sauter les cales de lumière (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2017



 

Aivazovsky 25a

Fais sauter les cales de lumière
la parole flottante est au crépuscule

(Paul Celan)

Illustration: Aivazovsky

 

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La négraille (Aimé Césaire)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2016



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La négraille aux senteurs d’oignon frit retrouve dans son sang répandu le goût amer de la liberté

Et elle est debout la négraille

la négraille assise
inattendument debout
debout dans la cale
debout dans les cabines
debout sur le pont
debout dans le vent
debout sous le soleil
debout dans le sang

debout
et
libre

(Aimé Césaire)

Découvert ici: https://litteratureportesouvertes.wordpress.com/

 

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Elle était venue (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2016



Elle était venue sur les marches tièdes
Et s’était assise.

Sa tête gentille était inclinée
Un peu de côté;

Ses mains réunies étaient endormies
Au creux de sa jupe;

Et elle croisait ses jambes devant elle,
Un des pieds menus pointant vers le ciel.

Il dut le frôler, ce pied, pour passer
Et il dut la voir.

Il vit son poignet qui donnait envie
D’être à côté d’elle dans les farandoles
Où l’on est tiré, où il faut qu’on tire
Plus qu’on n’oserait…

Il vit la ligne de son épaule
Qui donnait envie de l’envelopper
Dans un tendre châle.

Mais le désir lui vint de regarder sa bouche
Et ce fut le départ de tout.
Mais le besoin lui vint de rencontrer ses yeux
Et ce fut la cause de tout.

(Charles Vildrac)


Illustration: Fabienne Contat

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