Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘calebasse’

Wollo Wollo (Pierre Béarn)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2018



J’ai marché sur la terre usée des champs
Wollo Wollo
et j’ai suivi les femmes qui cheminent
sous les calebasses
longtemps longtemps vers les marchés.
l’ai vu passer les bêtes roulantes
des hommes qui n’ont pas de couleur
Wollo Wollo
mais j’ai vu fuir les démons qui les habitent.
Le lion perdra sa chevelure
et le surprenant ne pourra plus rien contre le surpris
Wollo Wollo
mais il faut marcher plus vite que l’horizon
et je marche.

(Pierre Béarn)

Illustration: Alberto Giacometti

 

 

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JE PENSE À L’ERMITE TAOÏSTE DU MONT QUANJIAO (Wei Yintu)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2018



JE PENSE À L’ERMITE TAOÏSTE DU MONT QUANJIAO

Ce matin très froid dans mon pavillon
Je pense soudain à toi, ermite sur le mont
Tu cherches des fagots au fond du ravin
De retour tu réchauffes des pierres blanches
J’aimerais tant t’apporter une calebasse de vin
Pour te consoler dans cette soirée de pluie et de vent
Mais avec la montagne couverte de feuilles mortes
Où puis-je trouver tes traces ?

(Wei Yintu)

 

 

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L’HOMME BLANC (Jules Romains)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2018



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L’HOMME BLANC

— Retourne chez toi, homme blanc!

Nous ne t’avions rien demandé ;
Des fièvres que ta race endure
Nous n’avions pas même l’idée.

Pieusement vers nous tournées
Nous allaitaient de solitude
Les sept mers au ventre ridé.

Tu nous as sept fois apporté
Ton malheur, ton inquiétude.
Ta puissance, tu l’as gardée.
Tu nous as fait divorcer d’avec les vieilles sagesses ;
Mais le savoir que tu vends ne les a pas remplacées.

Tu nous as fait divorcer d’avec la terre et les sources,
D’avec les forces du sol et les forces d’en dessous.
Mais les forces que tu vends ne les ont pas remplacées ;

Tes forces mal à toi, méchantes filles du feu roux,
Tes forces qu’un fil conduit et que moulinent des roues,
Tes forces de dieu voleur dont tu n’as jamais assez!

Comme on donne deux venins dans une seule morsure,
Tu nous as communiqué l’orgueil peu sûr d’être un homme,
Et la honte sans pardon d’être un homme dépassé.

Retourne chez toi, homme blanc!
Écoute les tambours tremblants
Qui nous ameutent sous les arbres ;
Les troncs creusés, les calebasses,
Les crécelles, les crins stridents ;
Les sifflements entre les dents,
Les cornes rauques, les coquilles,
Les fifres faits d’un ossement ;
Les cymbales, les oliphants ;
Entends le tam-tam circulaire
Comme l’horizon sur tes tempes
Qui se resserre en palpitant ;
Entends les gongs, les cloches plates,
Aux tours des couvents de montagne
Et les plaques sous les battants.
Entends le grand rassemblement
Qui nous soulève et qui te chasse.

(Jules Romains)

Illustration: Ouzin

 

 

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Sous les ponts de Paris (André Breton)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2016



Sous les ponts de Paris, le fleuve monnaye, entre autres méreaux,
le souvenir des priapées au temps où le chef des jongleurs levait tribut sur chaque folle femme.
Et chacun de nous passe et repasse, traquant inlassablement sa chimère,
la tête en calebasse au bout de son bourdon.

(André Breton)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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