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Poésie

Posts Tagged ‘calèche’

La vieille calèche au fond de la grange (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2019



la vieille calèche au fond
de la grange est pourrie
comment se souvenir
des dimanches des rires
de filles et puis du temps
qui tournait avec ses roues
sur le pavé cahotant
chanté par l’accordéon ?

(Jean-Claude Pirotte)


Illustration

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C’est toujours dimanche avec les mots, avec les mots … (Christian Da Silva)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



Une algue a poussé dans le pré,
la mouette est sur l’érable
et la maison se fait voilier.

Dans le feu
s’étire un soleil de vacances,
juste assez
pour que le sable reste au sec.

Un rêve court, un rêve danse,
et c’est la plage dans ma main,
et c’est le blé dorant la neige,
et c’est une île qui revient.

Avec des mots d’eau fraîche,
la chaîne du puits lève l’ancre,
une histoire roule calèche
et c’est toujours dimanche,
avec les mots,
avec les mots …

(Christian Da Silva)

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Le temps de toi (Gaston Miron)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2018



Le temps de toi

Il fait un temps fou de soleil carrousel
la végétation de l’ombre partout palpitante
le jour qui promène les calèches du bonheur
le ciel est en marche sur des visages d’escale
puis d’un coup le vent s’éprend d’un arbre seul
il allume tous les rêves de son feuillage

Belle vie où nos mains foisonnent je te coupe
je reçois en plein coeur tes objets qui brillent
voici des silences comme des revolvers éteints
mes yeux à midi comme des étangs tranquilles
les fleurs sont belles de la santé des femmes

Le temps mon amour le temps ramage de toi
continûment je te parle à voix de passerelles
beaucoup de gens murmurent ton nom de bouquet
je sais ainsi que tu es toujours la plus jolie
et naissante comme les beautés de chaque saison
il fait un monde heureux foulé de vols courbes

Je monte dans les échelles tirées de mes regards
je t’envoie mes couleurs vertes de forêt caravelle
il fait un temps de cheval gris qu’on ne voit plus
il fait un temps de château très tard dans la braise
il fait un temps de lune dans les sommeils lointains

(Gaston Miron)


Illustration: Dominique Fortin

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CHEVAUX DE BOIS CHEVAUX DE MON ENFANCE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2018




    
CHEVAUX DE BOIS
CHEVAUX DE MON ENFANCE

Chevaux de bois, bêtes d’apocalypse,
Sommeils d’enfants, calèches de velours,
Tournez pour nous dans les fêtes foraines,
A mi-chemin de la terre et du ciel.

Pistons crevés, hurlantes limonaires,
Cacophonie haletante d’enfer,
Kiosque braillant de cris et de lumières
Combien plus beau que le chemin de fer !

Virez, chevaux couronnés de visages,
De convoitise et de rires envieux,
Ménagerie des illusions sans âge :
Coqs et cochons, girafes, éléphants.

Nous, pour vous voir, nous venions des villages
La tête rase et les yeux grands ouverts,
Chevaux tout droits cabrés dans la fanfare
Montant, baissant comme la houle en mer.

Coeurs fracassés sous la lune des filles,
Sous le tonnerre ambroisien des tambours.
Le soir venait, lent, chaussé d’espadrilles,
La nuit s’ouvrait sur les champs de velours.

(Maurice Fombeure)

 

 

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Devant cet arbre immense et calme (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2018




    
Devant cet arbre immense et calme
Tellement sûr de son amour
Devant cet homme qui regarde
Ses mains voltiger tout autour
De sa maison et de sa femme

Devant la mer et ses calèches
Devant le ciel épaule nue
Devant le mur devant l’affiche
Devant cette tombe encor fraîche

Devant tous ceux qui se réveillent
Devant tous ceux qui vont mourir
Devant la porte grande ouverte
A la lumière et à la peur

Devant Dieu et devant les hommes
A chaque vie d’être vécue.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Nuages (Georges Brassens)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2017




    
Nuages
À Jeanne Robeveille.

Assis sur le bord du chemin
Qui conduit tout droit au village,
J’aimais, lorsque j’étais gamin,
Regarder passer les nuages.

Au printemps, je les comparais
A de belles dentelles blanches
Dont le ciel se serait paré
Pour plaire aux vierges et aux anges.

Mais, quand les beaux jours sont partis,
Quand reviennent les vents d’automne,
Quand, sur le sol, les feuilles jaunes
Forment un immense tapis,

A l’horizon je croyais voir,
Dans un décor invraisemblable,
Debout sur leurs calèches, noirs,
Des diables.

… … … … … … … … …

Dix ans plus tard, le coeur joyeux,
Je suis revenu au village.
Aussi loin que portaient mes yeux
J’ai scruté l’immense ciel bleu.

Où étaient les vieilles images ?
Je n’ai vu que de gros nuages !

(Georges Brassens)

 

Recueil: Les couleurs vagues
Editions: Le Cherche Midi

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HOMMAGES (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2017



HOMMAGES

Marchais le long du mur antipoétique.
Die Mauer. Ne pas regarder par-dessus.
Il cherche à encercler nos vies adultes
dans la ville routinière, le paysage routinier.

Éluard effleura un bouton
le mur s’ouvrit
et le jardin apparut.

Jadis, je traversais la forêt avec un seau de lait.
De tous côtés, des troncs violets
où une vieille farce était restée suspendue
aussi belle qu’une barque votive.
L’été nous faisait la lecture des aventures de
Mr. Pickwick.
La belle vie, une calèche paisible
qu’occupaient des gentlemen offusqués.

Fermez les yeux, changez de chevaux.

Les pensées les plus puériles nous viennent dans la détresse.
Nous étions au chevet du malade et priions
pour un instant de répit dans cette terreur, une brèche
où les Pickwick pourraient faire leur entrée.

Fermez les yeux, changez de chevaux.

Il est facile d’aimer les fragments
qui longtemps ont voyagé.
Les inscriptions sur les cloches des églises
les dictons qui zigzaguent sur les saints
et ces graines plusieurs fois millénaires.

Archiloque ! – Nulle réponse.

Les oiseaux caressaient le pelage de la mer.
Nous nous enfermions avec Simenon
pour renifler l’odeur qu’a l’existence humaine
là où débouchent les feuilletons.

Reniflez l’odeur de la vérité.

La fenêtre ouverte s’est arrêtée ici
face aux cimes des arbres
et aux lettres d’adieu du ciel crépusculaire.

Shiki, Björling et Ungaretti
c’est écrit à la craie de la vie sur le tableau noir de la mort.
Ce poème entièrement possible.

Je regardai en l’air lorsque les branches s’agitèrent.
Des mouettes blanches mangeaient des cerises noires.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

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Florence (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 5 décembre 2015



Florence

Le soleil brille et brûle
Dans un ciel indigo.
L’Arno coule très jaune
Sous le Ponte-Vecchio.
A Fiesole, aux Cascines,

Viale dei colli,
Les marquises exquises,
Oeil noir et teint pâli,

Adressent des sourires
Et des signes savants
Du fond de leurs calèches
Aux cavaliers servants.
Et dans la ville-neuve
Les sons des clavecins
Se mêlent aux prières
D’obèses capucins.

(Jean Moréas)

 

 

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TRISTESSE DE JOURNALIER (Gyula Illyès)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2015



 

Kristine Kvitka (9) [1280x768]

TRISTESSE DE JOURNALIER

Le soleil a durci mon manteau à la mie tendre
Tiède est ma gourde
Et le soleil alourdit mon sang attiédi.
Assis dans les buées de ma peine et de ma sueur
Je vois les champs sans voix tanguer autour de moi.
Il est midi.
Au fond de la forêt le vent, l’avenir dorment.

En calèche, l’intendant passe.
D’un geste las ma main soulève mon chapeau,
je suis couvert de cendres et de poussière,
Le regard de mes boeufs me rafraîchit le coeur.

Au delà de la poussière, au delà des arbres,
Au delà du majestueux décor de nuages et au delà de la frondaison
de poussière
Par là où le soleil indifférent titube
Il est des villes lointaines avec des places illuminées qui roulent sous
les étoiles,
Et puis des mers, des îles flottantes, et d’ardentes montagnes d’or,
De tout cela, j’ai entendu parler,
La terre et le ciel regorgent de richesses,
mais moi
Je reste là, indécis, au milieu d’un champ qui ne m’est rien,

Etranger que personne n’attend et qui, à l’automne,
Les travaux finis, à l’ombre d’une meule de paille égrenée
Se tournera sans un mot vers la terre impassible.

(Gyula Illyès)

Illustration: Kristine Kvitka

 

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