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Mettre ma vie en pages (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2019




    
Mettre ma vie en pages
Est-ce bien raisonnable

Récurer
Calembours et calembredaines

Étendre mes rêves
Encore humides

Trouer à mains nues
Les poches de tristesse

Découdre les plaies

Sans gants ni masque
Souffler sur les cadavres

Donner à lire
Ma destinée
Dans les détours de mes viscères

Peut-être vaut-il mieux
Faire la coquette

À l’envi répétant
Que je suis vieille
Malade et moche

Et pauvre aussi

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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LES OIES INQUIETES (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



Illustration: Christiane Marette
    
LES OIES INQUIETES

Les oies qui traînent dans le bourg
Ainsi que des commères grasses
Colportant les potins du jour,
En troupeaux inquiets s’amassent.
Un gros jars qui marche devant
Allonge le cou dans la brume
Et frissonne au souffle du vent
De Noël qui gonfle ses plumes…

Noël ! Noël !
Est-ce au ciel
Neige folle
Qui dégringole,
Ou fin duvet d’oie
Qui vole.

Leur petit œil rond hébété
A beau s’ouvrir sans trop comprendre
Sur la très blanche immensité
D’où le bon Noël va descendre,
A la tournure du ciel froid,
Aux allures des gens qui causent,
Les oies sentent, pleines d’effroi,
Qu’il doit se passer quelque chose.

Les flocons pâles de Noël
– Papillons de l’Hiver qui trône –
Comme des présages cruels
S’agitent devant leur bec jaune,
Et, sous leur plume, un frisson court
Qui, jusque dans leur chair se coule.
L’heure n’est guère aux calembours,
Mais les oies ont la chair de poule.

Crrr !… De grands cris montent parmi
L’aube de Noël qui rougeoie
Comme une Saint-Barthélemy
Ensanglantée du sang des oies ;
Et, maintenant qu’aux poulaillers
Les hommes ont fini leurs crimes,
Les femmes sur leurs devanciers
Dépouillent les corps des victimes.

(Gaston Couté)

 

 

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VILLANELLE « DIX-HUITIEME SIÈCLE » (Jean d’Herbenoire)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2017



Illustration: Jean-Marc Nattier

    

VILLANELLE « DIX-HUITIEME SIÈCLE »

Ah! madame la marquise,
Ma mignonne pompadour,
Ayez donc plus de franchise !

Lorsque ma main s’éternise
A chiffonner votre atour…
… Ah ! madame la marquise !

Votre sagesse s’épuise
A prétexter un détour…
Ayez donc plus de franchise !

Lorsqu’un « rien » vous scandalise
Et qu’un masculin contour…
— Ah! madame la marquise!

Allez donc vile à l’église,
Mais ne tournez pas autour :
Ayez donc plus de franchise!

Votre teint devient cerise
Dès que votre troubadour…
Ah! madame la marquise!

Implore une… mignardise
On prononce un calembour…
Ayez donc plus de franchise !

Au diable votre chemise!
C’est tout nu, qu’on fait l’amour :
Ah! madame la marquise,
Ayez donc plus de franchise !

(Jean d’Herbenoire)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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