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Poésie

Posts Tagged ‘caline’

Solitaire (Rudyard Kipling)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    

Solitaire

Il chasse la souris et câline l’enfant
si l’enfant n’est pas trop importun.
Mais quand l’enfant dort et que la lune sort,
Lui aussi il sort.
Il est le chat qui s’en va seul.
Il est le chat qui s’en va ça et là,
dans les bois mouillés de la nuit,
sur les arbres mouillés de la nuit,
le long des toits mouillés de la nuit.
Il balance sa queue et conquiert l’ombre, solitaire.

(Rudyard Kipling)

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

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Venise (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019


 


Venise

Un pigeonnier d’or près de l’eau
Câline dans ses nuances de vert;
Un petit vent salé balaie
La trace fine des barques noires.

Foules de doux visages surprenants,
Couleurs vives des jouets dans les boutiques;
Sur un coussin brodé, le lion avec son livre,
Au sommet d’un pilier, le lion avec son livre.

Comme sur une vieille étoffe aux couleurs pâles,
Un ciel se fige, un ciel d’azur et terne…
Tout est étroit; mais on se sent au large;
Dans cette touffeur humide, on respire.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Roger Suraud

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CALINE (André Spire)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2019




CALINE

Maman, tu dors ?
Le soleil passe par la persienne.
Les murs craquent,
Le chat miaule,
Le chien gratte.
La brouette roule sur le chemin.
Maman, tu dors ?
Tu as du soleil sur la main.
Et moi des ronds sur ma couette.
Maman, tu dors dans ton grand lit.
Et moi, mon lit est si petit,
Sans oreillers et sans baisers,
Maman, depuis hier soir sans baisers!
Maman! ah! tu viens de bouger.
La bouche ouverte, les yeux fermés
As-tu fini de t’étirer ?
Ouvre tes draps. Je saute, je grimpe.
Pousse-toi un peu. Fais-moi un trou.
Passe ton bras autour de mon cou.
Et serre-moi bien, maman, bien fort,
Contre le bon chaud de ton corps.

(André Spire)

Illustration: Delamonica

 

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Dans ta paume chaude et caline (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2019


main

Ne peux-tu donc prendre les vagues
Dont les barques sont les amandes
Dans ta paume chaude et caline?

(Paul Eluard)

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Féminine (Eric Mercier)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2018


beauté

Beauté satine, yeux d’opaline
au cœur câline, caresse coquine.

Beauté marine, sirène malouine
marée mesquine sur ton corps dessine.

Beauté champêtre, liane de l’être
de naturel disparaître, en ton âtre brûle ton hêtre.

Beauté sablée, oasienne endiablée
amour désaltéré, comme vent, légèreté.

Beauté cité, soie rouge et maquillée
bord de ta vie, extrémité, artificielle et tamisée.

Femmes aimées, femmes oubliées,
femmes d’amour et d’amitié,
Souvenirs de vous, infinité !!!

(Eric Mercier)

Textes de Prisonniers: lecercledespoetesdetenus

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Promeneuse du rêve (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017



Promeneuse du rêve

Elle, dormeuse chaste en l’ombre qui s’incline
Promeneuse du rêve à demi convoité
Sur le treillis d’azur pâle des yeux lactés,
S’abandonne distraite à la candeur câline…

(Jean Tortel)

Illustration: Lempicka

 

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Le son du cor s’afflige vers les bois (Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017



Le son du cor s’afflige vers les bois
D’une douleur on veut croire orpheline
Qui vient mourir au bas de la colline
Parmi la bise errant en courts abois.

L’âme du loup pleure dans cette voix
Qui monte avec le soleil qui décline
D’une agonie on veut croire câline
Et qui ravit et qui navre à la fois.

Pour faire mieux cette plaine assoupie
La neige tombe à longs traits de charpie
À travers le couchant sanguinolent,

Et l’air a l’air d’être un soupir d’automne,
Tant il fait doux par ce soir monotone
Où se dorlote un paysage lent.

(Verlaine)

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Petit lapin (Louis Calaferte)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017



Comert Dogru 2

 

Petit lapin

A tous tes jeux de devinettes
quelquefois je perds mon latin
hier tu étais alouette
et aujourd’hui petit lapin

Tu es dragon ou tu es reine
au pays des vieux continents
et je ne te suis qu’à grand-peine
si tu te fais prêtre anglican

Mais moi aussi je te devine
quand tu mets tes bras à mon cou
que tu deviens fauve et câline
de la houle dans tes yeux fous

Et nous nous enfouissons dans des comas de laine

(Louis Calaferte)

Illustration: Comert Dogru

 

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Sérénade (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017



 

Sofia Vergara  mandoline  [1280x768]

Sérénade

Comme la voix d’un mort qui chanterait
Du fond de sa fosse,
Maîtresse, entends monter vers ton retrait
Ma voix aigre et fausse.

Ouvre ton âme et ton oreille au son
De ma mandoline :
Pour toi j’ai fait, pour toi, cette chanson
Cruelle et câline.

Je chanterai tes yeux d’or et d’onyx
Purs de toutes ombres,
Puis le Léthé de ton sein, puis le Styx
De tes cheveux sombres.

Comme la voix d’un mort qui chanterait
Du fond de sa fosse,
Maîtresse, entends monter vers ton retrait
Ma voix aigre et fausse.

Puis je louerai beaucoup, comme il convient,
Cette chair bénie
Dont le parfum opulent me revient
Les nuits d’insomnie.

Et pour finir, je dirai le baiser,
De ta lèvre rouge,
Et ta douceur à me martyriser,
— Mon Ange ! — ma Gouge !

Ouvre ton âme et ton oreille au son
De ma mandoline :
Pour toi j’ai fait, pour toi, cette chanson
Cruelle et câline.

(Paul Verlaine)

Illustration

 

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La brise matinale câline les champs (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017



Ténue, comme oubliée d’Eole,
La brise matinale câline les champs
Et le soleil commence à poindre.
N’allons pas désirer en cette heure, Lydia,
Plus de soleil que l’heure, ni plus de forte brise
Que celle-là, légère, qui existe.

(Fernando Pessoa)

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