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Poésie

Posts Tagged ‘calligraphie’

Poule, poule ponds ton oeuf (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



Ettore Aldo Del Vigo 109

 

Poule, poule ponds ton oeuf,
buvons, trinquons à l’art veuf
béton, porphyre, métaux.
Oui ! je connais d’autres chants
et d’autres calligraphies,
Chambres à aimer, divans.
doubles grelottant de vie,
je connais la comédie
et son drame par dedans.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Marée descendante (Katell Antoine)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2018



marée descendante
calligraphies d’algues
grandes laminaires
aux alifs tremblés

(Katell Antoine)


Illustration

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ODE À TES MAINS (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



Illustration: Eliane Marque
    
ODE À TES MAINS

Sur un marché
ou dans une mer de mains,
moi je reconnaîtrais
les tiennes
comme deux oiseaux blancs,
distincts
entre tous les oiseaux :
elles volent parmi les mains,
migratrices,
elles naviguent dans l’air,
transparentes,
mais
reviennent
à ton flanc,
à mon flanc,
se replient, endormies, sur ma poitrine.
Diaphanes elles sont fines
et nues,
lumineuses comme
une vitrine de cristaux,
et vont
comme
des éventails dans l’air,
comme des plumes du ciel.

Au pain, aussi, à l’eau elles ressemblent,
au blé, aux pays de la lune,
au profil de l’amande, au poisson sauvage
qui palpite d’argent
sur le chemin
des sources.
Tes mains vont et viennent
au travail,
loin, elles résonnent
en touchant des fourchettes,
font le feu et soudain clapotent
dans l’eau
noire de la cuisine,
picorent la machine éclaircissant
les broussailles de ma calligraphie,
clouent aux murs,
lavent du linge
et reviennent à leur blancheur.

Il y a bien une raison
pour qu’il fût décidé sur la terre
que dormirait et volerait
sur mon coeur
ce miracle.

(Pablo Neruda)

 

Recueil: Nouvelles odes élémentaires
Traduction: Jean-Francis Reille
Editions: Gallimard

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Devant l’ouvert (Françoise Han)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018




Les peintres chinois
devant l’ouvert
tracent d’un pinceau léger
une calligraphie

(Françoise Han)

Illustration: Taisen Deshimaru

 

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Et pourtant (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2018



Si j’étais au Japon je n’en aurais aucune envie
Et pourtant j’achète des rouleaux
et des pochoirs de calligraphies anciennes

(Tawara Machi)

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QUATRE PEUPLIERS (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




QUATRE PEUPLIERS

Comme derrière elle-même va cette ligne
qui se poursuit dans les limites horizontales
et dans l’occident toujours fugitif
où elle se cherche se dissipe

– comme cette même ligne
par le regard levée
change toutes ses lettres
en une colonne diaphane
résolue en une non touchée
ni entendue ni vue mais pensée
fleur de voyelles et de consonnes

– comme cette ligne qui n’en finit pas de s’écrire
et avant de se consumer se redresse
sans cesser de s’écouler mais vers le haut :

les quatre peupliers.

Aspirés
par la hauteur vide et là en bas,
dans une flaque faite ciel, dupliquée,
les quatre sont un seul peuplier
et ils n’en sont aucun.

Derrière, frondaisons en flammes
qui s’éteignent – le soir à la dérive –
d’autres peupliers déjà haillons spectraux
interminablement ondulent
interminablement immobiles.

Le jaune glisse vers le rose,
la nuit dans le violet s’insinue.

Entre le ciel et l’eau
il y a une frange bleue et verte :
soleil et plantes aquatiques,
calligraphie ardente
écrite par le vent.
C’est un reflet suspendu dans un autre.

Passages : palpitations de l’instant.
Le monde perd corps,
il est une apparition, il est quatre peupliers,
quatre mélodies mauves.

De fragiles branches grimpent par les troncs.
Elles sont un peu de lumière avec un peu de vent.
Va-et-vient immobile. Avec les yeux
je les entends murmurer des paroles d’air.

Le silence s’en va avec le fleuve,
revient avec le ciel.

Réel est ce que je vois :
quatre peupliers sans poids
plantés sur un vertige.
Une fixité qui se précipite
vers le bas, vers le haut,
vers l’eau du ciel dormante
en un svelte effort sans dénouement
pendant que le monde lève l’ancre vers l’obscur.

Pulsation de clartés dernières :
quinze minutes assiégées
que Claude Monet voit d’une barque.

Dans l’eau s’abîme le ciel,
en elle-même l’eau fait naufrage,
le peuplier est un coup de feu bleu:
ce monde n’est pas solide.

Entre être et ne pas être titube l’herbe,
les éléments s’allègent,
les contours s’estompent,
moires, reflets, réverbérations,
scintillement de formes et présences,
brume d’images, éclipses,

nous sommes ce que je vois : miroitements.

(Octavio Paz)

Illustration: Claude Monet

 

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Simplement, sur le parquet (Chantal Dupuy-Dunier)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2018



Illustration: Adolph de Meyer
    
Simplement,
sur le parquet,
l’ombre d’un chrysanthème
calligraphie le soleil.

Cela suffit
à ouvrir l’espace du poème.
Soleil minuscule
dans l’exubérante floraison de l’univers.

(Chantal Dupuy-Dunier)

 

Recueil: Mille grues de papier
Traduction:
Editions: Flammarion

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MODESTIE ! MODESTIE ! (Odile Caradec)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2017



    

MODESTIE ! MODESTIE !

N’oublions pas ceci :
nous sommes tous éminemment comestibles
sauf les vieillards très durs à longue barbe blanche
(Que ferait-on de cette barbe en un banquet ? la griller ?)
Et il y a les pieds qui tous sentent des pieds

Les yeux verts, les yeux bleus ont le goût
d’eau profonde
et que dire de la croustillante des oreilles
cartilages, osselets !

Ô têtes d’hommes sur plat à barbe
bien présentées
pour être dégustées, fin festin d’araignée

Ô beaux cerveaux pensifs sinuant de circonvolution
en circonvolution
pour produire belle, sublime poésie

Et vous cerveaux de musiciens aux ondes scintillantes
et vous pinceaux, palettes, brosses, encre très
noire des calligraphes
Ô vous, peintres fouillant dans les couleurs,
le noir profond pour parapher le monde

(Odile Caradec)

 

Recueil: Revue Vagabondages
Editions: Cherche Midi

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La traversée du désert (Jacquette Reboul)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2016



Je n’ai plus écrit depuis des mois.
C’est la traversée du désert.
Je suis en manque des mots.
Puis un matin d’hiver.
Cristal de la lumière.
Je regarde la calligraphie
de la vigne vierge
sur le mur d’en face.
Le livre s’ouvre et s’effeuille.
Je m’assieds à ma table.
J’écris.
J’existe.

(Jacquette Reboul)

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Les petites Maillol (Claude Adelen)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2016



Dans ces labyrinthes frais et verts
on voit les petites Maillol, fluviatiles,
océanes, antiques, l’Eté, Flore et Pomone
nues, ou drapées bien en chair, les fruits

Désirables qu’elles portent! Autre chose
que de la couleur, la forme des saisons,
autre chose que des mots, ou simplement un désir

De mots. Comme si ventre, seins et bras
et offrande de pomme ou d’orange
étaient matière de souffle et fougue du jour d’été
qui ébouriffe et irise les jets d’eau.

Dans le bronze ou le plomb
ces formes lisses de fesses,
cuisses et seins,
et l’asile obscur des bras
où parfois rêve un visage

Qui n’est visage de personne,
ou tête pensive dans la paume,
la Méditerranée et la Nuit. Oublieuses,
nues dans le sommeil noir des mots,
cette couleur étrangère
qu’ont les yeux fermés, cette couleur d’oubli

Qui coule de l’été dans les plis secrets
du coude et de l’aine,
dans l’entrejambe et l’absence de sexe,
là où rien ne parle, la source,
la bouche d’énigmes.

La Douleur, solitaire,
masse de femme, opulente, inaccessible,
au milieu de la pelouse.

Sur la surface lisse déroulée
dans la lumière du soir presque irréelle
et que laque un soleil acrylique de cinq heures,
autour de l’étrangère qui s’est assise là,

Claudiquent les étourneaux comme un seul geste,
en tout sens. Quelle calligraphie trempe
dans l’encre de chine ces porte-plume?
quelle main invisible guide leurs becs avides?
ils sautillent, ils crient,

Sur l’herbe de soie ils écrivent
la douleur, l’incompréhensible idéogramme.

Grâces mille neuf cent, sculpturales garces!
« C’te grosse vache de Vénus »
tandis que la Baigneuse relève
pour le bain de minuit son chignon,
d’autres, des vivantes

Des loquaces en robes blanches
agitent leurs mains
bagues qui scintillent dans le soir,
(et leurs autres étoiles secrètes),

Elles passent, ces alertes, ces éphémères,
le portable à l’oreille et l’ambre
du regard dans les veines de l’air
tandis que le jet d’eau

D’heures lasses s’affaisse,
on est visage et sourire noyé
à ces fleurs d’ophélies qui nous survolent,
bloc de parole creuses
au fond de l’eau.

Une ronde immobile d’enfance,
les trois Nymphes graciles
en conciliabule,

Et leurs paumes offertes
à des blancheurs qui tombent,
pétales, papillons, aux invisibles
aux silencieuses chutes de l’heure
qui viennent leur manger dans la main,

Paumes qui offrent, ou qui recueillent
les mots enténébrés de l’enfance. Chacune
présent à l’autre
cette fleur au coeur noir, et c’est encore

L’avide et le feu de l’été très proche
toute aile qui de ces mains ouvertes
s’échappe et fait tourner
les miroirs de l’air.

(Claude Adelen)

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