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Poésie

Posts Tagged ‘calme’

Que le poème ne soit pas un écran (Gérard Bocholer)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2021




    
Que le poème ne soit pas un écran,
mais une transparence !

Le silence qui brûle et tremble autour du poème
est un singulier silence,
vibrant de tout ce qu’on ne dira pas.

Ce poète-là est un veilleur.

Il sait le calme et la tension des nuits.
Il croit en ce peu de flamme qu’il leur apporte.
Il veut garder sa lampe allumée.

(Gérard Bocholer)

 

Recueil: Le poème Exercice spirituel
Traduction:
Editions: Ad Solem

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Premier adieu (Friedrich Nietsche)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2021




Premier adieu

Les étoiles s’avancent tristement
au ciel nu
les vents demandent avec détresse,
pourquoi je suis si calme.

Et la fenêtre déverse
l’éclat de la pleine lune,
ô rayons chéris, apaisez
mon coeur et sa peine !

Je ne sais si je dois rire, plaisanter,
ou pleurer ici —
mes yeux sont emplis de douleur
mais aussi d’ironie amère.

Et mes mains passent
ici et là presque en tremblant,
et mes pensées s’élargissent
à l’infini comme une mer.

J’ai entendu tinter les cloches
brièvement vers minuit.
Cela veut dire à présent pour moi
qu’on a fait une tombe.

On a enterré une année,
le nouvel an s’annonce.
On a enterré mon coeur,
et nul ne s’est enquis de moi.

(Friedrich Nietsche)

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CELUI QUI ÉCRIT (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2021




    
CELUI QUI ÉCRIT

Celui qui écrit veut mourir, veut renaître
dans un bateau ivre au calme abandon.
Celui qui écrit veut dormir dans des bras matinaux
et dans la bouche des choses être une larme animale
ou le sourire de l’arbre. Celui qui écrit
veut être terre sur la terre, solitude
adorée, resplendissante, odeur de mort
et rumeur du soleil, la soif du serpent,
le souffle sur le mur, les pierres sans chemin,
le midi obscur tombant sur les yeux.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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LES ARABESQUES DE LA BARCAROLLE (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2021



LES ARABESQUES DE LA BARCAROLLE

Faut-il que le piano soit lent
Faut-il que le jour
Tarde à mourir
Pour que le chat s’étire et baille
Pour que tes gestes s’alentissent
Que l’ombre glisse au long des murs
Faut-il que ce moment soit calme
Pour que tes cheveux se dénouent
Que ce livre s’échappe des mains
Et que le soleil s’efface
Faut-il que la paix soit complète
Pour que le temps s’arrête enfin
Que la tristesse soit légère
Que toute peine soit remise
Et que s’éloignent les nuages

(Robert Momeux)

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Bien peu de coeurs sont désirants (Anna de Noailles)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2021




    
Bien peu de coeurs sont désirants,
Un tiède destin les rassure,
Ils goûtent les faibles mesures,
Les jours égaux, prévus et francs,
L’avenir calme et sans ardeur.
— Il faut plaindre les donateurs !

(Anna de Noailles)

 

Recueil: Poème de l’amour
Traduction:
Editions: Le livre unique

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RÊVERIE EN REGARDANT LA LUNE (Zhang Jiuling)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021



    

RÊVERIE EN REGARDANT LA LUNE

De la mer sombre, calme,
surgit le clair de lune.
Chez toi, à l’autre bord du ciel,
il s’épanouit aussi, en cet instant.
Que longues sont les nuits solitaires,
quand on aime !
Jusqu’à l’aube
le coeur languit de désir…
Inondé de lumière,
j’éteins la chandelle,
transi de rosée,
je revêts ma tunique.
Mes mains, comme vous êtes vides,
vides sans mesure !
Que le sommeil vienne,
et que nos rêves
nous réunissent…

(Zhang Jiuling)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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LE CALME DU PARC (Harry Martinson)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2021



Illustration: Rémi Coudrain  
    

LE CALME DU PARC

Dans le parc automnal se dresse
une femme nommée Amour
— bronze obscur et frémissant
dont la peau brune parle de la
chair — qui est esprit.

L’artiste-créateur
l’aimait
en secret
et n’aimait qu’elle, rien qu’elle!

Les arbres se balancent,
le vent parle d’art —
et les gens parlent
comme le vent, comme le vent.

Chaque jour, un homme qui ignore tout de l’art
s’assied sur le banc.
Les yeux rivés au sol, il écoute dans le bronze
chanter des veines gorgées de sang.

(Harry Martinson)

 

Recueil: Le livre des cent poèmes
Traduction: Traduit du suédois par Caroline Chevallier et Philippe Bouquet
Editions: Cénomane

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ALBA (Ezra Pound)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2021




ALBA

Aussi calme que les feuilles pâles, humides
du lis-de-la-vallée
Elle est couchée près de moi dans l’aube.

(Ezra Pound)

Illustration

 

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TRANSITION (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2021



 

Alfred Stevens , Portrait of a young woman

TRANSITION

Le vent, tiède éclaireur de l’assaut du printemps,
Soulève un brouillard vert de bourgeons dans les branches.
La pluie et le soleil, le calme et les autans,
Les bois noirs sur le ciel, la neige en bandes blanches,
Alternent. La nature a comme dix-sept ans,
Jeune fille énervée, oscillant sur ses hanches,
Riant, pleurant, selon ses caprices flottants.

Pas encor le printemps, mais ce n’est plus l’hiver.
Votre âme, ô ma charmante, a ces heures mêlées.
Les branches noires sont pleines d’un brouillard vert.
Les mots méchants et les paroles désolées,
Sur vos lèvres, bouton d’églantine entrouvert,
Cessent à mes baisers. Ainsi les giboulées
Fondent, et le gazon s’émaille à découvert.

Votre moue est changée en rire à mes baisers,
Comme la neige fond, pâle retardataire,
Aux triomphants rayons du soleil. Apaisés,
Vos yeux, qui me jetaient des regards de panthère,
Sont bien doux maintenant. Chère, vous vous taisez
Comme le vent neigeux et froid vient de se taire.
Votre joue et le soir sont tièdes et rosés.

(Charles Cros)

Illustration: Alfred Stevens

 

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Quand pourrai-je, quittant les soins inutiles (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



Quand pourrai-je, quittant les soins inutiles

Quand pourrai-je, quittant tous les soins inutiles
Et le vulgaire ennui de l’affreuse cité,
Me reconnaître enfin, dans les bois, frais asiles,
Et sur les calmes bords d’un lac plein de clarté !

Mais plutôt, je voudrais songer sur tes rivages,
Mer, de mes premiers jours berceau délicieux.
J’écouterai gémir tes mouettes sauvages,
L’écume de tes flots rafraîchira mes yeux.

Ah, le précoce hiver a-t-il rien qui m’étonne ?
Tous les présents d’avril, je les ai dissipés,
Et je n’ai pas cueilli la grappe de l’automne,
Et mes riches épis, d’autres les ont coupés.

(Jean Moréas)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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