Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘calmement’

Endormi (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2019



Sur mes genoux ce poids de petit enfant
Quand toi le voyou décadent
Endormi tu respires calmement

(Tawara Machi)

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La poitrine est invisible (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2018



Illustration: Otto Mueller
    
La poitrine est invisible,
Mais tu caresses doucement
Ma main pose
Sur la soie molle qui t’habille.

Ton souffle fait calmement
Bouger ta chemisette,
Comme un vent léger sur l’ocan
Une voile immobile.

Tes joues brunies par la lune,
Le front et la racine
De tes noirs cheveux
Sont des rivages lointains, des eaux désertes.

Je les regarde puis,
Heureux, comme un naufragé
Devant un mirage
De montagnes célestes.

***

Invisibile è il petto ;
ma tu carezzi piano
la mia mano appoggiata
sulla soave seta che ti veste.

La camiciola calma
muove il tuo respiro,
corne un lieve vento nell’oceano
una vela immota.

Le tue guance brunite dalla luna,
la fronte e la radice
dei tuoi negri capelli
sono lidi remoti, acque deserte.

Io li guardo affranto,
felice, corne un naufrago
dinnanzi a un miraggio
di celesti montagne.

(Pier Paolo Pasolini)

 

Recueil: Adulte ? Jamais
Traduction: René de Ceccaty
Editions: Points

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La vague te saisit (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2018



Illustration
    
La vague te saisit
te soulève
t’emporte au large

le temps a pris fin

la lumière avivée
de l’immense
qui t’accueille

calmement bercé
par la houle

dans la paix
une joie mêlée
de douleur

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Etendez-vous (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018




    
Etendez-vous. Respirez
Calmement votre vie.

Ca ne durera pas.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Relier
Traduction:
Editions: Gallimard

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Huitième élégie (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
De tous ses yeux la créature voit l’Ouvert.
Seuls nos yeux sont comme retournés et posés autour d’elle
tels des pièges pour encercler sa libre issue.

Ce qui est au-dehors nous ne le connaissons
que par les yeux de l’animal.
Car dès l’enfance on nous retourne
et nous contraint à voir l’envers,
les apparences, non l’ouvert,
qui dans la vue de l’animal est si profond.
Libre de mort.

Nous qui ne voyons qu’elle, alors que l’animal
libre est toujours au-delà de sa fin:
il va vers Dieu; et quand il marche,
c’est dans l’éternité, comme coule une source.

Mais nous autres, jamais nous n’avons un seul jour
le pur espace devant nous, où les fleurs s’ouvrent
à l’infini. Toujours le monde, jamais le
Nulle part sans le Non, la pureté
insurveillée que l’on respire,
que l’on sait infinie et jamais ne désire.

Il arrive qu’enfant l’on s’y perde en silence,
on vous secoue. Ou tel mourant devient cela.
Car tout près de la mort on ne voit plus la mort
mais au-delà, avec le grand regard de l’animal,
peut-être. Les amants, n’était l’autre qui masque
la vue, en sont tout proches et s’étonnent…

Il se fait comme par mégarde, pour chacun,
une ouverture derrière l’autre…
Mais l’autre, on ne peut le franchir, et il redevient monde.
Toujours tournés vers le créé nous ne voyons
en lui que le reflet de cette liberté
par nous-même assombri.
A moins qu’un animal, muet, levant les yeux,
calmement nous transperce.

Ce qu’on nomme destin, c’est cela: être en face,
rien d’autre que cela, et à jamais en face.

S’il y avait chez l’animal plein d’assurance
qui vient à nous dans l’autre sens une conscience
analogue à la nôtre –, il nous ferait alors
rebrousser chemin et le suivre. Mais son être
est pour lui infini, sans frein, sans un regard
sur son état, pur, aussi pur que sa vision.
Car là où nous voyons l’avenir, il voit tout
et se voit dans le Tout, et guéri pour toujours.

Et pourtant dans l’animal chaud et vigilant
sont le poids, le souci d’une immense tristesse.
Car en lui comme en nous reste gravé sans cesse
ce qui souvent nous écrase, – le souvenir,
comme si une fois déjà ce vers quoi nous tendons avait été plus proche,
plus fidèle et son abord d’une infinie douceur.

Ici tout est distance, qui là-bas était souffle.
Après cette première patrie, l’autre lui semble équivoque et venteuse.
Oh! bienheureuse la petite créature
qui toujours reste dans le sein dont elle est née;
bonheur du moucheron qui au-dedans de lui,
même à ses noces, saute encore: car le sein
est tout. Et vois l’oiseau, dans sa demi-sécurité:
d’origine il sait presque l’une et l’autre chose,
comme s’il était l’âme d’un Etrusque
issue d’un mort qui fut reçu dans un espace,
mais avec le gisant en guise de couvercle.

Et comme il est troublé, celui qui, né d’un sein,
doit se mettre à voler!

Comme effrayé de soi,
il sillonne le ciel ainsi que la fêlure à travers une tasse,
ou la chauve-souris qui de sa trace raie le soir en porcelaine.

Et nous: spectateurs, en tous temps, en tous lieux,
tournés vers tout cela, jamais vers le large!
Débordés. Nous mettons le l’ordre. Tout s’écroule.
Nous remettons de l’ordre et nous-mêmes croulons.

Qui nous a bien retournés que de la sorte
nous soyons, quoi que nous fassions, dans l’attitude du départ?
Tel celui qui, s’en allant, fait halte sur le dernier coteau
d’où sa vallée entière s’offre une fois encor, se retourne et s’attarde,
tels nous vivons en prenant congé sans cesse.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Élégies de Duino
Traduction: François-René Daillie
Editions: La Différence

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La maison d’Hélène (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2017




    

La maison d’Hélène

II a suffi du liseron du lierre
Pour que soit la maison d’Hélène sur la terre
Les blés montent plus haut dans la glaise du toit
Un arbre vient brouter les vitres et l’on voit
Des agneaux étendus calmement sur les marches
Comme s’ils attendaient l’ouverture de l’arche
Une lampe éparpille au loin son mimosa

Très tard les grands chemins passent sous la fenêtre
II y a tant d’amis qu’on ne sait plus où mettre
Le pain frais le soleil et les bouquets de fleurs
Le sang comme un pic-vert frappe longtemps les cœurs
Ramiers faites parler la maison buissonnière
Enneigez ses rameaux froments de la lumière
Que l’amour soit donné aux bêtes qui ont froid
À ceux qui n’ont connu que la douceur des pierres

Sous la porte d’entrée s’engouffre le bon vent
On entend gazouiller les fleurs du paravent
Le cœur de la forêt qui roule sous la table
Et l’horloge qui bat comme une main d’enfant

Je vivrai là parmi les roses du village
Avec les chiens bergers pareils à mon visage
Avec tous les sarments rejetés sur mon front
Et la belle écolière au pied du paysage.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Comme un oiseau dans la tête
Traduction:
Editions: Points

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Entre le murmuré et le ressenti (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2017



Illustration: Pal Szinyei-Merse
    
Entre le murmuré
et le ressenti
rompant tout rivage
Calmement se propage
l’ombreux infini
au rythme révélé

Infini autre
Infini tien

Une source se libère
traverse l’aire de chair
se perd au plus loin
Où terre-ciel s’unit
au vol de l’alouette
re-née de son chant

Infini tien
Infini autre

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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Un homme rentre chez lui (Pensées celtiques)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2017



 

Margarita Sikorskaia -  )

Un homme rentre chez lui

Un homme rentre chez lui au crépuscule.
Il a travaillé dur dans les champs toute la journée.
Ses enfants poussent des cris et des hurlements.
Sa femme ronchonne et maugrée.

Il s’assied sur sa vieille chaise en bois.
Il raccommode silencieusement un trou à sa culotte.
Ses enfants continuent à pousser des cris et des hurlements.
Sa femme ronchonne et maugrée.

Sa femme lui tend de la nourriture.
Ils ne disent rien pendant qu’il mange
Ses enfants continuent à pousser des cris et des hurlements.
Sa femme ronchonne et maugrée.

Si seulement ils pouvaient faire la conversation
Paisiblement, calmement, patiemment !
Si seulement ils pouvaient s’embrasser
Chaleureusement, doucement, tendrement !

(Pensées celtiques)

Illustration: Margarita Sikorskaia

 

 

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Il y a un Dernier Wagon Solitaire (David Vogel)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2017



Il y a un Dernier Wagon Solitaire

Il y a un dernier wagon solitaire sur le point de partir.
Entrons-y et partons
Car il n’attendra pas.

J’ai vu des fillettes partir doucement,
Leurs visages tristes,
Avec l’air honteux et navré,
Comme des couchers de soleil pourpres,
Et des enfants roses potelés,
Qui sont partis simplement
Parce qu’on les avait appelés

Et j’ai vu des hommes
Qui avaient marché fièrement, bien droits, dans les rues de par le monde,
Dont les grands yeux parcouraient
Une vaste étendue,
Eux aussi sont entrés calmement
Et ils sont partis.

Et nous sommes les derniers.
Le jour tombe.
Le dernier wagon solitaire est sur le point de partir.
Entrons-y calmement
Et partons,
Car il n’attendra pas.

(David Vogel)

 

 

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Terribles sont les ténèbres informulées (Mu Tan)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2016



Calmement en ce lieu
nous nous étreignons
Dans un monde que nos paroles
parviennent à éclairer

Cependant terribles sont
les ténèbres informulées.
Nous déchirent ce qui est possible
et ce qui ne l’est pas.

Ce qui nous étouffe,
nous fait perdre haleine
Ce sont ces mots doux
qui meurent avant d’être nés.
Leurs fantômes omniprésents
nous entraînent dans l’errance
Dans l’aire libre et splendide
d’un amour désordonné.

(Mu Tan)

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