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Posts Tagged ‘camarade’

J’ai perdu le do de ma clarinette (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2017




J’ai perdu le do de ma clarinette (2 fois)
Ah! Si papa savait ça, tralala, (2 fois)
Il dirait : « Ohé !» (2 fois)
Tu n’connais pas la cadence,
Tu n’sais pas comment on danse,
Tu n’sais pas danser au pas cadencé.
Au pas, camarade (2 fois)
Au pas, au pas, au pas
Au pas camarade, (2 fois)
Au pas, au pas, au pas.
(Continuer avec toutes les notes de la gamme : ré, mi, fa, sol, la, si, do)

(Anonyme)

Illustration: Charles Sprague-Pearce

 

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SI J’ÉTAIS AVEC VOUS.. (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2017



Xue Da_NeigeRouge

SI J’ÉTAIS AVEC VOUS…

Si j’étais avec vous, seigneur, là-bas, parmi vos camarades,
votre courage en serait peut-être diminué.
Il m’a fallu bien des mois pour tisser mes robes de fine toile,
qui devaient vous faire honneur!
Je ne les porterai sans doute jamais.

J’ai renoncé aux bijoux, aux fards.
J’ai renoncé aux fleurs.
Je contemple les oiseaux qui volent par couple,
et je les envie.

O mon époux,
quand nos regards pourront-ils se rencontrer?

(La Flûte de Jade)

 

 

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LES DEUX MULETS (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



 

LES DEUX MULETS

Deux Mulets cheminaient, l’un d’avoine chargé,
L’autre portant l’argent de la Gabelle.
Celui-ci, glorieux d’une charge si belle,
N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé.
Il marchait d’un pas relevé,
Et faisait sonner sa sonnette :
Quand l’ennemi se présentant,
Comme il en voulait à l’argent,
Sur le Mulet du fisc une troupe se jette,
Le saisit au frein et l’arrête.
Le Mulet, en se défendant,
Se sent percer de coups : il gémit, il soupire.
« Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ?
Ce Mulet qui me suit du danger se retire,
Et moi j’y tombe, et je péris.
– Ami, lui dit son camarade,
Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi :
Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi,
Tu ne serais pas si malade. »

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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LE POT DE TERRE ET LE POT DE FER (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



 

LE POT DE TERRE ET LE POT DE FER

Le Pot de fer proposa
Au Pot de terre un voyage.
Celui-ci s’en excusa,
Disant qu’il ferait que sage
De garder le coin du feu :
Car il lui fallait si peu,
Si peu, que la moindre chose
De son débris serait cause.
Il n’en reviendrait morceau.
« Pour vous, dit-il, dont la peau
Est plus dure que la mienne,
Je ne vois rien qui vous tienne.
– Nous vous mettrons à couvert,
Repartit le Pot de fer.
Si quelque matière dure
Vous menace d’aventure,
Entre deux je passerai,
Et du coup vous sauverai. »
Cette offre le persuade.
Pot de fer son camarade
Se met droit à ses côtés.
Mes gens s’en vont à trois pieds,
Clopin-clopant comme ils peuvent,
L’un contre l’autre jetés
Au moindre hoquet qu’ils treuvent.
Le Pot de terre en souffre ; il n’eut pas fait cent pas
Que par son compagnon il fut mis en éclats,
Sans qu’il eût lieu de se plaindre.

Ne nous associons qu’avecque nos égaux.
Ou bien il nous faudra craindre
Le destin d’un de ces Pots.

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

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Jadis je jouais jour et nuit (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2017



Jadis je jouais jour et nuit avec mes camarades
et maintenant j’ai peur.

Si élevé est le palais de mon Seigneur
que mon coeur tremble d’y monter :

pourtant je ne dois pas être craintive
si je veux jouir de Son amour.

Mon coeur doit s’attacher à mon Bien-Aimé;
je dois écarter mon voile
et unir tout mon être à Lui.

Mes yeux feront l’office
de lampes d’amour.

Kabîr dit : « Écoute, mon amie, Il comprend qui l’aime.
Si tu ne languis pas d’amour pour ton Unique Bien-Aimé,
il est inutile d’orner ton corps;
il est vain de mettre de l’onguent sur tes paupières. »

(Kabîr)

Illustration

 

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Celui qui aime (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



Jouant jour et nuit j’étais parmi mes camarades;
maintenant ma frayeur est grande.
Si élevé est le palais de mon Seigneur,
devant les escaliers mon coeur défaille :
mais si je veux goûter son amour, il ne faut pas être timide.
Que mon coeur s’attache à mon Amant;
et que je dépouille mon voile;
je dois le rencontrer de tout mon corps.
Que mes yeux accomplissent le rite des lampes de l’amour.

Kabîr parle : Écoute, ami : celui qui aime,
Il le comprend. Mais si tu ne ressens pas,
pour l’Aimé, l’angoisse du désir d’amour,
— à ton corps toute parure est vaine,
vain le fard au bord de tes yeux.

***

I played day and night with my comrades,
and now I am greatly afraid.
So high is my Lord’s palace,
my heart trembles to mount its stairs :
yet I must not be shy, if I would enjoy His love.
My heart must cleave to my Lover;
I must with draw my veil, and meet Him with all my body :
Mine eyes must perform the ceremony of the lamps of love.

Kabîr says : « Listen to me, friend : he understands who loves.
If you feel not love’s longing for your Beloved One,
it is vain to adorn your body,
vain to put unguent on your eyelids. »

(Kabîr)

 

 

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IL Y A (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2016



 

IL Y A

Il y a des petits ponts épatants
Il y a mon cœur qui bat pour toi
Il y a une femme triste sur la route
Il y a un beau petit cottage dans un jardin
Il y a six soldats qui s’amusent comme des fous
Il y a mes yeux qui cherchent ton image
Il y a un petit bois charmant sur la colline
Et un vieux territorial pisse quand nous passons
Il y a un poète qui rêve au ptit Lou
Il y a un ptit Lou exquis dans ce grand Paris
Il y a une batterie dans une forêt
Il y a un berger qui paît ses moutons
Il y a ma vie qui t’appartient
Il y a mon porte-plume réservoir qui court, qui court
Il y a un rideau de peupliers délicat, délicat
Il y a toute ma vie passée qui est bien passée
Il y a des rues étroites à Menton où nous nous sommes aimés
Il y a une petite fille de Sospel qui fouette ses camarades
Il y a mon fouet de conducteur dans mon sac à avoine
Il y a des wagons belges sur la voie
Il y a mon amour
Il y a toute la vie
Je t’adore

(Guillaume Apollinaire)

Illustration: Claude Monet

 

 

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NUDITES (André Spire)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2016



 

NUDITES

Tu m’as dit : Je veux être ta camarade;
Je veux entrer chez toi sans avoir peur de te troubler;
Nous passerons de longues soirées en causeries;
Nous penserons ensemble à nos frères qu’on tue;
Nous irons, à travers le cruel univers,
Découvrir un pays où reposer leur tête.
Mais je ne veux pas voir tes prunelles briller,
Ni les veines brûlantes de ton front se distendre,
Car je suis ton égale et non pas une proie.
Regarde! mes habits sont chastes, presque pauvres,
Et tu ne vois pas même la base de mon cou.

Moi je t’ai répondu : Femme, tu es nue.
Les cheveux de ton cou sont frais comme une coupe;
Ton chignon qui s’écroule palpite comme un sein;
Tes bandeaux sont lascifs comme un troupeau de chèvres…
Fais couper tes cheveux.

Femme, tu es nue.
Sur notre livre ouvert se posent tes mains nues;
Tes mains, la fin subtile de ton corps,
Tes mains sans bagues, qui vont toucher les miennes tout à l’heure.
Femme, mutile tes mains.

Femme, tu es nue.
Ta voix chantante de ta poitrine monte;
Ta voix, ton souffle, la chaleur elle-même de ta chair,
Qui sur mon corps s’étale, puis pénètre en ma chair.
Femme, arrache ta voix.

(André Spire)

Illustration: Alfred Joseph Woolmer

 

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Le crapaud (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2016



Le crapaud

L’ombre descend, la terre est brune,
Tous les bruits meurent à la fois ;
Seul, les yeux fixés sur la lune,
Le crapaud chante au bord du bois.

Du vieux tronc qu’un lierre festonne
Il sort ainsi, quand vient le soir.
Comme une flûte monotone,
Sa voix monte sous le ciel noir.

Ah ! pauvre ami, vieux camarade !
Que dit-elle à l’astre argenté,
Ta longue et morne sérénade
Qui pleure dans les nuits d’été ?

Crois-tu qu’enfin lasse et charmée
Par tes tristesses d’opéra,
Au long d’une échelle enflammée,
Ta Juliette descendra ?

Tant que l’ombre étale ses voiles,
Il reste là, s’évertuant,
Sous le balcon d’or des étoiles,
Roméo sinistre et gluant.

Puis il retourne vers son antre,
Au premier sourire du jour,
Traînant, dans l’herbe, son gros ventre,
Plein de poisons et plein d’amour.

(Louis Bouilhet)

 

 

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Âge,voyages et paysages (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2015



 

Âge,voyages et paysages

Rien ne ressemble plus à l’inspiration
Que l’ivresse d’une matinée de printemps,
Que le désir d’une femme.
Ne plus être soi, être chacun.
Poser ses pieds sur terre avec agilité.
Savourer l’air qu’on respire.
Je chante ce soir non ce que nous devons combattre
Mais ce que nous devons défendre.
Les plaisirs de la vie.
Le vin qu’on boit avec ses camarades.
L’amour.
Le feu en hiver.
La rivière fraîche en été.
La viande et le pain de chaque repas.
Le refrain que l’on chante en marchant sur la route.
Le lit où l’on dort.
Le sommeil, sans réveils en sursaut, sans angoisse du lendemain.
Le loisir.
La liberté de changer de ciel.
Le sentiment de la dignité et beaucoup d’autres choses
dont on ose refuser la possession aux hommes.

J’aime et je chante le printemps fleuri
J’aime et je chante l’été avec ses fruits
J’aime et je chante la joie de vivre
J’aime et je chante le printemps
J’aime et je chante l’été, saison dans laquelle je suis né.

(Robert Desnos)

Illustration: Kristoff L

 

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