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Posts Tagged ‘camarade’

Et maison neuve on bâtira (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018




    
Et maison neuve on bâtira

Refrain
On va construire une maison
Pour abriter les camarades
On va construire une maison
Du rez-d’-chaussée jusqu’aux mansardes
On va construire une maison
Le toit les murs les fondations
On va construire une maison.

1
Il faut d’abord abattre la masure
Les vieux taudis les nids à rats
Il faut d’abord abattre la masure
Et maison neuve on bâtira.

2
Il faut aussi creuser profond la terre
Le terrassier a de bons bras
Il faut aussi creuser profond la terre
Et maison neuve on bâtira.

3
Maçon construis de solides murailles.
C’est le gros oeuvre et il tiendra
Par le ciment la pierre et la pierraille
Et maison neuve on bâtira.

4
Le fer, le bois soutiendront la charpente
Couvreur, plombiers, faites le toit
Qu’il nous abrite à l’instant des tourmentes
Et maison neuve on bâtira.

5
Pour la lumière et les fortes serrures
Bons compagnons fait’s c’ qu’il faudra
Comme un voilier inclinant sa mâture
La maison neuv’ naviguera.

6
Le menuisier fait les planchers solides
Pour le repos des travailleurs
Et la maison malgré les vents perfides
Verra briller les jours meilleurs.

7
Pour la construire éblouie de lumière
Soyons unis dans la cité
Et que ces buts guident nos coeurs sincères:
La justice et la liberté.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Ouvrez-vous la porte camarades? (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018




    
Ouvrez-vous la porte camarades?

1
Ouvrez-vous la porte (bis)
Camarades?
Nous ouvrons la porte (bis)
À tous les camarades

2
Fermez-vous la porte (bis)
Camarades?
Nous fermons la porte (bis)
Aux ennemis des camarades

3
Tendez-vous la main (bis)
Camarades?
Nous tendons la main (bis)
Pour aider les camarades!

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Seconde chanson de la fleur de souci (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



 

Seconde chanson de la fleur de souci

Ayant dit ayant fait
Ce qui me plaît
Je vais à droite je vais à gauche
Et j’aime la fleur de souci

Je vais à droite je vais à gauche
Je bois du vin je bois de l’eau
Chantant faux mais chantant fort
Et j’aime la fleur de souci

Chantant faux mais chantant fort
Quand le diable y serait
Je l’inviterais
S’il aime la fleur de souci

Je l’inviterais
Comme j’invite tous les bons camarades
à partager mon verre et ma chanson
Et à vider nos verres sur la fleur de souci.

(Robert Desnos)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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J’ai perdu le do de ma clarinette (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2017




J’ai perdu le do de ma clarinette (2 fois)
Ah! Si papa savait ça, tralala, (2 fois)
Il dirait : « Ohé !» (2 fois)
Tu n’connais pas la cadence,
Tu n’sais pas comment on danse,
Tu n’sais pas danser au pas cadencé.
Au pas, camarade (2 fois)
Au pas, au pas, au pas
Au pas camarade, (2 fois)
Au pas, au pas, au pas.
(Continuer avec toutes les notes de la gamme : ré, mi, fa, sol, la, si, do)

(Anonyme)

Illustration: Charles Sprague-Pearce

 

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SI J’ÉTAIS AVEC VOUS.. (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2017



Xue Da_NeigeRouge

SI J’ÉTAIS AVEC VOUS…

Si j’étais avec vous, seigneur, là-bas, parmi vos camarades,
votre courage en serait peut-être diminué.
Il m’a fallu bien des mois pour tisser mes robes de fine toile,
qui devaient vous faire honneur!
Je ne les porterai sans doute jamais.

J’ai renoncé aux bijoux, aux fards.
J’ai renoncé aux fleurs.
Je contemple les oiseaux qui volent par couple,
et je les envie.

O mon époux,
quand nos regards pourront-ils se rencontrer?

(La Flûte de Jade)

 

 

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LES DEUX MULETS (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



 

LES DEUX MULETS

Deux Mulets cheminaient, l’un d’avoine chargé,
L’autre portant l’argent de la Gabelle.
Celui-ci, glorieux d’une charge si belle,
N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé.
Il marchait d’un pas relevé,
Et faisait sonner sa sonnette :
Quand l’ennemi se présentant,
Comme il en voulait à l’argent,
Sur le Mulet du fisc une troupe se jette,
Le saisit au frein et l’arrête.
Le Mulet, en se défendant,
Se sent percer de coups : il gémit, il soupire.
« Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ?
Ce Mulet qui me suit du danger se retire,
Et moi j’y tombe, et je péris.
– Ami, lui dit son camarade,
Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut Emploi :
Si tu n’avais servi qu’un Meunier, comme moi,
Tu ne serais pas si malade. »

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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LE POT DE TERRE ET LE POT DE FER (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



 

LE POT DE TERRE ET LE POT DE FER

Le Pot de fer proposa
Au Pot de terre un voyage.
Celui-ci s’en excusa,
Disant qu’il ferait que sage
De garder le coin du feu :
Car il lui fallait si peu,
Si peu, que la moindre chose
De son débris serait cause.
Il n’en reviendrait morceau.
« Pour vous, dit-il, dont la peau
Est plus dure que la mienne,
Je ne vois rien qui vous tienne.
– Nous vous mettrons à couvert,
Repartit le Pot de fer.
Si quelque matière dure
Vous menace d’aventure,
Entre deux je passerai,
Et du coup vous sauverai. »
Cette offre le persuade.
Pot de fer son camarade
Se met droit à ses côtés.
Mes gens s’en vont à trois pieds,
Clopin-clopant comme ils peuvent,
L’un contre l’autre jetés
Au moindre hoquet qu’ils treuvent.
Le Pot de terre en souffre ; il n’eut pas fait cent pas
Que par son compagnon il fut mis en éclats,
Sans qu’il eût lieu de se plaindre.

Ne nous associons qu’avecque nos égaux.
Ou bien il nous faudra craindre
Le destin d’un de ces Pots.

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

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Jadis je jouais jour et nuit (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2017



Jadis je jouais jour et nuit avec mes camarades
et maintenant j’ai peur.

Si élevé est le palais de mon Seigneur
que mon coeur tremble d’y monter :

pourtant je ne dois pas être craintive
si je veux jouir de Son amour.

Mon coeur doit s’attacher à mon Bien-Aimé;
je dois écarter mon voile
et unir tout mon être à Lui.

Mes yeux feront l’office
de lampes d’amour.

Kabîr dit : « Écoute, mon amie, Il comprend qui l’aime.
Si tu ne languis pas d’amour pour ton Unique Bien-Aimé,
il est inutile d’orner ton corps;
il est vain de mettre de l’onguent sur tes paupières. »

(Kabîr)

Illustration

 

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Celui qui aime (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



Jouant jour et nuit j’étais parmi mes camarades;
maintenant ma frayeur est grande.
Si élevé est le palais de mon Seigneur,
devant les escaliers mon coeur défaille :
mais si je veux goûter son amour, il ne faut pas être timide.
Que mon coeur s’attache à mon Amant;
et que je dépouille mon voile;
je dois le rencontrer de tout mon corps.
Que mes yeux accomplissent le rite des lampes de l’amour.

Kabîr parle : Écoute, ami : celui qui aime,
Il le comprend. Mais si tu ne ressens pas,
pour l’Aimé, l’angoisse du désir d’amour,
— à ton corps toute parure est vaine,
vain le fard au bord de tes yeux.

***

I played day and night with my comrades,
and now I am greatly afraid.
So high is my Lord’s palace,
my heart trembles to mount its stairs :
yet I must not be shy, if I would enjoy His love.
My heart must cleave to my Lover;
I must with draw my veil, and meet Him with all my body :
Mine eyes must perform the ceremony of the lamps of love.

Kabîr says : « Listen to me, friend : he understands who loves.
If you feel not love’s longing for your Beloved One,
it is vain to adorn your body,
vain to put unguent on your eyelids. »

(Kabîr)

 

 

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IL Y A (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2016



 

IL Y A

Il y a des petits ponts épatants
Il y a mon cœur qui bat pour toi
Il y a une femme triste sur la route
Il y a un beau petit cottage dans un jardin
Il y a six soldats qui s’amusent comme des fous
Il y a mes yeux qui cherchent ton image
Il y a un petit bois charmant sur la colline
Et un vieux territorial pisse quand nous passons
Il y a un poète qui rêve au ptit Lou
Il y a un ptit Lou exquis dans ce grand Paris
Il y a une batterie dans une forêt
Il y a un berger qui paît ses moutons
Il y a ma vie qui t’appartient
Il y a mon porte-plume réservoir qui court, qui court
Il y a un rideau de peupliers délicat, délicat
Il y a toute ma vie passée qui est bien passée
Il y a des rues étroites à Menton où nous nous sommes aimés
Il y a une petite fille de Sospel qui fouette ses camarades
Il y a mon fouet de conducteur dans mon sac à avoine
Il y a des wagons belges sur la voie
Il y a mon amour
Il y a toute la vie
Je t’adore

(Guillaume Apollinaire)

Illustration: Claude Monet

 

 

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