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Posts Tagged ‘caméléon’

GAIETÉS LYRIQUES (Georges Perros)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



Illustration: Elliot Nichol
    
GAIETÉS LYRIQUES

Si vous cherchez bien
Vous verrez
Des visages
L’enfer s’y promène
Si vous cherchez mal
Vous saurez
Où surnagent
Nos âmes sereines
Le caméléon de l’amour
Y change ses couleurs fauves
La tristesse de vivre ici
Ferme l’oeil bête des alcôves
Nous n’irons plus au bois
L’été
Ressemble trop au carnaval
Danse de mort
Squelettes vains
Nous n’irons plus ; le mal lointain
S’est à nouveau pris dans nos pièges
La vie est un bouchon de liège
Elle flotte au gré des humeurs
Mais n’entend plus l’humble rumeur
De l’éternel qui passe vite
A travers nos coeurs désertés.

(Georges Perros)

 

Recueil: Poèmes bleus
Traduction:
Editions:

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Les joies (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018


Volant autour de la source,
La changeante libellule
M’éjouit depuis longtemps :
Tantôt sombre et tantôt claire,
Comme le caméléon.

Tantôt rouge et tantôt bleue,
Tantôt bleue et tantôt verte.
Oh! Si je pouvais, du moins,
Voir de tout près ses couleurs!

Elle bourdonne et plane et point ne cesse!
Mais, chut! Au tronc du saule elle se pose.
Ah! Je la tiens! Ah! Je la tiens! Sur l’heure,
Je l’examine avec précision,
Et je ne vois que du bleu triste et sombre …

Voilà ton lot, ô l’analyste de tes Joies!

***

Die Freuden

Es flattert um die Quelle
Die wechselnde Libelle,
Mich freut sie lange schon;
Bald dunkel und bald helle,
Wie dern Chamäleon;

Bald rot, bald blau.
Bald blau, bald grün.
O dass ich in der Nähe
Doch ihre Farben sähe!

Sie schwirrt und schwebet, rastet nie!
Doch still, sie setzt sich an die Weiden.
Da hab ich sie! Da hab ich sie!
Und nun betracht ich ihn genau,
Und seh ein traurig dunkles Blau.

So geht es dir, Zergliedrer deiner Freuden!

(Goethe)

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INVENTAIRE DE L’ARCHE (Jean Dypreau)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2018



INVENTAIRE DE L’ARCHE

Le caméléon
Face à l’arc-en-ciel,
il s’exerce.

Le cygne
Il entre la tête
dans son miroir.

Le mouton
Il va flairer
aux mains de la fileuse
un peu de son passé.

L’aigle
Il regarde toujours plus haut :
il a peur du vertige.

L’éphémère
Je suis éphé…
mère, achève son fils
en lui fermant les yeux.

La taupe
Dès ma naissance
mes parents m’apprirent
à m’enterrer.

Les hippocampes
Aux kermesses de la mer
il y a des manèges d’hippocampes.

(Jean Dypreau)

 

 

 

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Mes Miroirs (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



 

Mes Miroirs

Je n’ai qu’un geste à faire
Pour que les murs de ma chambre
Tous les murs de ma chambre
Se recouvrent de miroirs
Ils ne m’aiment pas les miroirs

Ils me guettent
Avec leurs yeux mille facettes
Leurs yeux fixes et froids de félin
Leurs reflets de caméléons
Et leurs langues de verre
Dures et glacées

Ils me renvoient mon image les miroirs
Comme une grimace
Comme une insulte
Comme on lance une pierre
Comme un griffe-visage

Je peux bien les frapper à mon tour
Les broyer en petits morceaux
Leur jeter des étoiles en pâture
Les provoquer les caresser
Les démonter pièce par pièce
Ils se reconstruisent d’eux-mêmes
Ils restent là au bord de mes plaies

Vous qui m’aimez
Ne me laissez pas seul
Face à mes miroirs
Quand tous les marteaux du monde
Quand tous les cailloux de la route
Ne briseraient pas
L’éclat de rire de leur verre

(Paul Louis Rossi)

Illustration

 

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OÙ L’ON PARLE SEULEMENT D’AMOUR (Juan Bañuelos)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2017



 

OÙ L’ON PARLE SEULEMENT D’AMOUR

Aux hommes, aux femmes,
Qui désirent vivre sans solitude,
À l’épais caméléon se taisant comme l’eau,
À l’air sauvage (c’est un oiseau attrapé),
À ceux qui dorment pendant que je veille,
À la femme assise sur la Place vendant son silence,
Enfin, je dis certaines choses réelles
Dans la langue de tous, amoureuse ;
Aux enfants qui rêvent de fruits
Et à ceux qui chantent des chansons sans parole dans les nuits
Je partage la mort avec la mort,
Les invite à la vie
Comme un garçon qui offre une pomme,
Je m’enflamme
Pour que se passent bien ces jours d’hiver
Pour qu’une femme se couche à mon côté
Et j’aime le monde

(Juan Bañuelos)

Illustration

 

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La trompe de l’éléphant (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2016



La trompe de l’éléphant

La trompe de l’éléphant,
c’est pour ramasser les pistaches :
pas besoin de se baisser.

Le cou de la girafe,
c’est pour brouter les astres :
pas besoin de voler.

La peau du caméléon,
verte, bleue, mauve, blanche,
selon sa volonté,
c’est pour se cacher des animaux voraces :
pas besoin de fuir.

La carapace de la tortue,
c’est pour dormir à l’intérieur,
même l’hiver :
pas besoin de maison.

Le poème du poète,
c’est pour dire tout cela
et mille et mille et mille autres choses :
pas besoin de comprendre.

(Alain Bosquet)

Illustration

 

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LES SOUVENIRS M’OBSERVENT (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2016



LES SOUVENIRS M’OBSERVENT

Un matin de juin, alors qu’il est trop tôt
pour s’éveiller et trop tard pour se rendormir.

Je dois sortir dans la verdure saturée
de souvenirs, et ils me suivent des yeux.

Ils restent invisibles, ils se fondent
dans l’ensemble, parfaits caméléons.

Ils sont si près que j’entends leur haleine,
bien que le chant des oiseaux soit assourdissant.

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

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Fragments (Jean Dypreau)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2016



Le Caméléon
Face à l’arc-en-ciel
Il s’exerce

Le Cygne
Il entre la tête
Dans son miroir

Le Mouton
Il va flairer
Aux mains de la fileuse
Un peu de son passé

L’Aigle
Il regarde toujours plus haut
Il a peur du vertige

La Taupe
Dès ma naissance
Mes parents m’appprirent
A m’enterrer

Les Hippocampes
Aux kermesses de la mer
Il y a des hippocampes

(Jean Dypreau)

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Dans le rouge de toutes les déchirures (Cédric Le Penven)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2016



Dans le rouge de toutes les déchirures, mots
plantés dedans (couteaux dans la plaie, langue
projetée vers le gouffre, comme caméléon)
Guérir non merci et de toute façon le bonheur
me blesse aussi dans sa promesse de disparaître
bientôt avec les oiseaux migrateurs, avec les fruits
tombant sans qu’on les cueille guérir non
je ne veux me départir de ce paquet de larmes
de ces dents acérées qui mordent sa hanche
ni de cette peau perméable aux autres et au monde

(Cédric Le Penven)

Illustration

 

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Girafe (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2016



Girafe

Quand je serai grand, je serai girafe
Pour être bien vu par les géographes.
Pas éléphant blanc, c’est trop salissant,
Ni serpent python, ni caméléon.

La girafe est belle, elle est une échelle
Entre sol et ciel, l’herbe et le soleil !

Mammouth, c’est trop tard et marsouin trop loin,
Le chameau a soif, le saurien a faim.

Tandis que girafe, on a de ces pattes !
Un cou bien plus haut que le télégraphe !

Le kangourou boxe, il reçoit des coups,
Il a une poche, mais jamais de sous.

Non, décidément, quand je serai grand,
Je serai girafe et vivrai cent ans.

Alors sa maman lui dit tendrement :
C’est trop d’ambition, mon petit gardon !

(Marc Alyn)

Illustration

 

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