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Posts Tagged ‘camélia’

LA GUITARE (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2021



Illustration: Gérard Segear
    
LA GUITARE

Commence le pleur
De la guitare.
De la prime aube
Les coupes se brisent.
Commence le pleur
De la guitare.
Il est inutile de la faire taire.
Il est impossible
De la faire taire.
C’est un pleur monotone,
Comme le pleur de l’eau,
Comme le pleur du vent
Sur la neige tombée.
Il est impossible
De la faire taire.
Elle pleure sur des choses
Lointaines.
Sable du Sud brûlant
Qui veut de blancs camélias.
Elle pleure la flèche sans but,
Le soir sans lendemain,
Et le premier oiseau mort
Sur la branche.
Ô guitare !
Ô coeur à mort blessé
Par cinq épées.

***

LA GUITARRA

Empieza el llanto
De la guitarra.
Se rompen las copas
De la madrugada.
Empieza el llanto
De la guitarra.
Es inútil callarla.
Es imposibile
Callarla.
Llora monótona
Como llora el agua,
Como llora el viento
Sobre la nevada.
Es imposibile
Callarla.
Llora por cocas
Lejanas.
Arena del Sur caliente
Que pide camelias blancas.
Llora flecha sin blanco,
La tarde sin mañana,
Y el primer pájaro muerto
Sobre la rama.
¡ Oh guitarra!
Corazón malherido
Por cinco espadas.

(Federico Garcia Lorca)

Recueil: Petite anthologie Poésie européenne
Traduction:
Editions: Singulières

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Majesté du torii (Catherine Morvan)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2021




    

Majesté du torii
Passage dans un monde d’esprits Kamis
Apaisant
Hors du temps
Reflets impressionnistes
Souffle venteux, frêle risée
Grands arbres froissés
Vaguelette rosée, frisotante,
Mille fleurs envolées
Écrin de nature
Rives aux teintes contrastées
Feuillages tendres juste éclos
Nuages d’arbustes vert profond
Coulées d’azalées rouge nacré
Ilot de camélias allure fuchsia
Tableau éphémère
Ancré dans le temps.
Flamboyant,
Un pont japonais, campé,
Vermillon écarlate
Entre terre et terre
Entre rêve et onde
Pétale blanc au gré du courant…

(Catherine Morvan)

 

Recueil: Bruissement d’elles
Traduction:
Editions: L’Harmattan

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Une haine radicale (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020



Une haine radicale
parfois porte une fleur
pour cristal
camélia blanc

Elle prend
la forme de l’amour
est l’amour
selon toute apparence

(William Carlos Williams)

Illustration: Très belle collection-créations d’Ambigrammes ici ! (Basile Morin)

 

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Un pétale tombe (Masaoka Shiki)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2019



    

(Masaoka Shiki)

 

Recueil: Les plus beaux HAÏKU(S)
Traduction: Akié Boulard
Editions: Arichi

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Le camélia (Su Shih)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2019



En face de moi, qui l’a planté, le camélia?
Personne sous la fine pluie, je suis seul là
A te parler, sans que tu me comprennes.
Toi, seule éclose en pleine neige, rouge flamme.

(Su Shih)

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Un camélia chute… (Keiko Niwa)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2018



Un camélia chute…
La profondeur de la nuit
semble sondée

(Keiko Niwa)

Illustration

 

 

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Le camélia (Yaba)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2018


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Balayé le jardin
le camélia à propos
a répandu ses fleurs

(Yaba)

Illustration

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UN CAMÉLIA (Julie Delaloye)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration: Charles Gleyre 
    
UN CAMÉLIA

Elle s’approche du soir, lentement,
un camélia blanc sur l’épaule accroché.
Bruits de soie noire, plis sous les branchages,
dans l’ombre calme et du cercle entier de la nuit,
tandis que sur le visage et le flux des miroirs,
court le parfum fidèle, froissé, des sels dorés.

Errance de ce visage, clair et ardent,
qui, à travers l’orage inespéré d’août,
éclaire, et fait l’obscurité plus douce.

Elle peut passer, se couvrir d’ombre.
Qu’importe !
Elle a sur sa robe et dans ses doigts,
les clartés célestes pour refleurir,
plus haut, après la nuit.

(Julie Delaloye)

 

Recueil: Dans un ciel de février
Traduction:
Editions: Cheyne

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Des pétales tombés du camélia d’hiver (Dodohei Tsuzuki)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2017



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Des pétales tombés du camélia d’hiver —
Ma femme morte,
dans un linceul d’un blanc éclatant

(Dodohei Tsuzuki)

Illustration

 

 

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Camélia (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2017



Camélia

Il n’était bruit dans Venise que des attraits de la comtesse Impéria.
Sa beauté fière et majestueuse frappait tout le monde d’admiration;
son teint d’un blanc velouté, nuancé d’une légère teinte rose,
était un objet d’envie pour toutes les dames de Venise.
Le glorieux époux de la mer, le Doge lui-même, avait dit, le jour de son couronnement,
que s’il avait été libre de son choix,
ce n’est pas l’Adriatique qui aurait reçu son anneau de fiançailles…

[Et cependent voici les dernières paroles que lui adressa
avant de se suicider Stenio, le jeune Vénitien qu’elle avait
choisi entre tous pour époux:]
« Madame, vous ressemblez à cette fleur qu’on nomme
le camélia et qu’un jésuite nous a récemment apportée de Chine:
elle est charmante à l’oeil, mais elle ne dit rien à l’odorat.
Vous êtes belle madame,
mais vous n’avez pas ce parfum de la beauté qui s’appelle l’amour! »

[Et la comtesse Impéria de s’écrier:]
« Maudit soit le jour, où j’ai voulu vivre sur la terre!
Si la Fée m’avait dit, tu auras un coeur insensible, une âme froide,
tu assisteras impassible au spectacle des maux que tu feras naître,
tu brilleras d’une beauté fatale qui ne reflètera aucun sentiment de tendresse,
je n’aurais pas demandé à changer de sort.
Fleur, on peut vivre sans parfum;
femme, on ne saurait exister sans amour!
O Fée, rends-moi à ma première forme,
fais que je redevienne camélia:
il y a bien assez de femmes sans coeur sur la terre. »

La Fée aux Fleurs ne tarda pas à réaliser ce souhait.
Redevenue fleur, Impéria se ressouvint de Stenio:
on vit fleurir comme par enchantement
un magnifique camélia sur la tombe du jeune homme.

(J.J. Grandville)

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