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Poésie

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D’autres villes d’autres échos (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2018



Illustration: Baiser mortel laurier-rose
    
D’autres villes d’autres échos
Il faut bien que le son
finisse sa course passant par nous
Modifié par nous chaque obstacle vivant
atténue sa stridence
Chaque arbre et chaque maison
chaque camion sur la route pierreuse
chaque directrice de projet à la banque
chaque homme lisant son journal au café
chaque collégienne en uniforme et le chat
fait ses griffes sur le tronc mince
du laurier-rose avant de tourner
au coin de la rue

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Si, si, si… (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2017




    
Si X. avait eu ce jour-là une forte migraine,
si sa femme avait eu besoin de lui pour l’accompagner à l’hôpital,
si le réveil n’avait pas sonné ce matin-là,
s’il avait pris la peine de se raser,
s’il avait renoontré un copain qui lui avait offert un café,
si, si, si…

Ismaël n’aurait pas été écrasé à 9 h 11 minutes
par le chauffeur du camion
qui passait devant chez lui à toute vitesse.

(Tahar Ben Jelloun)

 

Recueil: Que la Blessure se ferme
Editions: Gallimard

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Je crois entendre (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2017



Illustration: Filippo Vitale
    
Je crois entendre. Un bruit
d’écluse. Je me vide. Je débonde.
Courbée sous l’averse. Comme il fait
froid. Chaque nuit et chaque nuit
mon corps roule et roule sur des berges.
Dans un fleuve. Sous des camions. Dans
des bennes. Détruit. Immobile.
Je voudrais que tu saches. On me frappe
aux tempes. On me frappe aux
tempes. Dans mon sexe suppliant
si bas. Nudité brisée.

(Mathieu Bénézet)

 

Recueil: Pourquoi ce corps que je n’ai pas
Editions: Fissile

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Vers des clartés au loin (Nâzim Hikmet)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2016




Vers des clartés au loin descend cette route asphaltée ;
dans des camions, trois par trois, on embarque les vaches,
leur tête dodeline, lourde et calme.
Vers des clartés au loin descend cette route asphaltée.

Dans des camions, trois par trois, on embarque les vaches,
des tachetées, des noires et des rousses ;
mais nul ne peut leur expliquer
qu’il est minuit et que l’on va vers l’abattoir.

Vers des clartés au loin descend cette route asphaltée ;
dans des camions, trois par trois, on embarque les vaches
leur tête dodeline, lourde et calme.

(Nâzim Hikmet)

Illustration: Aurélie Mantillet

 

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Novembre (Nicolas Bouvier)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2016



grenade sous la neige

Novembre

Les grenades ouvertes qui saignent
sous une mince et pure couche de neige
le bleu des mosquées sous la neige
les camions rouillés sous la neige
les pintades blanches plus blanches encore
les longs murs roux
les voix perdues
qui cheminent à tâtons sous la neige
toute la ville, jusqu’à l’énorme citadelle
s’envole dans le ciel moucheté

(Nicolas Bouvier)

Illustration

 

 

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Dans les banques (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2015




Dans les banques les chambres fortes
reçoivent un rayon de soleil
alors que dans la rue passaient
traînés par d’immenses chevaux
les camions des démolisseurs
qui transportaient
des aciers morts

(Jean Follain)

Illustration

 

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