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Un rêve (Paul Le Jéloux)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018



 

Jacek Yerka -   (34)

Un rêve

Tu entreras dans la maison désolée
lentement, au plus près de toi,
tu ne toucheras pas au heurtoir,
des pas reculeront pour toi dans l’ombre,
tu gagneras leur nuit
sans que ta main ne bouge
Ce ne seront pas les murs qui trembleront
mais l’ovale de ton visage
que tu pourras
tremper dans un lait de jasmin

Des nuages cotonneux de tes jours, de ta vie,
tu seras descendu,
et sur des marches très fidèles tu sentiras l’amour
te quitter comme une belle dame
Tu avanceras dans un long couloir bien que l’obscurité soit forte,
tu frôleras les livres de ta vie, les bibles de tes sanglots.
Les murs scintilleront d’une impossible lumière,
cadrés et droits dans ta neuve cécité.
tu respireras le parfum sec de fleurs flétries,
d’ombres apeurées,
de tissus pourpres et profonds

Tu verras tout à la devinette,
tu creuseras le chemin sans sable ni cailloux.
Les heures passées seront ton baume,
des passades tragiques entêteront tes repères et tes identités
Tu chercheras la clef n’y trouvant pas de sens,
Tu danseras de cœur et d’âme,
Une lampe muette indiquera la salle
parmi mille convois sans nom et des camisoles.
Tu te coucheras en tenant la main inconnue
et enfin la maison de ta nuit prendra feu

(Paul Le Jéloux)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Jacek Yerka

 

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Bourreaux ou frères (Ilarie Voronca)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2016



Près de vos armes, hommes inflexibles,
Près de vos aigles dressés à déchirer les poumons
Des porteurs de flammes, voici mon ombre entre les montagnes inclinées
Attentivement vers la ville prise dans les menottes du pain.
Sachez que si vous me fouillez jusqu’aux entrailles
Ainsi qu’on le ferait d’un violon, afin d’y trouver le chant,
Ou d’un miroir, pour en arracher les images,
Jamais vous ne toucherez la vision qui demeure en moi:

Parmi le matin qui s’ouvre une artère
Avec la brume tombée au fond des éprouvettes,
Avec l’âme qui, dans la chair comme une camisole de force,
Se tord, s’écorche et voudrait se délivrer.

Et vous qui mordez la neige et vous mordez entre vous,
Comme des chiens au traîneau montant vers quel orage,
Bourreaux ou frères, me voilà – je marche parmi vous,
Et je ne sais ce que vous enfoncez dans mon épaule: poignard ou aile.

(Ilarie Voronca)

Illustration: Remedios Varo Uranga

 

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