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Poésie

Posts Tagged ‘camp’

Hiver à Bergen-Belsen (Jacques Biolley)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2019




A Bergen-Belsen, camp de la mort,
les nazis aiment la musique.
A Bergen-Belsen, camp de la mort,
quatre prisonniers forment un quator,
mais Igri le violoniste refuse de jouer.
A Bergen-Belsen,
dans la neige et le vent,
trois musiciens,
sous la menace des nazis,
jouent Liszt
pour la pendaison du violoniste.

(Jacques Biolley)

Illustration

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Je marque des points (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018


 


 

De-Rouille-et-dOs-14042

Je marque des points

Je marque des points
pour le camp des vaincus
ceux qui ont toujours tort
de n’être qu’eux-mêmes
ceux qui rêvent de gloire
dans un hall.
Une bière forte
huit degrés six
sur l’échelle de l’hiver.

(Balbino)

Illustration

 

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Le matin (Jean-Pierre Lemaire)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018




    
Le matin, les maisons semblent un peu plus hautes,
debout sur leurs pierres,
ainsi que les arbres étrangement verts
sur leurs vieilles racines
et la mer sombre, rafraîchie,
sur ses abîmes de mémoire.
On dirait qu’ils regardent venir le soleil
promis depuis des siècles
comme une foule ayant passé
la nuit dehors pour l’apercevoir.
Ensuite, au fil des heures,
chacun se rassoit imperceptiblement,
ne voit plus que sa rue,
les galets sur le rivage.
Qu’arriverait-il
si tout le monde osait suivre aujourd’hui
le soleil levant ?
La ville deviendrait comme un camp de toile
et nous marcherions du matin au soir
sur la pointe des pieds.

(Jean-Pierre Lemaire)

 

Recueil: Faire place
Traduction:
Editions: Gallimard

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Retrouver les cachettes dans le mur (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2018




    
Retrouver les cachettes dans le mur
Les pépites des vitraux
Le soldat de l’horizon
Et sa tunique bleue froissée
Les caillots crèvent le chemin,
Une latte d’espoir au poteau de torture
Pour donner l’illusion d’une croix
Mais tout est truqué
Jusqu’au salut de la girouette,
Aux feux de joie dans le camp.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Parlant du camp (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018




    
(Parlant du camp)
Et c’est à vous couper le souffle – on y retrouve toutes les facettes, les classes, les « ismes »,
les oppositions et les chapelles qui divisent la société.(…).

Ils se retrouvent désormais dans un espace vide, seulement délimité par le ciel et la terre
et qu’il leur faudra meubler de leurs propres ressources intérieures.(…).

La solide armure que leur avait forgée position sociale, notoriété et fortune est tombée en pièces,
leur laissant pour tout vêtement la mince chemise de leur humanité

(Etty Hillesum)

 

 

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Je crois que la beauté du monde est partout (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018


 



    
De l’autre côté de cette tente, le soleil nous offre soir après soir le spectacle d’un coucher inédit.
Ce camp perdu dans la lande de Drenthe abrite des paysages variés.
Je crois que la beauté du monde est partout,
même là où les manuels de géographie nous décrivent la terre comme aride, infertile et sans accidents.
Il est vrai que la plupart des livres ne valent rien, il nous faudra les réécrire.

(Etty Hillesum)

 

 

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Le Pion (Constantin Cavàfis)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2017




    
Le Pion

Devant une partie d’échecs, souvent,
je suis des yeux la progression d’un Pion
qui pas à pas chemine vers l’avant
et touche enfin à la ligne du fond.
Il marche vers son but de si bon coeur
qu’on peut penser que l’attendent là-bas
on ne sait quels plaisirs et récompenses.
En route il doit subir plus d’une épreuve.
Des fous lui jettent leurs lances de biais ;
il est frappé par des tours qui avancent
en ligne droite ; et de vifs cavaliers
à l’intérieur de leurs carrés s’efforcent
de l’amener à tomber par la ruse ;
tandis que çà et là, menace oblique,
un pion se place en travers de sa route,
envoyé là par le camp ennemi.

Mais il échappe aux dangers qui l’assaillent
et touche enfin à la ligne du fond.

Toucher au but, quel triomphe pour lui,
sur cette ligne ultime, et si terrible !

Car c’est ici que le Pion va mourir
et ses efforts n’ont servi à rien d’autre.
C’est pour la reine, qui va nous sauver,
qui grâce à lui va sortir de la tombe,
qu’il descendra dans l’Hadès des échecs.

(Constantin Cavàfis)

 

Recueil: Tous les poèmes
Traduction: Michel Volkovitch
Editions: Le miel des Anges

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MIROIR VIDE (Kenneth Rexroth)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017




    
MIROIR VIDE

Tant que nous vivons perdus
Dans le règne de la finalité
Nous ne sommes pas libres. Je suis assis
Dans ma cabane de dix mètres carrés.

Les oiseaux chantent. Les abeilles bourdonnent.
Les feuilles frémissent. L’eau
Murmure sur les rochers.
Le canyon me referme sur moi-même.

Un mouvement, et la grenouille de Basho
Sauterait dans l’étang.
Tout l’été les feuilles dorées
Des lauriers ont tourné dans l’espace.

Aujourd’hui, une feuille
D’érable dérivait sur l’eau.
A la tombée de la nuit, je contemple le feu.

Il fut un temps où je voyais des cités de feu,
Des villes, des palais, des guerres,
Des aventures héroïques
Dans les feux de camp de ma jeunesse.

Aujourd’hui, je ne vois plus qu’un feu.
Je respire doucement.
Les étoiles se meuvent dans le ciel.

Dans l’obscurité pure
Seule une petite lueur rougeoyante
Palpite encore parmi la cendre.

Sur la table, une peau
De serpent desséchée, une pierre brute.

(Kenneth Rexroth)

 

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Pas de trêve (Max Alhau)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2017



    
Pas de trêve pour les hirondelles,
pour les primevères.
D’elles aussi nous sommes comptables
comme des aveux de la rivière
pour qui l’avenir n’a pas de nom,
pas de place définie.

Nous bivouaquons dans des camps abandonnés.
Nous nous signons avec le sable
et le dernier veilleur affolé par les songes
interroge de loin les choses
dont il a oublié le nom.
Il nous livre soudain la réponse :
nous ne sommes déjà plus là pour l’entendre

(Max Alhau)

 

Recueil: Présence de la Poésie
Editions: Editions des Vanneaux

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N’as-tu pas entendu (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2017



N’as-tu pas entendu les accords de la mystérieuse musique ?
Au milieu de la chambre
la harpe de joie est gentiment et doucement jouée.
À quoi bon sortir pour l’entendre ?

Si tu n’as pas goûté le nectar de l’Unique Amour,
à quoi te servirait-il de t’être purifié de toute souillure ?

Le Kazi cherche le sens des versets du Coran et instruit les hommes;
mais si son coeur n’est pas plongé dans l’amour divin,
à quoi lui servira-t-il d’être un maître ?

Le Yogi teint de rouge ses vêtements ;
mais, s’il ne connaît pas la couleur de l’amour,
à quoi lui servira celle de ses vêtements ?

Kabîr dit : « Que je sois dans le temple ou sur le balcon de ma demeure,
dans un camp ou dans un jardin de fleurs, je vous dis en vérité
qu’à tout moment mon Seigneur prend ses délices en moi. »

(Kabîr)

 Illustration: Albena Vatcheva

 

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