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Poésie

Posts Tagged ‘campagne’

LE CORPS FAIT ARBRE (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2019



LE CORPS FAIT ARBRE

Le parfum de ta robe attire les abeilles,
Plus que les fruits mangés que ta sandale broie.
Accueillons cet élan de végétale joie,
Ce silence de la campagne où Pan sommeille.

Rêve que désormais immobile, sans âge,
Les pieds enracinés et les mains étendues,
Tu laisses s’agiter aux orageuses nues
Une chevelure odorante de feuillage.

Les guêpes voleront sur toi sans que s’émeuve
L’écorce de ta chair où la cigale chante,
Et ton sang éternel sera, comme les fleuves,
La circulation de la terre vivante.

(François Mauriac)

Illustration: Raipun

 

 

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LES FLEUVES BLEUS DU FEU… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2019



Les fleuves bleus du feu
Déchirent la campagne laiteuse.
On entend craquer les os
De la terre
Qui se met à sentir
Comme une femme en amour.
Bonne sueur de joie
Remontant les grilles de la pluie,
Bonnes larmes
Et larmes pour les jambes des femmes
Inquiétantes colombes.

(Jean Rousselot)

 

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Le grenier (Carlos Larronde)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2019



Le grenier

… Il est noir, l’escalier,
L’escalier qui monte au grenier,
au grenier où le plancher craque
C’est un endroit que l’on aime beaucoup.
La nuit s’y attarde ; on y trouve de tout :
Vieux livres, souvenirs, chapeaux à claque,
Et des rats sortant de leur trou.
On a peur ; il fait noir ; le plancher craque.
C’est bon d’être là, sous les tuiles,
seul et tranquille,
Pour avoir peur et pour penser.
La lucarne est garnie de vitres, bien ternes
avec des toiles d’araignées.
On l’ouvre sur la campagne moderne,
Quand on ne veut plus vivre avec le passé.

(Carlos Larronde)

Illustration

 

 

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Je te rejoins (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2019



Je te rejoins

Matin sur la campagne
Une herbe blafarde
Pousse sur le sommet
Du talus abrupt
Cris dans les buissons
Des oiseaux polissons
Un jour de douceur et de satiété
Me guide vers toi
Je me hâte
Sur des chemins d’impatience
Accompagné par un vol d’oiseaux

Tu t’abandonnes aux rayons
D’un soleil à la dérive
Et ton sein hérisse
La pointe des vagues
Tu t’ouvres au désir
Dans la luxure des couleurs
Et à travers le cristal
De l’onde
Tu apprivoises les images
Nous connaîtrons dans l’amour
Un immense silence déployé
Sur des astres qui se noient.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: George Elgar Hicks

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PETIT HAMEAU (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2019


PETIT HAMEAU

Or voici que verdoie un hameau sur les côtes
Plein de houx, orgueilleux de ses misères hautes.

Des bergers s’étonnant contemplent dans la plaine,
Et mon cheval qui sue à la hauteur se traîne.

Pour y vivre l’Octobre et ses paix pastorales
Je vous apporte, ô Pan, mes lyres vespérales.

Les boeufs sont vite entrés. Ils meuglent dans
l’étable,
Et la soupe qui fume a réjoui ma table.

Que vous êtes heureux, hommes bons des
campagnes,
Loin du faubourg qui pue et des clameurs de bagnes.

Jé vous bénis. Que la joie habite à vos portes,
En campagne, ô ces soirs de primes feuilles mortes!

(Emile Nelligan)


Illustration: Lucien de Maleville

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Miettes pour un rouge-gorge (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2019




    
Miettes pour un rouge-gorge
Bravo, Mathys!
à Raphaël Segura, peintre

Raphaël dit à Mathys,
son petit-fils de huit ans:
«Puisque tu es en vacances
et qu’il fait beau, ce matin,
nous pourrions aller au zoo,
mais j’ai mieux à te proposer.
Nous irons rendre visite
dans son mas, à la campagne,
au vieux poète Jean Joubert.
Il a écrit des romans,
des contes, des poèmes,
des albums pour les enfants,
des haïkus sur des galets,
il a parlé de ma peinture.
il te montrera des livres,
il te lira des histoires,
il t’écrira un poème.
— Non, dit Mathys résolument,
j’aime mieux aller voir les singes ! »

(Jean Joubert)

 

Recueil: Longtemps j’ai courtisé la nuit
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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CHANT DE L’ÉTÉ (Su Shi)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2019



CHANT DE L’ÉTÉ

La pluie a lavé l’herbe et le sentier
Les sabots du cheval ne soulèvent pas de poussière
Quand pourra-t-on finir le labour ?

Chanvres et mûriers reflètent l’éclat du soleil chaud
Le vent emporte le parfum grisant d’armoise
Le préfet vit heureux à la campagne

(Su Shi)

Illustration

 

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EVADNE (René Char)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2019



 

Bruno Di Maio 191

EVADNE

L’été et notre vie étions d’un seul tenant
La campagne mangeait la couleur de ta jupe odorante
Avidité et contrainte s’étaient réconciliées
Le château de Maubec s’enfonçait dans l’argile
Bientôt s’effondrerait le roulis de sa lyre
La violence des plantes nous faisait vaciller
Un corbeau rameur sombre déviant de l’escadre
Sur le muet silex de midi écartelé
Accompagnait notre entente aux mouvements tendres
La faucille partout devait se reposer
Notre rareté commençait un règne
(Le vent insomnieux qui nous ride la paupière
En tournant chaque nuit la page consentie
Veut que chaque part de toi que je retienne
Soit étendue à un pays d’âge affamé et de larmier géant).

C’était au début d’adorables années
La terre nous aimait un peu je me souviens.

(René Char)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Bruno Di Maio

 

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LUNE GRANDE (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2019



 

Steven Kenny

LUNE GRANDE

La porte est ouverte ;
le grillon chante.
Est-ce toi qui marches,
nue, dans la campagne ?

Comme une eau éternelle,
partout entre et sort.
Est-ce toi qui marches
nue, dans l’air ?

La sauge ne dort pas,
la fourmi est au travail.
Est-ce toi qui marches,
nue, dans la maison ?

***

LUNA GRANDE

La puerta está abierta;
el grillo, cantando.
¿Andas tú desnuda
por el campo?

Como un agua eterna,
por todo entra y sale.
¿Andas tú desnuda
por el aire?

La albahaca no duerme,
la hormiga trabaja.
¿Andas tú desnuda
por la casa?

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Steven Kenny

 

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Le printemps doucement (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



Illustration: Vincent Van Gogh
    
Le printemps doucement
posait sur les arbres un baiser,
et le vert nouveau jaillissait
comme une verte fumée.

Les nuages passaient
sur la campagne juvénile…
J’ai vu sur les feuilles trembler
les fraîches pluies d’avril.

Dessous l’amandier fleuri,
tout chargé de fleurs,
— je m’en souviens —, j’ai maudit
ma jeunesse sans amour.

Aujourd’hui, au milieu de la vie,
je me suis arrêté pour méditer…
Oh! jeunesse jamais vécue,
que ne puis-je encor te rêver!

(Antonio Machado)

 

Recueil: Champs de Castille précédé de Solitudes, Galeries et autres poèmes et suivi de Poésies de la guerre
Traduction: Sylvie Léger et Bernard Sesé
Editions: Gallimard

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