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Posts Tagged ‘canard’

Mon petit cheval (Suzanne François)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2020




    
Mon petit cheval

Mon petit cheval la la
Mon petit cheval la la
Dans les prés, dans les bois
Galopant et galopette
Dans les prés, dans les bois
Mon petit cheval de bois

Mon petit mouton la la
Mon petit mouton la la
Dans les prés, dans les bois
Sautillant et sautillette
Dans les prés, dans les bois
Mon petit mouton de bois

Mon petit cabri la la
Mon petit cabri la la
Dans les prés, dans les bois
Bondissant et bondissette
Dans les prés, dans les bois
Mon petit cabri de bois

Mon petit canard la la
Mon petit canard la la
Dans les prés, dans les bois
Dandinant et dandinette
(ou balançant et balancette)
Dans les prés, dans les bois
Mon petit canard de bois

(Suzanne François)

 

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Ce canard (Bashô)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2020



Ce canard aux petites cuisses
Dans son kimono duveté
Puisse-t’il avoir chaud!

(Bashô)

 

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Rondeau de la grenouille (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2020




    
Rondeau de la grenouille

Un beau soir d’été la verte grenouille
Reçoit pour dîner sur son nénuphar
Des amis, madame et monsieur Canard
Et monsieur Mulot. Menu : ratatouille.

Monsieur Mulot vient un peu en retard
Il craint de tomber dans l’eau :
Ça vous mouille
Même un soir d’été

Le nénuphar bouge. Il crie :
« ouille ! ouille ! ouille ! »
« Mais n’aie donc pas peur ! » lui dit
la grenouille
« Mange du dessert ! » disent les canards
Le repas fini il est déjà tard
On va dormir dans l’herbe qui chatouille
Au beau soir d’été

(Jacques Roubaud)

 

Recueil: Rondeaux poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Comment m’appeler ? (Ingerborg Bachmann)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2019



Illustration: pierres qui roulent

    

Comment m’appeler ?

Arbre je fus un jour et attaché,
puis oiseau m’échappai, libre comme l’air,
dans un fossé trouvé enchaîné,
un œuf souillé en se brisant brisa mes fers.

Comment me garder? J’ai oublié
d’où je viens et où je vais,
de tant de corps suis possédé,
un piquant résistant et un chevreuil en fuite.

Ami aujourd’hui des branches d’érable,
demain sur le tronc je porte la main…
Quand la faute commença-t-elle sa ronde infernale
me menant de semence en semence sans fin ?

Mais en moi chante encore un commencement
– ou bien une fin – et combat ma fuite,
je veux échapper à cette faute, à sa flèche
qui en grain de sable ou canard sauvage me cherche.

Peut-être puis-je un jour me reconnaître
une colombe une pierre qui roule… Manque
un mot seulement ! Comment m’appeler
sans être dans une autre langue ?

***

Wie soll ich mich nennen?

Einmal war ich ein Baum und gebunden,
dann entschlüpft ich als Vogel und war frei,
in einen Graben gefesselt gefunden,
entließ mich berstend ein schmutziges Ei.

Wie hait ich mich? Ich habe vergessen,
woher ich komme und wohin ich geh,
ich bin von vielen Leibern besessen,
ein harter Dom und ein flüchtendes Reh.

Freund bin ich heute den Ahornzweigen,
morgen vergehe ich mich an dem Stamm…
Wann begann die Schuld ihren Reigen,
mit dem ich von Samen zu Samen schwamm?

Aber in mir singt noch ein Beginnen
— oder ein Enden — und wehrt meiner Flucht,
ich will dem Pfeil dieser Schuld entrinnen,
der mich in Sandkorn und Wildente sucht.

Vielleicht kann ich mich einmal erkennen,
eine Taube einen rollenden Stein…
Ein Wort nur fehlt! Wie soll ich mich nennen,
ohne in anderer Sprache zu sein.

(Ingerborg Bachmann)

 

Recueil: Toute personne qui tombe a des ailes
Traduction: Françoise Rétif
Editions: Gallimard

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Accoudé à la rambarde métallique (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2019



Accoudé à la rambarde métallique
en ce froid dimanche
il jette aux canards de l’étang
le pain rassis de son enfance

(Bernard Montini)


Illustration

 

 

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Qu’appelons-nous espace ? (Jean Paulhan)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2019




    
Qu’appelons-nous espace ?

… c’est ce qui nous entoure et à travers quoi nous pouvons avancer et reculer,
aller à droite et à gauche, un milieu parfaitement réel (sinon épais) où sont situés les corps,
bref une chose que nous révèlent nos yeux, nos, mains et nos mouvements.

… c’est aussi cette odeur épaisse de canard mouillé
que dégage la terre sous l’averse ; de lilas et de terre labourée,
les cheveux de femme.

(Jean Paulhan)

 

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POUR PAUL (Lorine Niedecker)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2018



 

roi-des-oiseaux-3

POUR PAUL

Paul
six ans déjà
ce livre que j’aimais sur les oiseaux
je te le donne.
J’ai pensé que Paul peut-être,
aujourd’hui plus grand que les typhas
autour de la Mare aux Canards
entre la rivière et le Détroit
garderait ce livre intact
y reviendrait chaque été

Paul peut-être

(Lorine Niedecker)

Illustration

 

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La mouette (Arthur Haulot)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2018



La mouette

La mouette, la mouette
n’est pas une pomme blette
ce n’est pas un canard blanc
qui aurait pris trop d’élan
C’est une fille volage
qui a le vent dans son corsage.

(Arthur Haulot)

Illustration

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Le baiser du soir (Leopoldo Maria Panero)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2018



Illustration
    
Le baiser du soir

Père, je m’en vais :
je vais jouer dans la mort,
père, je m’en vais.
Dis adieu à ma mère,
éteins la lumière de ma chambre :
père, je m’en vais.

Dis à l’enfant qui rit là-bas,
je ne sais de quoi, peut-être de la vie,
mon nom, rien que mon nom
range bien mes jouets
l’ours avec l’ours, et range le chien
près de l’oiseau, quant au canard
laisse-le seul, le canard :
père, je m’en vais : je vais jouer avec la mort.
Il y avait une flamme, oui dans mes yeux,
d’avoir tant de nuits veillé,
et que personne n’avait su fermer
sinon moi ; pardonne-moi, père, s’il n’y avait
personne, à part moi : je m’en vais,
je m’en vais seul jouer avec la mort.

Père, je suis mort, déjà, et quelle obscurité
tout cela :
pas de lune, pas de soleil, pas de terre ici,
père, je suis mort.
Nous sommes les morts comme des malades
et le cimetière est l’hôpital
on y joue au docteur
drap blanc et bistouri
et des tombes comme autant de lits
pour rƒver : ils sont si blancs ces os
père si blancs : comme rêver.

Les autres disent, les plus morts d’entre nous,
ceux qui passent un temps fou
à se venger ici de Dieu,
que le Diable viendra, le bon Diable,
qu’il viendra le Diable avec plus de fleurs
que personne n’en peut porter.
Père, je suis mort, je ne suis pas seul
père, je suis mort, j’ai des amis
avec qui jouer.

Mère, ces baisers que tu reviens
me donner dans la tombe
me réveillent, me donnent froid
j’ai été vivant, je l’ai su
maintenant
laisse-moi oublier.

Père, je suis mort, et la tombe
est un berceau bien meilleur
père, il n’y a personne, je suis seul
père, si un jour à nouveau
je retourne parmi vous, père si à nouveau je vis
j’ignore de quoi je pourrais rêver.

(Leopoldo Maria Panero)

 

Recueil: Bonne nouvelle du désastre et autres poèmes
Traduction: Victor Martinezet Cédric Démangeot
Editions: Fissile

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QUATRE CANARDS (Pierre Béarn)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2018



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QUATRE CANARDS

Quatre canards fort affairés
s’en allaient à la file indienne
le bec au vent, l’oeil affamé
sur le lac du bois de Vincennes.

Le premier vit un poisson vert
mais l’ayant couvert de son ombre
le second n’aperçut qu’un ver
qu’il négligea dans la pénombre.

Le troisième n’eut qu’un pli d’eau
jugez ce qu’eut le quatrième !
Autant voguer sur un ruisseau
avec la cane que l’on aime.

(Pierre Béarn)

 

 

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